Les Enfants rouges
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89 critiques spectateurs

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QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mai 2025
Dans une région montagneuse, isolée et pauvre du Nord-Ouest tunisien, Achraf et son cousin Nizar, deux bergers adolescents, rejoignent une zone escarpée et "interdite", où coule un peu d'eau, afin d'abreuver leur troupeau et de s'amuser. Ils sont surpris et violentés par des terroristes jihadistes. Nizar est décapité. Et Achraf reçoit l'ordre de ramener la tête du défunt à sa famille...
Un sujet fort, abordé avec une belle sensibilité qui épouse le point de vue du rescapé traumatisé, entre réalisme cru (la vision de la tête décapitée) et embardées imaginaires (les “apparitions” du défunt). Le montage comble progressivement et intelligemment quelques trous du récit inaugural de l’attaque jihadiste, tandis que le scénario déploie avec cohérence les thèmes de la barbarie, du deuil et de l’honneur. Le film porte aussi un regard politique sur une population coincée entre une menace terroriste et un État qui l’abandonne plus ou moins à son sort, et dont le seul espoir d’une vie meilleure passe par l’éducation et un départ. Malgré quelques imperfections ici et là, ces Enfants rouges touchent au cœur.
(Film vu au festival de Locarno)
Gonzague Steenkiste
Gonzague Steenkiste

30 abonnés 47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 mai 2025
Existe-t-il un vrai cinéma? Il existe en tout cas de nombreuses façons de faire un film, et Lotfi Achour, c'est sûr, n'est pas parmi les plus insignifiants des réalisateurs. Il filme ici un fait divers passé inaperçu en France, puisqu'ayant eu lieu en novembre 2015 quelques jours après l'attentat du Bataclan mais ayant eu un grand retentissement en Tunisie, où se déroula l'action. Il s'agit d'un jeune berger de quatorze ans parti garder des brebis avec son cousin, et qui assista au meurtre de celui-ci, probablement par des djihadistes. Nous sommes trois ans après la révolution du jasmin, pendant une période chaotique où les pouvoirs se succèdent sans parvenir à s'imposer.
Après la scène violente de décollation, la totalité du film est splendide, tournée avec une douceur infinie. Tel un saint céphalophore, Achraf (Ali Helali) apporte la tête à sa famille, pauvres paysans de la région du djebel de Mghila, région marginalisée par le gouvernement car extrêmement désertique. On découvre alors sa famille et l'incurie des services publics pour intervenir.
Pendant toute la durée du film, j'ai pensé à Pier Paolo Pasolini, même si Lofti Achour réclame plutôt l'influence de "Babel" de Alejandro Gonzalez Inarritu. On retrouve ici les mêmes plans fixes sur les visages, la même direction d'acteurs et la même empathie pour des comédiens non professionnels venant de milieux proches de ceux décrits dans le film.
La dimension mystique est magnifiée par une nature filmée en plans séquences comme une série de tableaux tous plus exceptionnels les uns que les autres. Quelle découverte que ce cinéma de Lotfi Achour, un cinéma à la fois pétri d'humanisme et touchant aux mythes !
Noël C
Noël C

18 abonnés 103 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 octobre 2024
Vu au festival Cinemed de Montpellier le 22 octobre 2024, ce film est tiré d’un acte de barbarie commis en Tunisie par des djihadistes, deux mois après la tuerie du Bataclan. C’est un donc un drame, dans un décor de montagnes arides …et minées par l’armée. Trois ou quatre maisons posées sur la roche, quelques arbres trop haut pour être broutés par les quelques petits troupeaux de chèvre.
On sort de ce film ébloui par ces paysages du Sud tunisien et par ces femmes et hommes debouts malgré la barbarie, mais aussi écrasé par l’absence d’espoir pour ces villageois abandonnés par l’Etat dans leur deuil et leur misère. Une seule lueur dans ce drame : la poésie et la paix qui se dégage du jeu très précis et spontané du jeune survivant et de son amie. Un grand film qui va se revoir longtemps…
Shawn Atreides
Shawn Atreides

35 abonnés 52 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 avril 2025
"Les Enfants Rouges" m’a rappelé que la violence, au fond, n’a ni visage, ni couleur, ni patrie.

J’ai trouvé assez miraculeuse la capacité du cinéaste à dire tant, surtout dans ces moments qui se passent parfois complètement de mots.

Il y a aussi, derrière un sourire plein de tendresse ou dans les regards déchirés de ces enfants magnifiques, connexion totale avec la beauté aride, mais bien réelle, de ces décors rudes.

Je tiens enfin à saluer la bravoure d’avoir osé ces moments d’abstraction, pleins de poésie et de richesse intérieure dans un ''genre'' de films qui habituellement s'en serait probablement passé.

Plaisir en prime que celui d'avoir pu évoquer cet avis, à chaud, au réalisateur lors de cette avant-première UGC qui a fait salle comble .
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mai 2025
Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes :
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Deux cousins, Achraf (14 ans) et Nizar (16 ans), mènent leurs chèvres sur les pentes du Djebel Mghila. Le ciel est bleu, l’herbe rare. Et soudain – l’horreur. Des djihadistes. Nizar est tué. Achraf est sommé de rapporter sa tête au village. Oui, sa tête. C’est réel. C’est arrivé en 2015.

Lotfi Achour, cinéaste et homme de théâtre, adapte ce fait divers dans un film qui refuse l’indignation facile. Pas de pathos. Pas de grandes phrases. Juste la violence nue et l’impossible retour à l’innocence. Et ça dérange.

On craignait un film-choc ou moralisateur ? Il n’en est rien. Comme Sissako dans Timbuktu, Achour filme les silences, les gestes, les pierres. Il nous parle d’enfance volée, de communauté, de mémoire. Et de fantômes.

L’intrigue tient en peu de mots. Mais ce n’est pas un drame classique. Car Nizar ne disparaît pas. Il suit Achraf, comme une conscience ou une hallucination. Ce deuil devient voyage. Et ce voyage, une initiation.

Ce parti pris onirique, parfois déroutant, évite le piège du naturalisme. On n’est ni dans le documentaire, ni dans la fable. On est entre les deux, dans ce flou où la douleur devient poésie.

Visuellement, c’est somptueux. Le chef opérateur Wojciech Staroń transforme les collines arides en cathédrales de lumière. Chaque plan raconte. Et la lumière elle-même devient une voix. Un coup d’éclat. Ou un aveu.

L’éclairage ? Éblouissant le jour, presque spectral la nuit. Il marque la fracture. L’avant. L’après. L’innocence puis le gouffre. Et ce silence qui avale tout.

Ali Hleli, dans le rôle d’Achraf, est d’une justesse bouleversante. Il ne joue pas la peur. Il l’habite. Yassine Samouni (Nizar) insuffle douceur et présence. Leur complicité dans les premières minutes suffit à rendre la perte insupportable.

Les personnages secondaires – la mère (Wided Dabebi), l’imam, les villageois – esquissent une communauté pétrifiée. Qui hurle sans bruit. Qui juge sans savoir. Qui survit. Ou pas.


La musique de Jawhar Basti est fine, minimale. Elle soutient sans envahir. Les sons naturels – vent, sabots, cloches – prennent le relais. Et l’émotion passe. Sans forcer.

Ce film ne sermonne pas. Il montre. Il laisse flotter une question : que reste-t-il à un enfant qui n’a même plus le droit de pleurer ?

8 sur 10. À voir, mais pas le ventre vide.
Corinne M.
Corinne M.

15 abonnés 35 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2025
Vu en avant première au majestic bastille avec le réalisateur et la production. Beau film poignant qui rend hommage à des familles isolées loin des villes tunisiennes, dans les montagnes, abandonnées par l état et où à eu lieu une tragédie il y a une dizaine d années...
Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 433 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mai 2025
Dans cette région, un enfant rouge est une expression pour dire qu’il est courageux. Il sait faire face à l’adversité. Ce n’est donc pas seulement le sang, c’est aussi la capacité de résistance. Tout un programme en somme. Sur quoi s’appuie cette résilience ? Le film répond par son esthétique. L’image en scope du directeur de la photographie polonais Wojciech Staron capte la beauté des paysages et des êtres, qui sont cadrés en dignité. La caméra se fait proche des visages et des corps. C’est leur humanité qui est mise en avant. Ils ont la beauté de leur détermination autant que de leurs faiblesses. La mise en espace accentue cette sensation, si bien que tout ne passe pas par la parole. Et quand elle est nécessaire, elle est en dialecte local. (...) Cette proximité fait partie de la réussite du film. Sinon, sa dimension onirique et solaire pourrait sonner faux. Elle participe au contraire de la tragédie que nous pouvons dès lors ressentir au plus profond. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures /
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 mars 2025
film visionné en préparation du festival VISIONS D'AFRIQUE 2025

Le drame a plusieurs niveaux
• politique, entre menace des terroristes et incapacité/abandon de l’État
• familial,
• amitiés très poétique des enfants, un peu romantique...

Des images superbes, avec des cadrages bien sentis...

NB. À noter que le "maquis" djihadiste concerné par le film semble avoir été éradiqué in fine l'armée algérienne,
Flower 0478
Flower 0478

106 abonnés 440 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 mai 2025
Ce film basé sur une histoire vraie ma beaucoup touché et ému le faite de voir des famille de bergers en Tunisie dans des conditions modestes et font tout pour vivre avec dignité, leurs enfants partent dans la montagne avec leurs chèvres pour profiter du paysage et du peu d'eau qui vont trouver ces enfants qui ont rien demandés vont vivre l'horreur une scène ma particulièrement très choqué quand l'enfant ce fait décapité en direct et quelques jours plus tard il film ça comme un trophée personnellement je suis sensible je n'ai pas pu regarder cette scène qui m'a très attristé j'ai trouvé cette acte très inhumain, barbare ça ne devait pas exister pour moi c'est gens ne sont pas humains je conseille ce film qui mérite d'être vu pour voir à quel point les hommes peuvent commettent des crimes qui ne doivent pas exister attention aux âmes sensibles car la scène est insoutenable.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mai 2025
Lorsque les 2 cousins Nizar, 16 ans, et Achraf, 14 ans, emmènent leur petit troupeau de chèvres sur les pentes du Djebel Mghila, au centre-ouest de la Tunisie, ils sont conscients des risques qu'ils prennent : s'introduire sur ces pentes est interdit car le sol est truffé de mines et il est fort possible d'y rencontrer des terroristes. Par contre, les chèvres pourront y trouver de l'eau et de la nourriture. Alors qu'ils se reposent tranquillement au soleil, les 2 cousins sont brutalement assaillis, Nizar est tué et décapité, Achraf est laissé vivant, à charge pour lui de rapporter la tête de Nazar à sa mère. Celle ci ne supportant pas que seule la tête de son fils soit enterrée et les autorités tardant à réagir afin de ramener le corps à la famille, une petite expédition est organisée afin que Achraf conduise Mounir, le frère de Nizar, et quelques adultes vers le lieu où le crime a été commis. Le drame que raconte le film s'est réellement déroulé, le 15 novembre 2015, c'est à dire 2 jours après les attentats du Bataclan. Le réalisateur tunisien Lotfi Achour, presque débutant en matière de cinéma, mais très expérimenté et très réputé pour son travail sur les scènes de théâtre, en a tiré un film magnifique, très bien construit avec quelques flashbacks et des scènes de rêve éveillé où Achraf voit apparaitre son cousin toujours vivant. Raconté du point de vue de Achraf, le film permet de ressentir la barbarie terroriste, le peu de cas qui est fait des populations rurales, l'obscénité des dérives médiatiques et la faillite politique du pays. Le film est d'autant plus réussi que le travail à la photo du polonais Wojciech Staron est une réussite totale. Par ailleurs, Lotfi Achour prouve qu'il est un extraordinaire directeur de comédiens, ce qu'il obtient des jeunes interprètes de Nizar, de Achraf et de Rahma, la jeune fille dont Nizar était secrètement amoureux, étant absolument exceptionnel. A noter que le mot "rouge" qu'on trouve dans le titre n'a rien à voir avec le sang : dans la région où s'est déroulé le drame, être « rouge », c’est être vaillant, résilient, courageux.
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mai 2025
Décidément de belles sorties cette semaine, à commencer par ce film à la fois sobre et sensible, qui n’est pas sans rappeler les films de la famille Makhmalbaf ( Iran années 2000), L’histoire d’un assassinat dans les montagnes d’Algérie ( les paysages sont superbes), avec un jeu d’acteur bouleversant, et un scénario simple et poétique à base de répétitions des faits ( j’aime le principe)
pour créer des émotions…….Disons le, c’est un beau film, à l’ancienne, sans théorie aucune et qui dénonce une certaine barbarie d’une époque dans un pays donné ( l’Algérie), une violence infligée aux populations civiles ;..à ne pas rater
Ufuk K

617 abonnés 1 721 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mai 2025
"Les Enfants rouges" bien noté par la critique, est un drame tunisien pertinent. Le réalisateur tunisien Lotfi Achour s'est basé sur une histoire vraie, celle de l'assassinat d'un jeune homme par des terroristes djihadistes en Tunisie, afin de créer un puissant plaidoyer contre le fanatisme religieux et le terrorisme, avec des scènes glaçantes, mettant en avant le jeune acteur Ali Helali dans le rôle principal d'Ashraf.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 mai 2025
Une escapade dans les montagnes du Sud de la Tunisie entre un jeune berger et son cousin tourne au drame et plonge une famille dans l’horreur. Tiré d’un fait divers ce drame poignant nous montre de braves villageois loin de tout victimes d’un islamisme rampant. Mais Lotfi Achour malgré une histoire aussi glauque arrive à nous montrer la Beauté là où elle pousse encore, au milieu des rochers, comme une petite fleur fragile. Et surtout comme un signe d’espoir.
Arnaud d
Arnaud d

37 abonnés 12 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mai 2025
Des images superbes et contemplatives au service d’une histoire terrifiante et touchante. Avec de surcroît, des acteurs non professionnels qui nous font avoir un gros doute sur la légitimité des cours Florent ;)
Skander Guetari Project
Skander Guetari Project

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5,0
Publiée le 24 avril 2025
Ce film que j'ai vu lors de l'avant première à l'institut du monde arabe le 22 avril 2025 m’a profondément bouleversé. Inspiré d’un fait divers tragique: l’assassinat de Mabrouk Soltani, décapité par des terroristes le 13 novembre 2015. Le réalisateur choisit de ne pas nommer directement les protagonistes, mais chacun reconnaît la réalité derrière la fiction. En France, on pleurait les morts du Bataclan, la Tunisie, sidérée, découvrait l’horreur survenue dans la région de Sidi Bouzid dans une indifférence presque totale des pouvoirs publics.

À l’époque, avec des amis, nous avions sous-titré en français le témoignage bouleversant de Nessim, le cousin du jeune garçon. Ses mots résonnaient comme un cri venu du fond d’une misère oubliée, une gifle à notre conscience et ont mis au grand jour deux Tunisie. Le film ravive ce choc avec une intensité troublante.

Le réalisateur Lotfi Achour couvre ces événements avec une justesse remarquable, une pudeur poignante. Les plans sont sublimes, porteurs d’émotion et de sens. Le rythme impose le silence, la réflexion, l'introspection. Les acteurs, d'une justesse de jeu saisissante, portent le récit avec dignité et force.

C’est un film dont on ne sort pas indemne. Il nous confronte à ce que l’on préfère souvent oublier. Un film essentiel. À voir absolument.
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