À mon plus grand regret, cela fait déjà un moment que les longs-métrages de chez Pixar ont beaucoup perdu en qualité. Alors qu'une sortie de ce studio était au minimum synonyme de très bons films à une période, les récentes productions ont drastiquement réduit nos attentes. Et globalement, ce "Jumpers" en est un nouvel exemple. À défaut d'être mauvais, on ne peut pas dire que le film soit franchement une réussite. Maintenant, pour ne pas trop l'enfoncer pour autant, je le trouve quand même agréable à regarder et plutôt intéressant sur plusieurs points. Déjà, car Pixar garde son savoir-faire, et l'animation reste de plutôt bonne qualité. Un bel effort a notamment été donné sur les environnements, afin de donner vie le plus fidèlement possible à cette nature et à cette ambiance. Et on comprend évidemment cette envie, car le film est avant tout basé là-dessus. On l'avait très vite compris, mais il est évidemment un projet envers l'écologie et la nature. Il met en avant sa richesse et il explore l'envie de la défendre. Certes, cela peut paraître niais, mais je trouve que le film réussit suffisamment à nous faire comprendre cette idée. Que ce soit par la mise en scène, via quelques séquences vraiment contemplatives de la nature, ou par l'histoire de notre héroïne, on réussit facilement à être impliqué. Maintenant, il est évident que cette base n'ira pas aussi loin que prévu, car on reste sur un film Disney.
Lorsqu'arrive la fin, on est confronté à quelque chose de vraiment consensuel, où tout le monde est gentil et veut le bien de tout le monde. On ne remet absolument pas en cause les agissements des humains, et c'est même complètement passé sous le tapis. Par un simple sauvetage des humains pris dans les flammes, toutes les thématiques s'évaporent, les humains changeant immédiatement de comportement envers les animaux. Et à ce niveau, c'est donc mon seul problème, comme si le film n'avait pas voulu aller complètement au bout des choses pour réellement pointer du doigt l'humain et son manque de considération envers la nature. Cette fin est donc le seul moment vrai niais du film, car elle s'évite de vraies séquences de dialogues forts, au profit d'une bienveillance un peu trop aseptisé.
Malgré tout, à travers cet ensemble, le film développe donc une esthétique très agréable à regarder, un scénario tout tracé et un rythme très soutenu. Après, je tiens quand même à faire le difficile sur ce dernier point, le film allant parfois un peu vite. Je pense notamment à toute la partie servant à découvrir le monde des animaux, j'aurais peut-être aimé qu'elle ne soit pas aussi rushé, mais un peu plus longue. Cependant, je suis bien obligé d'admettre que ce côté rapide amène quand même des bons points, notamment en ce qui concerne l'humour. Cela permet de créer une vraie dynamique dans l'enchaînement des gags, avec un montage brusque et qui donne donc des rebonds très efficaces. À ce niveau, le film se permet même beaucoup de choses vraiment osées,
j'ai notamment adoré le passage complètement fou du requin par exemple.
En soi, le film est donc un film Pixar dans le moule de ce qui nous est servi depuis quelques années. C'est joli, drôle et bien intentionné, mais c'est aussi très simpliste dans la démarche. À une époque, je me souviens que Pixar osait aller sur des thématiques que les Disney n'empruntaient jamais, et c'est ce qui faisait leur force. Aujourd'hui, on a la sensation qu'ils opèrent le même style que la maison mère, avec une envie de ne plus aller trop loin, par peur de brusquer. À de rares occasions, ils arrivent encore à nous surprendre, mais cela reste très minime. L'ancien Pixar me manque donc, même s'ils ne sont pas encore tombés dans l'oubli. Pour conclure, un ensemble honnête, mais qui aurait dû être encore plus percutant.