Rythmée, survoltée, révoltée et déchaînée, ce nouveau Pixar fuse à toute vitesse, en alternant et mélangeant les genres, passant ou jumpant, de l'action à la réflexion, de l'émotion à l'humour hilarant !
On y suit une jeunesse en colère contre un monde dont la communication est brisée, et qui va devoir apprendre un nouveau langage, et comprendre que la nature est en mutation permanente, qu'elle doit s'adapter, se transformer, faire des compromis pour faire coexister l'homme et la nature, réunir les générations, et rétablir le lien dans le vivant. Cet écosystème verdoyant est à la fois l'inspiration, la motivation, mais aussi un refuge intime, une partie de soi, de l'être humain, une source de vie que l'on cherche sans cesse, mais que l'on bétonne inlassablement.
Ainsi, Jumpers est une fable écologique, pédagogique et initiatique, qui renverse les différents points de vue pour mieux en saisir les interconnections, et la nécessité du vivre-ensemble.
D'un autre côté, le film se contente de hurler, de s'agiter en tout sens, cherchant l'humour à outrance, flirtant avec l'hystérie, la supercherie d'une histoire en roue libre, bien trop prévisible, et ce en quelques minutes. Toutes les situations ne suscitent que peu d'émotion, les flashbacks semblent être là uniquement pour ne pas ressembler à l'intro de Là-haut, ou de Buzz, et c'est ce qu'il manque à ce film qui n'a pas ce supplément d'âme.
C'est un Pixar qui se veut original, mais qui est ultra-référencé, et mixé entre Zootopie, Avatar, et le robot sauvage de DreamWorks. À une époque, ça n'aurait pas été concevable, mais de nos jours, plus il y a de références, de reconnaissances de licence, plus le public est conquis, et en redemande.
Il s'agit bel et bien d'un énième film qui se construit autour du cahier des charges de l'actualité du cinéma de ces dernières années, où tous les films sont engagés, politisés, avec des messages tellement explicites, exprimés, et d'une visibilité limpide, qu'il n'y a justement plus de sous-entendu, de sous-texte, avec ce together/ensemble, qui est le mot-clé de l'empire Disney, qui rachète tout et impose une vision contradictoire avec ses agissements.
De plus on met en avant l'importance capitale du message du film, alors que les Japonais le font depuis des décennies, sans même que ce soit le thème principal de leur œuvre, et ça n'empêchera personne, surtout pas Disney, de marcher sur la nature, et de rouler sur les rocades au quotidien.