Virginie Efira incarne Karine. Cette dernière choisit de rejoindre le mouvement des gilets jaunes dès son commencement et choisit de s’y investir malgré les doutes, les reproches de ses proches, les ennuis judiciaires… Le film a plusieurs défauts : tout d’abord il occulte un aspect important du mouvement : ses nombreux dérapages violents et racistes. Facile de réécrire l’histoire après coup en l’enjolivant. Le film a aussi une mise en scène un peu maladroite et romanesque éloignée du mouvement. Bref, difficile de croire à l’histoire racontée tant elle est invraisemblable.
Le moteur d’un camion qui grogne au matin. Le café tiède dans une cuisine trop calme. Les mains de Karine, abîmées par la chaîne, qui rêvent d’autre chose mais ne savent plus de quoi. Et Jimmy, debout, silhouette lourde de silence, avalé par la route, par le devoir, par l’amour aussi — cet amour qui s’étiole sans s’éteindre, comme un poêle qu’on n’ose pas rallumer.
Puis vient la colère, nue, presque belle.
Une colère collective, jaune, vibrante, sale et magnifique. Dans les ronds-points, les cris se mêlent à la buée, les visages se salissent de vérité. Karine s’y jette tout entière, corps et cœur, elle qui n’a jamais rien réclamé, sinon qu’on la voie enfin. Elle brûle, lentement, sans comprendre qu’à force de rallumer le monde, on finit parfois par consumer ce qu’on aime.
Thomas Kruithof filme cela sans fard, sans drame ajouté : juste la suie sur les joues, le souffle dans le froid, les flammes dans les yeux. Sa caméra ne cherche pas à comprendre, elle écoute. Elle capte la fatigue des corps, le frisson d’un amour qui se cabre, la fêlure de ceux qui continuent malgré tout.
Virginie Efira, elle, est d’une justesse bouleversante — sans héroïsme, sans éclat, juste vivante, comme si le rôle s’était fondu dans sa chair.
Mais Les Braises n’est pas un cri politique. C’est un film d’intimité et d’épuisement, un poème sur la désunion lente, sur la tendresse qui se déchire à force de tenir bon. On y sent la France du dedans, celle qui n’apparaît jamais, qui souffre à bas bruit, qui espère encore sans y croire.
Un film qui ne cherche pas à rallumer le feu — seulement à regarder ce qu’il en reste.
14/20
Un drame modeste, incandescent par endroits, où le réel et le désespoir se frôlent sans jamais se consumer.
Dans Les Braises, le réalisateur réussit le tour de force de transformer la colère collective en une émotion intime et vibrante. Virginie Efira y incarne, avec une intensité bouleversante, une femme qui tente de retrouver du sens au milieu du tumulte social. Le réalisateur filme la France des ronds-points, avec une justesse sensible, avec la chaleur fragile de l’humain. Ce film confirme que le cinéma peut encore éclairer notre histoire commune. A VOIR !
Un film d’une justesse rare qui aborde le mouvement des Gilets Jaunes par le prisme de l’intime, à travers un couple et une famille bouleversés. Loin du traitement médiatique habituel, il offre une vision humaine et incarnée de cette mouvement populaire. Une œuvre nécessaire, à la fois sociale et émotionnelle, qui réunit l’histoire collective et les destins individuels.
Le dernier film de Thomas Kruithof trace d’emblée une atmosphère saisissante : dans sa façon de poser sa caméra aux abords des ronds-points, il capte la ferveur collective, et l’effervescence bruissante des AG de lutte, mieux que la misère sociale proprement dite. Le regard n’est jamais arrogant : l’engagement apparaît comme un terrain de bascule entre désespoir et espérance. Pour autant, l’ombre de la tête d’affiche s’impose : bien que plutôt convaincante, la prestation de Virginie Efira peine à faire exister pleinement les raisons profondes de sa combattante. On reste à la surface de son trouble intérieur, son cheminement militant demeure un peu vague. Le choix d’un visage déjà familier affaiblit légèrement la crédibilité de cet "héros anonyme", et le film aurait peut-être gagné à laisser la parole à une figure moins attendue.
Elle est un peu rebelle et voudrait gentiment aider et être solidaire. Alors elle bouscule une équipe d’amis gilets jaunes. Et malheureusement se trouve en garde à vue pour n’avoir pas respecté les sommations de policiers. EFIRA incarne cette mère de famille naïve de bon esprit qui s’engage. Mais ne se rend pas compte des conséquences sur sa vie de couple et de famille (WORTHALTER sobre et désemparé). Les dialogues et échanges entre époux sont très intéressants et réalistes. Mais l’engrenage du militantisme est sournois. Un beau film sur l’engagement...
Synopsis : une femme, ouvrière se laisse embarquer dans le mouvement des gilets jaunes, son mari, chef d'une petite entreprise de transport fait face aux difficultés que connaissent les entrepreneurs. Leurs quotidiens respectifs auront forcément des conséquences sur la vie de couple. Sauront-ils y résister.
J'ai vu ce film un lundi soir de décembre 2025 dans mon cinéma de quartier. Pour être précis, l'interprétation de Virginie Efira m'a séduit, mais je ne l'ai pas reconnue. Comme le dit Télérama,Virginie Efira en Gilet jaune, “ça passe crème”. Il y a l’émotion que l’actrice met dans son personnage qui a envie de réfléchir à des questions qui, jusque-là, lui paraissaient hors de portée. Et pour être encore plus précis, l'acteur Arieh Wothalter est excellent lui aussi. Ce couple là, avec leurs interprétations, fait toute la qualité du film mais le scénario est très bien écrit aussi, les dialogues servent bien l'histoire. Bon décor, costumes réussis, et etc ...
Après, il y a deux histoires en une. Une satire politique, et une histoire de couple. Les deux se mélangent, se complètent. Le film fait réfléchir.
Du coup, cela mérite, selon moi, la note de 4. Je déclare que c'est TRES BIEN. Je vous invite à le voir au plus vite.
A partir du contexte GJ, le film raconte comment l'engagement politique, le surgissement soudain d'une foi en quelque chose de plus grand que soi, bouleverse la vie d'un couple et d'une famille. C'est hyper juste, délicat, poignant, surprenant...
Vu au cinéma. Le film me paraissait intéressant, alors je me suis laissé tenter. Virginie Efira est vraiment très bonne dans son rôle, elle porte clairement le film. L’histoire est juste, bien écrite, avec une ambiance assez sobre. C’est bien joué, bien filmé, même si ça reste un peu lent par moments. Un drame plutôt réussi, pas exceptionnel, mais touchant et bien interprété.
J’ai trouvé ce film assez superficiel. Le projet semble d’être de mettre Virginie EFFIRA (qui est parfaite comme tous les autres comediens) dans la peau d’une femme gilet jaune. J’ai attendu toute la durée du film qu’il se passe un truc, mais je suis rentree chez moi sans qu’il y ait un événement. Dommage .
Les comédiens sont pas mal mais cette histoire de gilets jaunes et cet episode historique ne méritait pas vraiment un film. On a était gavé pendant un an tous les week end et sur toutes les chaînes info de ce mouvement.
10 595 abonnés
11 636 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 6 mars 2026
« Vous êtes prête à tout gâcher pour ça ? » Si cette phrase se veut culpabilisante, elle en dit long sur le climat dans lequel se passe "Les braises" avec cette opposition constante entre les manifestants et les autorités. Cependant, il ne s'agit pas d'un film sur le mouvement des Gilets Jaunes au sens large, mais sur l'impact d'une telle implication au sein d'une famille. Thomas Kruithof se demande jusqu'où on peut aller pour ses idées avec Karine qui s'implique tellement qu'elle risque de faire imploser sa famille. Une histoire qui s'étale sur suffisamment longtemps pour voir les différentes étapes du mouvement que cette mère de famille semble alors incarner avec une fougue qui laisse place à de la lassitude alors que les actions se durcissent. Ce parallèle entre vie de famille et militantisme est intéressant même si on penche la plupart du temps sur la relation de couple. Jimmy a ses propres problèmes qui ne sont pas très bien intégrés au récit. Il y a toujours un décalage et ce sentiment que le sujet n'est qu'à peine effleuré. Ça se ressent quand il faut passer à la vitesse supérieure, ce qui n'arrive réellement jamais. "Les braises" est quand même pas mal et surtout très bien incarné.