Dossier 137
Note moyenne
4,1
6217 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

630 critiques spectateurs

5
86 critiques
4
351 critiques
3
125 critiques
2
39 critiques
1
13 critiques
0
16 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 novembre 2025
Me retrouver sur @cinémasansfard (YouTube) !

Un souffle d’hiver glisse le long des couloirs de l’IGPN. On pourrait croire à un décor administratif, neutre — mais non. La lumière flotte, un peu jaune, un peu triste, comme si elle hésitait à éclairer vraiment. Stéphanie, droite mais traversée d’un doute ancien, entre dans l’affaire comme on entre dans une pièce où quelqu’un a pleuré. Le dossier 137 n’a aucune odeur, et c’est presque pire. Le vide autour de lui raconte ce que les mots n’osent pas dire. Moll cadre au plus près : une main qui tremble légèrement, un souffle trop court, la peau qui se contracte quand un témoin parle à côté. Sur les images de la manifestation, on sent le froid, la tension électrique des corps serrés, le bruit sec d’un LBD qui part comme une sentence. Pas de spectaculaire, pas de pathos. Juste une brèche. Une seconde où tout bascule. Ce qui frappe, ce n’est pas la violence — c’est le retour au calme. Le calme lourd, poisseux, celui qui suit les blessures sans les refermer. Stéphanie marche dans ce calme-là, traçant une ligne fragile entre devoir et vérité. Oui, certains reprocheront au film son rythme lent — pourtant ce lent-là, c’est la respiration même d’une conscience qui cherche où poser ses pieds. Le vrai mouvement n’est pas dans l’enquête, mais dans l’intérieur qui se fissure. Une scène reste, comme un écho : Stéphanie ouvre une fenêtre, l’air froid entre, les papiers frémissent. Et soudain, on sent qu’elle aussi vacille, même si elle ne bouge pas. Ma note : 12 / 20

Me retrouver sur @cinémasansfard (YouTube) !
TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

6 abonnés 138 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 juin 2025
Reprise Cannes - UGC Halles - 25 mai 2025

Ça m’a complètement laissé de marbre, je ne comprends pas l’objectif du film. Je ne comprends surtout pas sur quel échiquier joue le film (anti ou pro flic ???) peut être que le film se veut neutre, je crois qu’à un moment il faut savoir se positionner surtout sur des thématiques comme celles-ci.

Hormis Léa Drucker qui s’en sort bien car c’est une actrice géniale, le niveau du reste de la distribution bon c’est très très inégal pardonnez-moi, ajoutez à cela des répliques à la limite du ridicule (le ”putain il déconne” de l’enquêtrice quand le flic donne un coup de pied à un manifestant, je vous avoue que le fou rire était bien présent).

L’autre problème du film c’est ce dosage entre sérieux et humour qui est fait assez maladroitement, c’est un sujet sérieux quand même de base. Et entendre la salle rire assez souvent m’a assez gêné car le sujet ne s’y prête.

Un documentaire aurait été préférable car même si on compare avec la Nuit du 12 bah c’est un peu la même chose au final. En plus, j’ai l’impression qu’on t’explique tout, on te prend la main du début jusqu’à la fin.

Finalement, en y pensant, en regroupant tout ça, c'est un film qui sonne faux. Par exemple, la quasi totalité des scènes de la soirée tourmentée de du 8 décembre 2018, sont filmés au téléphone sauf une où l'on voit chaque membre de la famille qui semblent s'avoir perdu de vue dans une mise en scène un peu plus cinématographique, je dirais. Et bien rien que cette séquence de quelques secondes casse un peu le délire, je trouve, on n'est moins dans cet esprit documentaire c'est tout au téléphone ou rien. Je pense à la fin notamment avec le dépôt de plainte de la victime où le fait qu'il y est UN cut durant sa déclaration, je ne sais pas ça rajoute quelque chose qui a été trafiquer voir de mensonger comme si on ne veut entendre que ce qu'on a envie d'entendre. De plus, je ne comprends pas l'intérêt de cette scène, nous faire lâcher une petite larme ? Et j'aurais dit la même chose si c'était un flic à sa place donc ce n'est pas la personne qui me gêne en soit mais plutôt l'intérêt, la mise en scène de ce genre de séquences.

Bon vous aurez compris ce film m’énerve un petit peu même si le sujet des bavures policières est ultra important et il faut se questionner sur ce genre de pratiques mais là ça fait pschiiiit malheureusement.

Bref j’aurais préféré rester la journée chez moi à regarder des vidéos de chat en fin de compte.
Jimi
Jimi

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 décembre 2025
Dans le genre policier je ne m'attendais pas à un tel fim . Disons le franchement c'est un réquisitoire anti-flic qui dure 2 heures . Pour faire court , c'est lourd .
Je comprends tout à fait le fonds mais je n'adhère pas à ce type de mise en scène foncièrement politisée qui ne décolle pas de son idée clairement explicitée , du début à la fin .
Un peu ok mais trop c'est trop , et les minutes passant c'est très chiant pour un film . Un long métrage qui aurait plus tenu du reportage ou du documentaire .
Martin P
Martin P

11 abonnés 52 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 décembre 2025
Grand film. Puissant et simple à la fois, complexe et limpide, populaire et subtil. Le récit est mené de mains de maître et Léa Drucker est impressionnante, elle incarne son personnage avec une grande humanité et beaucoup de rigueur, elle nous touche en profondeur, et pourtant son jeu est fin, sans esbrouffe, la simplicité qui touche, un tour de force. Un des grands films français de l'année 2025 !
Climax
Climax

10 abonnés 295 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 mars 2026
Dominik Moll parvient encore à surprendre et nous livre un thriller exceptionnel et bouleversant dont la sobriété, l'intelligence et le rythme le rapproche du chef d'oeuvre. On n'est pas loin du film parfait, le film qui passionne, qui intrigue. qui émeut, qui fait sourire, qui fait souffrir et qui fait reflechir. il questionne notre rapport à la violence, à la police et à la justice. Un film nécessaire qui refuse la simplicité et qui élève le débat. Léa Drucker est exceptionnelle.
Elisamen
Elisamen

6 abonnés 31 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 novembre 2025
Un grand film parfaitement maîtrisé. Un grand film captivant, avec ses fausses pistes, ses rebondissements. Un polar implacable. Léa Drucker est bluffante de vérité.
Raphaël A.
Raphaël A.

1 abonné 26 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 novembre 2025
Enfin! Vu en avant première. Enfin on parle des gilets jaunes, on monte une réalité sociale avant que ce mouvement ne dégénère. Enfin on parle des la Villette d'État contre un mouvement social. Un grand film qui plus est.
Léa Drucker, que je ne pouvais pas voir en peinture , s'avère au fil des films de plus en plus intéressante et juste.
Jade
Jade

1 abonné 79 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 décembre 2025
« Dossier 137 » est un film poignant sur les violences policières et la façon dont la justice s’en saisit. Bien que fictif, il est nourri d’affaires réelles, notamment celles survenues lors des manifestations des Gilets jaunes. Il rappelle combien ces manifestations ont été un déchaînement de violences, des événements qui nous ont tous touchés de près ou de loin. Il décrit surtout la complexité probatoire dans ce type de dossiers, la difficulté de traduire des policiers devant la justice et le sentiment d’injustice ressenti par les victimes. Tout est réussi, notamment la manière d’agrémenter le récit de photos et de vidéos des manifestations qui tient le spectateur en haleine, ainsi que la prestation de Léa Drucker, au plus près de la réalité policière. Je m’interroge cependant sur l’impact d’un tel long-métrage qui, destiné au grand public, pourrait amplifier la défiance à l’encontre de la police, voire de la justice.
islander29

1 028 abonnés 2 665 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 décembre 2025
D’abord, Dominik Moll, est un cinéaste en qui j’ai entière confiance, et je n’ai pas été déçu….
Ceci dit, la prestation de Léa Drucker est bluffante…..Elle porte le scénario sur ses épaules….Autre point important, ils ne s’agit pas de fustiger la Police ( il y a des gens compétents comme partout), mais de rendre compte d’une « bavure » Je n’aime guère ce mot….Donc relativiser le discours du film…..Pour en revenir au film, la réalisation permet d’accéder à une histoire avec beaucoup de sérieux, manque un soupçon d’émotion parfois ( absence de musique?) et d’esthétisme, corde nécessaire à tout chef d’œuvre….Ce n’est pas le sujet certes, on est proche d’un film choc, d’un film de journaliste qui a un grand mérite….rétablir la justice et donner un éclairage brillant sur les manifestations parisiennes de gilets jaunes…..à découvrir sans hésitation….
Cinemadourg

906 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 novembre 2025
Ca démarre plutôt sec : un homme est grièvement blessé lors de heurts pendant une manifestation à Paris en 2018, une enquêtrice de l'IGPN (police des polices) est chargée de démêler ce dossier brûlant portant le numéro 137.
Une Léa Drucker qui crève l'écran de son talent donne au récit une densité immédiate, sans jamais forcer.
La mise en scène avance pas à pas, avec une réalisation soignée, nous montrant une enquête minutieuse et compliquée dans ce contexte chaotique et insurrectionnel de la période des gilets jaunes.
On ressent chaque pression, chaque frein, mettant en avant la difficulté de mener des investigations contre les forces de l'ordre, même quand celles-ci se comportent mal.
Ce film est légèrement moins captivant que la précédente réalisation de Dominik Moll ("La Nuit du 12" en 2022), mais ce thriller policier reste tout de même assez précis, tendu et percutant pour valoir le coup en salle.
Site CINEMADOURG . free . fr
Sylvain P

387 abonnés 1 430 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 novembre 2025
Immersion au coeur de l'IGPN, la Police des polices, Dossier 137 est un film coup de poing sur une institution indispensable de notre démocratie, villipendée de toute part. On y suit l'enquête sur une bavure policière lors d'une des journées les pires du mouvement des gilets jaunes. Sans aucun manichéisme, Dominik Moll fait jouer à chacun une partition à la fois subtil, documentée et humaine. Un très grand film.
Vu en avant-première
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 831 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 novembre 2025
Après le très remarqué (et remarquable) « La Nuit du 12 » sur les féminicides, le réalisateur Dominik Moll revient avec un long métrage qui va beaucoup faire parler, un film qui ne va assurément pas plaire à tout le monde. Sur le sujet beaucoup moins consensuel des bavures policières, il nous offre un film de presque 2h qui essaie en permanence de rester sur la ligne de crête entre la police et le reste de la population sans toutefois toujours y parvenir, il faut bien le reconnaitre. Dans ce numéro d’équilibriste permanent, il est facile de basculer d’un côté ou de l’autre. Pourtant les efforts de Dominik Moll bien rester en équilibre sont louables et quasis permanents, mais avec « Dossier 137 », je crains que chacun voit un film différent selon sa sensibilité sur le sujet. Pour commencer par parler de la forme, il faut reconnaitre que le film est parfaitement tenu : le montage sec, nerveux et diablement efficace, la direction d’acteur, le rythme du film, les minuscules pointes d’humour, la volonté d’humaniser l’enquête mais aussi la personnalité de Stéphanie, jusqu’à l’utilisation parcimonieuse de la musique, tout est bien pesé, bien dosé. Dominik Moll utilise (un tout petit peu) des images d’archives, il utilise aussi des images filmées au portable, des images de télésurveillance, que le cinéma (ou les romans policiers) ne décrivent quasiment jamais. L’IGPN, dans les films ou les polars, ce sont les méchants, les empêcheurs de travailler, les mauvais flics, les arrivistes, bref : les nuisibles. Et bien ici non, le film montre avec une certaine acuité comment ils travaillent et pourquoi ils font ce qu’ils font, et ça fait du bien de voir enfin ce son de cloche là. Léa Drucker est parfaite dans le rôle de Stéphanie, mais c’est presque un pléonasme de mettre dans une même phrase « Léa Drucker » et « parfaite » désormais. Le scenario brasse beaucoup de thèmes et donne beaucoup matière à réflexion et certaines scènes, comme certaines répliques, sonnent douloureusement juste aux oreilles. D’abord, comment présenter ce mouvement des Gilets Jaunes ? Des français moyens acculés à la colère ? Des casseurs d’ultra-gauche/droite ? Déjà je l’attendais là-dessus pour commencer tant ce mouvement polymorphe et non encadré était difficile à appréhender dans toute sa complexité. spoiler: Le scénario choisi un peu la facilité, je le reconnais : des provinciaux non politisés qui n’avaient jamais manifesté et qui viennent défiler à Paris comme en goguette pour « défendre le service public ».
Sur ce point, Dominik Moll joue la sécurité et se ne se montre pas très audacieux : spoiler: sa victime est parfaitement innocente « mauvais endroit, mauvais moment »
. En revanche, sur d’autres aspects, le scénario se montre plus courageux : l spoiler: e syndicalisme policier (d’un syndicat pudiquement appelé ici « Concorde Police », mais on le reconnait !) corporatiste jusqu’à la malhonnêteté, la hiérarchie fuyante, frileuse et arriviste, la notion de déontologie à géométrie variable (la scène de fin est absurde, mais je la crois parfaitement crédible), les mensonges des policiers, leur défense parfois pitoyable.
Mais ce qui est au cœur du film, c’est la doctrine de maintient de l’ordre de la police française. Tout le monde verra sans doute midi à sa porte mais pour moi, une des scènes les plus forte est celle de la femme de ménage. Ce qu’elle dit à Stéphanie, ça fait longtemps que j’espérais l’entendre quelque part et c’est enfin arrivé. « Dossier 137 » ne va pas plaire à tout le monde : et bien tant mieux !
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 839 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2026
Froide, analytique, la mise en scène épouse parfaitement, à l'instar de l'interprétation millimétrée de Léa Drucker, le travail minutieux d'enquête mené par l'IGPN. Evitant manichéisme ou partialité, à l'inverse de partis politiques ou de personnes à la pensée binaire, le récit atteint un équilibre remarquable entre les différents paramètres de l'histoire, les (res)sentiments opposés, les considérations micro ou macro structurelles. Illustrant la lassitude, la colère, le désarroi des protagonistes aux motivations et actions compréhensibles (sans que cela les rende nécessairement excusables), l'intrigue réussit à nous faire percevoir deux visions du monde distinctes, antagonistes, irréconciliables (?). Un constat amèrement lucide.
Ewen Blake
Ewen Blake

189 abonnés 1 302 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 novembre 2025
spoiler: C'est l'histoire d'une inspectrice de l'IGPN qui pour se sentir utile sauve un chat. Pour combattre la violence systémique de la police, repassez plus tard.


- Cette critique contient des spoilers -

Dossier 137 est un film intelligent qui évite le manichéisme, parvient à donner chair aux articles du Monde et une histoire à ceux injustement mutilés. Une analyse du fonctionnement de la police qui montre bien que les bavures ne sont pas l'oeuvre de brebis galeuses mais bien la résultante logique d'un système d'impunité validé tout en haut de l'Etat.


Quelques jours après Les Braises, retour chez les gilets jaunes. Dossier 137 est "une fiction inspirés de faits réels". Comme toujours un inconfort pendant le visionnage : est-ce exagéré, atténué, absurde ? La première scène montre un lancer de pavé par un flic vers des manifestants. Scène authentique, la video avait fait le tour de la toile en 2019 et le CRS condamné à 2 mois de prison avec sursis. Il est toujours en service. Dossier 137 oublie le contre champs et ne mentionne pas les gilets jaunes condamnés entre 3 mois et 1 an de prison pour le même acte.

Le film est constitué d'une enquête passionnante alors qu'on en connait immédiatement le résultat. A l'inverse les à-côté de l'enquête sont chiants au possible, voir ridicule (la baston avec le gamin dans la voiture). Ils s'attachent surtout à nous faire aimer la fille Drucker en allant jusqu'à la faire sauver un chaton !

Dossier 137 se caractérise par une grande pédagogie, certains diront didactique avec un certain mépris mais moi j'aime bien qu'on m'explique en insistant. Il est frappant de constater le temps infini (et donc l'argent public) nécessaire aux enquêtes. A chaque étape, les preuves auraient pu manquer et un vertige nous prend en considérant le nombre de flics pouvant avoir échappé à de légitimes sanctions. Cette difficulté de collecter les preuves, la consanguinité des services de police et la proximité de vie des agents de l'IGPN avec leurs ex-collègues, la pression de la hiérarchie pour rester solidaire entre services et la relation de dépendance du pouvoir envers la police qui la protège montre à quel point cette violence policière est systémique, consubtantielle de l'institution.
Dossier 137 nous montre aussi que le pouvoir utilise des techniques fascistes pour décourager la population d'utiliser en sécurité son droit à manifester : lorsque sont données les ordres "Allez-y franchement, n’hésitez pas à percuter. Ça fera réfléchir les suivants", lorsqu'on fait intervenir pour du maintien de l'ordre des cellules anti-terroristes et lorsqu'on etouffe les bavures des policiers ayant fautés en toute impunité : on a le droit de se demander si vraiment, nous sommes en démocratie.

On aurait aimé que le film se conclue autrement que par un tir simultané, pirouette improbable qui nous empêche de découvrir ce qui se serait réellement passé si l'auteur de la bavure avait été réellement identifié. Mais pour cela il suffit de consulter la presse: 23 gilets jaunes éborgnés, des centaines de mutilés et blessés graves et moins de condamnations que de doigt de la main après une grenade de désencerclement. Plus précisément il suffit de s'attarder sur le cas d'Alexandre Frey, éborgné près de l'Arc de Triomphe. Les 3 flics armés de LBD présents sur place ont été entendus, nient tous être l'auteur du tir (bien entendu) et malgré les nombreuses caméras de surveillance sur place, l'IGPN n'a pas réussi à identifier le tireur. Est il vraiment crédible qu'au sein d'une institution viciée, les inspecteurs/trices de l'IGPN soient des saints intègres comme nous l'est présenté Stéphanie ?
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 778 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 décembre 2025
Police partout, justice… à de rares endroits
Sélectionné à Cannes, ce film de Dominik Moll ayant pour sujet les violences policières durant la séquence « Gilets jaunes » avait tout du film soit casse gueule, soit partisan (côté Police ou côté manifestants), soit dossier ; soit tout à la fois. Après s’être plongé dans les rouages de la Police Judiciaire avec une affaire de féminicide dans « La nuit du 12 », Moll analyse ici le mode de fonctionnement de la police des polices dans ce thriller à la mécanique bien huilée. On va donc suivre l’enquête d’une inspectrice de l’IGPN saisie pour violence policière. Au travers de son travail, on comprend la lourdeur de la procédure, la pression de son propre corps la voyant comme une traitre, et comme complice passive pour les victimes, … Mais aussi et surtout la doctrine du maintien de l’ordre imposée par ce et d’autres gouvernements. Leur mission n’est banale quand on leur dit qu’ils doivent « sauver la République » (dixit les paroles du Président de la République et du Ministre de l’Intérieur) ; et ce dans une impréparation totale, sans formation mais avec du matériel de guerre dans les mains !!! Quelle pression et objectif de résultat on fait peser sur leurs épaules !!!
Traité comme les grands polars politiques américains des 70’s, ce film sait rester sur le fil du rasoir. Il est honnête, hyper documenté et passionnant. Gilles Marchand co écrit le scénario avec Dominik Moll ; partant de cas concrets, leur scénario est béton ; tout en amenant une touche fictionnelle maline ; la victime des faits réside dans la ville d’où est originaire l’enquêtrice de l’IGPN. Ce qui permet d’amener des rencontres, un positionnement de chacun d’entre eux servant le film. Dans ce récit à la ligne claire, ce film reste sobre et s’interroge sur le rapport de la Nation avec ses citoyens, sur le mépris de classe et la doctrine du maintien de l’ordre. Il a le mérite de poser les bases d’une réflexion nuancée et engagée sur la brutalité d’une répression et la désorganisation d’une institution ; et en montrant du doigt une société fracturée.
Par une mise en scène efficace, on est accroché de la première à la dernière minute. La prestation millimétrée de Léa Drucker dans le rôle de l’enquêtrice y est aussi pour beaucoup.
Nathalie Chifflet : « Dominik Moll refuse le manichéisme facile ; il préfère la zone grise, là où la violence d’État devient systémique parce qu’elle est banalisée, normalisée, inscrite dans la langue même de la procédure. Un grand film nécessaire. Qui fait mal sans jamais élever la voix. »
Et aussi un film qui permet de rappeler que le mouvement des « Gilets Jaunes » était très atypique par sa forme, ses revendications, et les gens qui en furent les acteurs. Un film marquant sur un mouvement qui convoque déjà et convoquera sociologues et autres penseurs dans l’avenir et qui donc pose les bases d’autres films sur ce sujet.
Un très bon film 2025… à voir absolument pour son intelligence captivante.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse