495 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
89 critiques spectateurs
5
28 critiques
4
42 critiques
3
17 critiques
2
2 critiques
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Rochdi G.
10 abonnés
4 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 4 mai 2025
Les Enfants rouges est un film bouleversant, d’une intensité rare. Il aborde avec une grande justesse des événements tragiques et profondément marquants de l’histoire récente tunisienne. Au-delà du contexte local, le message du film porte une dimension universelle, qui résonne bien au-delà des frontières.
La performance des acteurs, pour la plupart amateurs, est tout simplement impressionnante. Ils incarnent leurs rôles avec une sincérité et une émotion qui touchent en plein cœur. La photographie, quant à elle, est superbe : chaque plan est soigneusement composé, renforçant la puissance du récit.
On se laisse happer dès les premières minutes, emporté par la tension, l’émotion brute et la force du propos. Réaliste, percutant, profondément humain, ce film est une réussite à tous les niveaux. Un grand coup de chapeau à l'équipe qui l'a porté à l’écran.
J'ai vu ce film en avant-première avec la présence du réalisateur, c'est une surprise pour moi qui ne suis pas habitué à ce genre de film qui mêle la douceur et la tragédie, avec de bons jeunes acteurs et actrices. Attention à certaines scènes qui sont assez dure mais qui ne sont jamais gratuites. Vu en VOST FR.
Bien qu’il s’agisse de L’histoire d’un meurtre terrible,, ce récit est traité avec délicatesse.,On est plongé au cœur d’une famille vivant de façon précaire mais riche d’une noblesse d’âme. Les enfants rouges me laisse des images superbes de désert, dans l’aridité, dans l’orage. Les sourires et les larmes des enfants, la révolte et un certain sens du sacré des adultes . Un film magnifiques
"Les Enfants Rouges" m’a rappelé que la violence, au fond, n’a ni visage, ni couleur, ni patrie.
J’ai trouvé assez miraculeuse la capacité du cinéaste à dire tant, surtout dans ces moments qui se passent parfois complètement de mots.
Il y a aussi, derrière un sourire plein de tendresse ou dans les regards déchirés de ces enfants magnifiques, connexion totale avec la beauté aride, mais bien réelle, de ces décors rudes.
Je tiens enfin à saluer la bravoure d’avoir osé ces moments d’abstraction, pleins de poésie et de richesse intérieure dans un ''genre'' de films qui habituellement s'en serait probablement passé.
Plaisir en prime que celui d'avoir pu évoquer cet avis, à chaud, au réalisateur lors de cette avant-première UGC qui a fait salle comble .
Ce film que j'ai vu lors de l'avant première à l'institut du monde arabe le 22 avril 2025 m’a profondément bouleversé. Inspiré d’un fait divers tragique: l’assassinat de Mabrouk Soltani, décapité par des terroristes le 13 novembre 2015. Le réalisateur choisit de ne pas nommer directement les protagonistes, mais chacun reconnaît la réalité derrière la fiction. En France, on pleurait les morts du Bataclan, la Tunisie, sidérée, découvrait l’horreur survenue dans la région de Sidi Bouzid dans une indifférence presque totale des pouvoirs publics.
À l’époque, avec des amis, nous avions sous-titré en français le témoignage bouleversant de Nessim, le cousin du jeune garçon. Ses mots résonnaient comme un cri venu du fond d’une misère oubliée, une gifle à notre conscience et ont mis au grand jour deux Tunisie. Le film ravive ce choc avec une intensité troublante.
Le réalisateur Lotfi Achour couvre ces événements avec une justesse remarquable, une pudeur poignante. Les plans sont sublimes, porteurs d’émotion et de sens. Le rythme impose le silence, la réflexion, l'introspection. Les acteurs, d'une justesse de jeu saisissante, portent le récit avec dignité et force.
C’est un film dont on ne sort pas indemne. Il nous confronte à ce que l’on préfère souvent oublier. Un film essentiel. À voir absolument.
Un film bouleversant et nécessaire . Un film qui très juste , sans misérabilisme mais qui rend compte compte d’une réalité douloureuse pour les invisibilises et les abandonnés de la vie. Un film émouvant , rageant et poétique à la fois. Un devoir de mémoire réalisé avec succès . À voir absolument.
Il y a des films qui ne se regardent pas, ils se traversent. Les Enfants rouges est de ceux-là. C’est l’histoire d’une blessure collective, filmée sans détour, avec une tendresse infinie. Lotfi Achour y dépose la douleur avec une grâce grave, et fait parler les silences qu’on croyait perdus. Les jeunes acteurs bouleversent par leur justesse, leur vérité nue. Un film nécessaire, qui ne crie pas, mais qui reste — longtemps.
film visionné en préparation du festival VISIONS D'AFRIQUE 2025
Le drame a plusieurs niveaux • politique, entre menace des terroristes et incapacité/abandon de l’État • familial, • amitiés très poétique des enfants, un peu romantique...
Des images superbes, avec des cadrages bien sentis...
NB. À noter que le "maquis" djihadiste concerné par le film semble avoir été éradiqué in fine l'armée algérienne,
Vu au festival Cinemed de Montpellier le 22 octobre 2024, ce film est tiré d’un acte de barbarie commis en Tunisie par des djihadistes, deux mois après la tuerie du Bataclan. C’est un donc un drame, dans un décor de montagnes arides …et minées par l’armée. Trois ou quatre maisons posées sur la roche, quelques arbres trop haut pour être broutés par les quelques petits troupeaux de chèvre. On sort de ce film ébloui par ces paysages du Sud tunisien et par ces femmes et hommes debouts malgré la barbarie, mais aussi écrasé par l’absence d’espoir pour ces villageois abandonnés par l’Etat dans leur deuil et leur misère. Une seule lueur dans ce drame : la poésie et la paix qui se dégage du jeu très précis et spontané du jeune survivant et de son amie. Un grand film qui va se revoir longtemps…
Un film magnifique que nous avons pu découvrir dans le cadre du festival international du cinéma à Saint-Jean-de-Luz la semaine dernière. Un sujet des plus graves des images extraordinaires une humilité un respect e
Basé sur des faits réels, survenus dans les montagnes du sud tunisien, Les enfants rouges est réalisé par Lotfi Achour qui jusqu'alors a surtout œuvré dans le monde du théâtre. Son film a d'ailleurs des allures de tragédie, dans ses premières minutes, mais son traitement l'emmène sur d'autres territoires, le plus souvent à hauteur d'enfant, vers le réalisme magique, quoique le terme ne recoupe qu'en partie la tonalité surnaturelle du film. Les paysages, eux, sont somptueux, idéaux pour un western, mais leur aspect idyllique est trompeur, puisque, dans la montagne, les mines sont nombreuses et les terroristes rôdent. Face à eux, les villageois sont démunis, isolés et ignorés des autorités. C'est ce que raconte en filigrane Les enfants rouges, dans lequel coule le sang de jeunes bergers, qui n'ont demandé rien d'autre qu'à vivre dans la dignité et à espérer en des lendemains pleins d'espérance, dans leur village ou ailleurs. L'on peut se sentir frustré devant un film qui n'affiche pas plus ardemment son caractère politique mais le choix de l'onirisme, de plus en plus présent dans le cinéma tunisien actuel, peut se défendre, à partir du moment où le message sur l'enfance assassinée passe sans l'ombre d'un doute.
Dans une région montagneuse, isolée et pauvre du Nord-Ouest tunisien, Achraf et son cousin Nizar, deux bergers adolescents, rejoignent une zone escarpée et "interdite", où coule un peu d'eau, afin d'abreuver leur troupeau et de s'amuser. Ils sont surpris et violentés par des terroristes jihadistes. Nizar est décapité. Et Achraf reçoit l'ordre de ramener la tête du défunt à sa famille... Un sujet fort, abordé avec une belle sensibilité qui épouse le point de vue du rescapé traumatisé, entre réalisme cru (la vision de la tête décapitée) et embardées imaginaires (les “apparitions” du défunt). Le montage comble progressivement et intelligemment quelques trous du récit inaugural de l’attaque jihadiste, tandis que le scénario déploie avec cohérence les thèmes de la barbarie, du deuil et de l’honneur. Le film porte aussi un regard politique sur une population coincée entre une menace terroriste et un État qui l’abandonne plus ou moins à son sort, et dont le seul espoir d’une vie meilleure passe par l’éducation et un départ. Malgré quelques imperfections ici et là, ces Enfants rouges touchent au cœur. (Film vu au festival de Locarno)