Trentième film d'animation des studios Pixar, Jumpers, réalisé par Daniel Chong, est un long-métrage aussi choupinet que sympathique. L'histoire nous fait suivre Mabel, une enfant amoureuse des animaux qui cherche à libérer les animaux de son école, provoquant souvent des catastrophes, qui, suite à ses nombreuses déconvenues, est déposée par sa mère chez sa grand-mère, une garde forestière qui va lui enseigner à embrasser son environnement. Des années plus tard, alors désormais âgée de dix-neuf ans, Mabel est à l'université mais sèche les cours pour protester contre le maire de Beaverton, Jerry Generazzo, qui prévoit de construire une rocade d'autoroute sur la clairière en faisant exploser un barrage de castors. C'est alors que la jeune femme découvre que ses professeurs ont créé une nouvelle technologie permettant de se glisser dans la peau d'un animal robotique afin d'améliorer la recherche sur la faune. Mabel va profiter de cette occasion afin d'intégrer les animaux dans le dessein de sauver la clairière. Ce scénario s'avère franchement plaisant à visionner tout du long de sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue bien rythmée nous plongeant rapidement dans le vif du sujet et nous faire vivre une aventure remplie de péripéties. Si le récit est assez convenu dans ses embûches et son enjeu, il est écrit avec beaucoup de précision et le concept est assez original pour qu'on l'apprécie, d'autant plus qu'ils en jouent bien. Celui-ci permet de faire passer un beau message écologiste égratignant un petit peu l'humain, sans tomber dans le moralisme. C'est une ode à la faune et à la flore poussant à la réflexion. Le ton se veut familial et l'humour fonctionne très bien, décrochant de nombreux rires et sourires de bout en bout. Il sait également se montrer par moments plus touchant et là encore il vise juste. Il faut dire que l'ensemble est porté par des personnages hautement appréciables et attachants. La jeune Mabel est une héroïne au tempérament agréable arborant deux apparences et est entourée d'innombrables animaux aux bouilles adorables faisant la part belle aussi bien aux mammifères qu'aux insectes, batraciens, poissons, oiseaux et autres ovipares afin de représenter une grande partie des espèces animales. L'antagoniste est, lui, gentiment détestable. Tous ces êtres entretiennent des relations procurant beaucoup d'émotions entre rires et larmes. Des échanges soutenus par des dialogues d'une belle justesse. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère qualitative. Sa mise en scène est impeccable et évolue au sein d'un bel univers à la faveur de sa jolie direction artistique. C'est une réussite aussi bien au niveau de l'apparence des protagonistes que de celle des environnements entre nature et urbanisme qui se confrontent. Les couleurs sont également bien choisies. C'est techniquement irréprochable, on sent une totale maîtrise de son art de la part des studios à la lampe. Ce visuel impeccable est accompagné par une bande originale aux compositions s'accordant bien avec les images, sans pour autant être impactantes ni marquantes. Il manque clairement un thème permettant d'identifier l’œuvre, même si les notes entendues restent de bonne facture. Reste une fin sans réelle surprise mais tout de même appréciable, venant ainsi mettre un terme à Jumpers qui, en conclusion, est un très bon long-métrage d'animation faisant passer un moment agréable riche en sentiments, que l'on soit petit ou grand.