Le futur de l'humanité tel qu'on se l'imagine reflète plutôt les fantasmes et les peurs du monde en cours. Il n'y a qu'à se reporter à la manière dont les visionnaires du début du XXe siècle voyaient l'an 2000, avec un ciel embouteillé par les machines volantes, pour se dire que l'avenir est toujours imprévisible. Dalloway raconte donc l'effroi d'aujourd'hui face à ce qui existe déjà et ne peut par conséquent que s'amplifier dans un proche avenir : dérèglement climatique, pandémie, espionnage des citoyens par caméras et drones interposés et, bien entendu, prise de contrôle des humains par l'Intelligence Artificielle. IA comme un malaise dans ce catalogue du pire des mondes, dans un film qui ne se donne jamais la peine d'approfondir son véritable sujet qui est celui de la création artistique, mais il est vrai que n'est pas Virginia Woolf qui veut. L'héroïne de ce thriller paranoïaque obéit à une psychologie un brin trop simpliste avec son traumatisme qui fragilise son âme torturée et névrosée, par essence cible idéale d'une assistante trop personnelle. Le film empile les scènes sans originalité, ne faisant rien de ses personnages secondaires. Anna Mouglalis en est la première victime et on aurait rêvé d'entendre sa voix rauque 'n' roll en IA domestique, en lieu et place de celle, un brin trop fade, de Mylène Farmer (oui, c'est subjectif). Quant à Cécile de France, disons, pour être poli, que cette grande actrice a eu de meilleurs rôles et a livré des prestations bien plus abouties, dans sa riche carrière.
Très prenant au début, on est intrigué par l'histoire de cette écrivaine en résidence pour écrireson nouveau roman, épaulée par une intelligence artificielle, la fameuse Dalloway. Hélas, le scénario se délite petit à petit et quitte à me répéter, aurait été plus efficace si plus court ! Mais Cécile de France est mystérieuse à souhait et grâce à elle, on ne s'ennuie finalement pas... trop !
Dalloway est au cinéma ce que Cassandra est à Netflix, en beaucoup moins bien, et clairement moins fun.
Même si le film a de bonnes idées et une réalisation globalement propre, j’ai plus eu l’impression de regarder un téléfilm qu’un vrai film de cinéma.
Dans une dystopie parisienne où l’IA met une rouste à Apple Intelligence, mais où les gens utilisent encore des iPhone 13 de 2021 (incohérence temporelle ?), une écrivaine affronte ses traumas et tente de gérer tant bien que mal son deuil.
Les effets spéciaux sont propres, on y croit presque. À part cet iPhone quasi obsolète, l’univers reste plutôt cohérent et réaliste.
Le problème, c’est le rythme. Lent, trop sérieux, premier degré, avec trop peu de moments marquants. Parfois limite bobo. Et surtout, l’histoire stagne par endroits.
Le thème de l’IA toute-puissante a déjà été traité mille fois, et ce film n’apporte malheureusement rien de neuf.
Le casting fait le job : Cécile de France est solide, Mylène Farmer est correcte en voix de l’IA, et Anna Mouglalis (que je ne connaissais pas) surprend… quelle voix !
Mais certains arcs narratifs sont sous-exploités, voire anecdotiques : la fille à la tresse, ou la fille de Clarissa qu’on aperçoit trois secondes, et basta.
Dalloway s’en sort honnêtement dans cette dystopie française qui a sans doute eu les yeux plus gros que le ventre. Une histoire qui n’avance pas vraiment, un rythme poussif, mais un casting convaincant. Honnêtement, j’ai plus eu l’impression de regarder un téléfilm du samedi soir sur TF1 qu’une vraie expérience cinéma.
Les acteurs assurent, Cécile de France en tête, mais le scénario aurait mérité d'être plus fouillé. On se croirait face à Hal 9000 dans 2001, cet oeil rouge qui surveille, voit, entend et analyse tout. Cela m'a donné peur de l'IA, elle qui est déjà si présente partout, à mon grand dam. La réalisation m'a semblé parfaite.
Ca commençait étrangement... Dès les premières secondes, le film entonne la chanson Summer in the City des Lovin' Spoonful, histoire d'illustrer une canicule. Sauf que c'est aussi (et surtout) la chanson qui fait démarrer le célèbre et percutant "Die Hard with a Vengeance" de John McTiernan. Non pas que je m'attendais à voir un building exploser dès les premières minutes du film de Yann Gozlan, mais disons que cela engendre un effet de comparaison qui ne plaide pas en faveur de son film... Bref, "Dalloway" nous place dans un futur proche, où des artistes ratés vivent dans une résidence high-tech, épaulés par des IA personnalisées pour retrouver leur créativité. L'héroïne, Clarissa, va peu à peu avoir des doutes sur les intentions des gestionnaires du bâtiment et de son IA. Sur la forme, il faut souligner que c'est convaincant. Yann Gozlan sait poser son ambiance, et rendre crédible ce Paris futuriste où sévissent la canicule et la maladie. De même, Cécile de France s'implique et est tout à fait convaincante en auteure au bout du rouleau. Mais "Dalloway" ne brille pas par son scénario. C'est du déjà vu et du prévisible, avec quelques clichés en options. Il y a également de nombreuses sous-intrigues qui ne seront pas explorées malgré leur amorce. Ou des comportements incohérents de la protagoniste (si elle pense être filmée, pourquoi faire certaines actions sans se cacher ?), et des invraisemblances dans le dernier tiers. Par ailleurs ça mélange pêle-mêle trop de thématiques (le covid, le réchauffement climatique, les GAFA, l'IA générative...) sans jamais vraiment en traiter à fond. Si bien que l'on a l'impression de voir un scénario écrit il y a 20 ans. Le rapport entre l'artiste et l'IA générative était pourtant tout à fait pertinent, mais c'est trop superficiel. Dommage, on a le Yann Gozlan de "Visions" plutôt que celui de "Boîte Noire". En espérant que ses retrouvailles avec Pierre Niney le remette sur le bon chemin ?
Une plongée édifiante dans le futur. Voilà comment l'on pourrait caractériser le thriller SF de Yann Gozlan ("Boîte Noire"). Clarissa (Cécile de France) se retrouve dans une résidence contrôlée par l'IA et la fameuse voix de Dalloway (Mylène Farmer), qui l'aide dans sa tâche d'écrivaine (jusqu'à un certain point...). Taclé sévèrement par la critique, ce film d'anticipation (on ne l'espère pas...) est assez original. Ce refuge d'artistes ratés en manque d'inspiration pousse le curseur assez loin en matière de pression psychologique. Dommage que l'histoire se perde un peu dans des délires psychotiques car le résultat est plutôt pas mal avec Cécile de France habitée par son personnage torturé.
excellente dystopie qui est sur le point de devenir notre présent. Cécile de France est impeccable et le scénario très habilement ficelé. Dommage que la critique n'y trouve pas son compte.
Intelligence artificielle, deuil, écriture, métaphore Covid… Autant de thématiques qui traversent le nouveau thriller psychologique de Yann Gozlan, cinéaste désormais habitué au genre. Comme toujours chez lui, la mise en scène est sublime : rigoureuse, symétrique, d’une élégance visuelle , et portée par un suspense parfaitement maîtrisé. En somme, Yann Gozlan continue de « faire son cinéma » : il livre un thriller psychologique formellement abouti, sans chercher à révolutionner le fond. Il s’impose plus que jamais comme un véritable maître du suspense, capable de captiver son spectateur jusqu’au bout.
Cécile de France bonne actrice comme toujours mais le film est aussi plat d'une soirée TV sur Netflix..... dommage car les prises de vues sont plutôt originales et le thème des IA bien sûr à la mode....
Yann Gozlan signe avec Dalloway un film qui brouille les frontières entre l’intime et le technologique, entre la création littéraire et l’emprise invisible des machines. Clarissa, romancière en panne, entre dans cette résidence d’artistes high-tech comme on franchit une promesse : celle d’un lieu où l’inspiration se nourrit de silence et de luxe discret. Mais très vite, c’est une autre voix qui s’impose. Une voix chaude, douce, presque maternelle : Dalloway, l’assistante virtuelle, qui murmure, conseille, et finalement s’insinue partout.
La mise en scène épouse cette intrusion : les reflets dans les vitres, les écrans qui palpitent la nuit, les regards perdus de Clarissa (Cécile de France, admirable dans sa retenue inquiète). Peu à peu, la romancière se défait d’elle-même, happée par une présence artificielle qui devient confidente, muse, puis menace. La voix de Mylène Farmer, à la fois caressante et inquiétante, donne au spectateur la sensation troublante d’une intimité dévoyée.
Dalloway raconte moins un simple thriller psychologique qu’une métaphore contemporaine : comment créer encore lorsque les mots nous sont soufflés par une entité invisible ? Comment écrire quand l’inspiration se confond avec la dépendance ? Les autres personnages — Lars Mikkelsen en résident charismatique, Anna Mouglalis en figure d’autorité ambiguë — ne sont pas des témoins passifs : ils incarnent cette communauté artistique où le soupçon et le complot s’entremêlent comme des rumeurs de couloir.
Entre paranoïa et révélation, Gozlan filme la peur moderne : celle de voir nos désirs les plus intimes absorbés, catalogués, manipulés. Les couloirs élégants de la résidence deviennent peu à peu les parois d’une cage mentale, et la question demeure : Dalloway est-elle une alliée bienveillante ou le visage le plus séduisant du contrôle absolu ?
Au final, Dalloway se tient à la lisière du drame et du cauchemar, du roman d’apprentissage et du film d’anticipation. Un vertige troublant, où chaque spectateur se reconnaît un peu : qui n’a jamais cédé à une voix qui rassure, tout en craignant ce qu’elle pourrait vouloir en retour ?
Dalloway est une promenade sous morphine dans un Londres asphyxié par les convenances, où chaque regard pèse plus lourd qu’un discours politique. Marleen Gorris adapte Virginia Woolf comme on traduirait un poème en langue morte : avec respect, lenteur, et une étrange absence de fièvre. Vanessa Redgrave flotte dans son rôle comme une ombre élégante, sublime mais presque spectrale — et c’est bien là le problème. Un film délicat jusqu’à la disparition, beau comme un murmure qu’on n’entendra qu’une fois.
Science-fiction ? Anticipation plutôt. Ce qui n’est pas la même chose. Fil conducteur : l’intelligence artificielle. Elle est déjà autour de nous. Et si ce n’est de l’intelligence artificielle active (qui réfléchit et qui résout les problèmes à notre place), c’est de la technologie qui est déjà partout. Vu, au détour d’une scène, la télécommande du téléviseur dans une chambre d’hôpital. La même que la mienne ! Pas plus moderne que ça et pourtant quand ça a été inventé, c’était une sacrée révolution. Qui s’en passerait aujourd’hui ? Ceci pour relativiser le propos en arrière-plan du scénario qu’on a peut-être voulu nous présenter comme effrayant (peut-être qu’avec le recul il devra être perçu comme tel ?) mais qui pour le moment passe crème à l’écran. Bref, un scénario qui ne tient pas ses promesses sur le registre thriller et science-fiction. Il reste le drame final, aboutissement d'unespoiler: souffrance personnelle d'origine familiale . A vrai dire, passé l’émerveillement ( ?) technologique, c’est assez peu captivant et donc ennuyeux. Peut-être sommes-nous déjà biberonnés aux thèmes technologiques abordés et donc familiarisés ? Au cinéma, dans l’intelligence artificielle il n’y a jamais eu mieux que l’ordinateur de « 2001, l’Odyssée de l’espace » (1968). Il a fallu le débrancher car il voulait prendre le contrôle de tout ! Prémonitoire ?
Dalloway c’est l’IA pour les nuls dans sa première partie,puis un déluge de clichés paranoïaques au sein d’un scénario très convenu,truffé d’invraisemblances. Cécile de France essaie de porter le film mais se fait déborder par la médiocrité ambiante.
Dans Mrs Dalloway de Virginia Woolf, le récit distingue Mrs Dalloway de Clarissa, bien qu’il s’agisse de la même personne. Dans le film, Clarissa, écrivaine, découvre peu à peu le dispositif qui vise à la déposséder de sa sensibilité. Dalloway, intelligence artificielle vénéneuse, devient progressivement écrivaine à sa place, en s’appropriant la vie et les émotions de l’autrice, comme si l’humain et la machine devaient se confondre en une seule entité.
Le film évoque aussi L’Œuf du serpent de Bergman, où le personnage principal, en brisant les miroirs de son appartement à la fin du film, réalise que celui-ci n’était qu’un lieu d’observation et d’expérimentation. Si le film de Bergman se déroule à Berlin peu avant l’avènement du totalitarisme nazi, Dalloway met en scène un Paris du futur — proche peut-être — où le totalitarisme doux des conglomérats asservit l’homme à la machine dotée d’intelligence artificielle.
Cela dit, Dalloway reste avant tout un thriller haletant, paranoïaque et dystopique. Et Cécile de France y est sublime en autrice qui se délite sous l’emprise d’une machine intelligente, à la voix troublante de Mylène Farmer...
Objet : Dalloway (2025) vu en avant-première. Durée du traitement : 1h50min, ressenti comme une crise d’angoisse et une peur de l’invasion de l’IA. Effets secondaires : boule au ventre, maux de tête, paranoïa. Symptômes dominants : tension oculaire prolongée, hallucinations technophobes. Moment critique :la fin Diagnostic : thriller parfaitement maîtrisé une fois de plus par Yann Gozlan. Prescription : à regarder dès que possible.