Jumpers prouve une nouvelle fois sa capacité à se renouveler. Le studio propose un film d’animation familial à la fois drôle, sensible et engagé.
C’est une œuvre lumineuse, parfaite pour une sortie en famille, qui laisse le sourire aux lèvres et donne envie de prendre soin de la nature. Un film original, touchant et réussi qui s’impose déjà comme l’un des films d’animation incontournables de l’année.
Il faudrait presque souhaiter à Hoppers un succès massif, tant l’idée de voir Pixar renouer avec un imaginaire neuf a quelque chose de novateur. Le studio affiche d’ailleurs son retour à l’« original pur », sans béquille sérielle ni mascotte pré‑vendue. Le point de départ a tout du high concept pixarien : une adolescente transfère sa conscience dans un castor robotisé pour empêcher un projet immobilier de raser une forêt. L’axe politique ne peut pas être plus limpide. Pourtant, à mesure que l’intrigue se déploie, le film complique - parfois malgré lui et contre lui - la lisibilité de son propre discours.
Cet imbroglio idéologique contamine directement l'héroïne, Mabel. Présentée comme une militante écologiste déterminée, elle ne bénéficie d’aucune montée en tension : le film préfère une bascule, où la colère légitime vire soudain à la violence et aux mensonges. Cette disproportion affaiblit d’emblée la cause qu’elle défend. Plus gênant encore, le scénario condamne cette violence tout en la rendant narrativement efficace, puisque c’est la menace qui contraint finalement le maire à infléchir sa position. Pire encore, l’ambition écologique se replie alors sur un motif intime - la promesse faite à une grand-mère (ne bénéficiant d'ailleurs que de simples flashbacks) - réduisant l’ampleur écologique à une blessure personnelle.
Reste pourtant une idée réellement stimulante : la transformation en castor robotisé. Là, Hoppers cesse enfin d’opposer nature et technologie pour envisager la technique comme un accès inédit au monde animal. La caméra se rapproche du sol, scrute les textures, épouse les flux de l’eau avec une grande maestria technique. Mais cette richesse formelle se dilue dans un deuxième acte dispersé, où les péripéties comiques et la satire lourde des figures politiques (humaines comme animales) émoussent la tension dramatique au lieu de la nourrir.
Dans son dernier tiers, Hoppers tente de renouer avec une tonalité plus sombre, comme s’il mesurait tardivement la gravité de ce qu’il met en jeu. Cette noirceur, timide et tardive (à l’exception de la chaîne alimentaire, seuls instants où le film ose enfin regarder la nature en face) ne fait que révéler en creux le film qu’il n’a jamais eu le courage d’être : un récit qui assumerait ses contradictions au lieu de les étouffer sous l’humour enfantin et les bons sentiments. Le problème aussi, c’est qu’à ce stade, tout retombe dans le vide. Je ne ressens aucune émotion pour Mabel, aucune empathie pour ce héros robotisé, aucune attache pour la cohorte de personnages secondaires qui défilent sans jamais exister.
J'ai passé un très bon moment grâce à un scénario bien ficelé et une animation de qualité ! C'est beau, les messages transmis intéressants et les personnages marquants!
Là où The Wild Robot (Chris Sanders, 2024) faisait le choix de la fable écologiste et philosophique, interrogeant les relations a priori antithétiques entre nature et culture, Hoppers opte pour la série B que l’on croirait issue du cinéma américain des années 70 et 80, aborde le voyage d’un esprit dans un corps autre que le sien de la même façon que l’aurait fait un Tobe Hooper ou un Charles Band, c’est-à-dire avec générosité, malice et irrévérence. L’originalité tient ainsi à la représentation d’une nature cruelle parce que naturelle, appliquant la « loi de la mare » comme on parle de loi de la jungle ou de chaîne alimentaire, qui résonne avec la cruauté des relations humaines, gangrénées par la soif de pouvoir. Nulle surprise, dès lors, quand un personnage vient à disparaître, qu’il soit animal ou robotique, nulle émotion non plus ; le récit avance, et lorsqu’un corps se dégrade il faut en changer, sauter dans un nouveau corps, s’augmenter d’une oreillette ou d’un radar pour communiquer. Une telle approche, à la fois radicale et représentée avec une infinie douceur, conjure tout misérabilisme associé au spoiler: deuil d’un castor, d’un insecte que l’on écrase involontairement entre ses pattes, d’une grand-mère et, par extension, de l’espace conservatoire de son souvenir , assure une dynamique appréciable axée sur les relations entre spoiler: destruction et création , partage un véritable goût de la science, fidèle à l’esprit de ces salons ou foires aux inventions que le divertissement teen movie américain a contribué à diffuser. La liberté tonale va jusqu’à mobiliser des références à Westworld (Michael Crichton, 1973), The Texas Chain Saw Massacre (Tobe Hooper, 1974) et Jaws (Steven Spielberg, 1975), soit à des œuvres de divertissement populaire bis mimétique de la modestie des productions Pixar, elles qui aiment à rassembler depuis ses origines les oubliés, les invisibles, les cassés et les marginaux. Vu en avant-première au cinéma Turenne de Sedan.
le nouveau film Pixar vu en avant première. Sujet d'actualité comme souvent. Beaucoup de personnages féminins dont l'héroïne principale. De l'humour, de bons sentiments et un message écologique.
Film "écolo" d'une incroyable mièvrerie. Le personnage principal manque de profondeur, le dénouement est expéditif. Décidément Disney déçoit un peu plus à chaque production
Vue en avant premiere Pas conquis du tout Cest bof pas de magie de drolerie ou image wahou Les enfants en salle demandant a leurs parents quand le film se termine Moi meme je trouvait long le temps ce qui montre qu il n est pas captivant Bref cest une animation moyennement decevant
Avec Jumpers, Daniel Chong signe une comédie d’animation qui avance masquée. Sous ses airs de fable écologique accessible, le film développe une réflexion plus ample sur la responsabilité, la mémoire et la place de l’humain dans le vivant.
L’intrigue suit une jeune femme profondément attachée à une clairière menacée par un projet urbain. Ce lieu n’est pas seulement un espace naturel, il représente un refuge intime, un héritage affectif. Lorsque cet équilibre vacille, son engagement prend une dimension quasi existentielle. Refusant l’impuissance, elle saisit l’opportunité d’intégrer le monde animal par un procédé scientifique inédit. Ce basculement de perspective constitue le cœur du film.
En adoptant le point de vue d’un animal, le récit renverse le regard habituel du spectateur. La nature n’est plus un décor à défendre, elle devient un système complexe, structuré, organisé. Les castors, présentés comme de véritables architectes de leur environnement, incarnent cette intelligence discrète du vivant. Leur rôle dans la préservation des écosystèmes n’est pas survolé, il nourrit le propos sans jamais l’alourdir.
Le film insiste sur l’idée d’interconnexion. Chaque action, humaine ou animale, produit des répercussions. Cette notion irrigue aussi les relations entre les personnages. Derrière les confrontations et les désaccords, l’histoire rappelle que coexister suppose d’écouter, de négocier, parfois de céder. La question n’est pas d’éliminer l’adversité, mais de trouver une voie commune.
Parallèlement, Jumpers explore la dimension intime du deuil. La perte d’un être cher agit comme un moteur silencieux. L’attachement à la clairière traduit une difficulté à accepter le mouvement du monde. En découvrant d’autres règles, d’autres rythmes, l’héroïne apprend que protéger ne signifie pas figer. La nature elle-même repose sur l’adaptation et la transformation.
Visuellement, le film assume une stylisation qui adoucit la complexité du paysage pour mieux mettre en valeur les personnages. Cette approche crée un contraste intéressant entre la densité du monde naturel et la lisibilité émotionnelle du récit.
Sans jamais céder au discours moralisateur, Jumpers rappelle que le vivre ensemble n’est pas une abstraction. Il concerne autant les humains entre eux que leur relation au vivant. À travers l’humour et l’action, le film propose une idée simple, mais exigeante : nous faisons partie d’un tout, et reconnaître cette évidence change notre manière d’habiter le monde.
Un Pixar efficace qui prouve que le studio peut encore faire de grands films ! L’humour est là, l’ambiance est là, les personnages sont consistants et intéressants. La musique originale est discrète mais sait se faire entendre au moment des scènes épiques ! Une fable sur le vivre-ensemble avec la Nature, les Animaux et les Hommes, qui n’accuse pas, mais nous prouve que tout est encore possible pour chacun si on agit à notre échelle par de petites contributions.