C'est tout de même regrettable d'appeler un film "Les Braises" sans véritablement y mettre du piment, du feu et de la conviction ! Nous suivons ici une mère de famille banale qui va peu à peu plonger corps et âme dans le mouvement des gilets jaunes de 2018. Son couple va en souffrir, l'histoire se focalise d'ailleurs beaucoup sur cet aspect là, mais de façon un peu scolaire, presque molle, sans grand enjeu. Ce drame tient potablement la route, mais il manque véritablement une flamme, voire un engagement plus criant de la part du réalisateur. Trop lisse pour être passionnant, c'est dommage, car j'aime beaucoup Virginie Efira habituellement. Une braise plutôt tiède ! Site CINEMADOURG . free . fr
Une mère de famille intègre pour de bonnes raisons un groupe de "gilets jaunes". Ce qui est au départ un engagement de justice sociale et d'envie de démocratie dérive vers une radicalité et une haine incontrôlable. Par les yeux d'une femme engagée, on suit le délitement d'une famille et l'aveuglement face aux dérives d'un mouvement protéiforme qui a fini aux porte du fachisme. Malheureusement le manichéisme biaise un peu la représentation et frôle parfois la caricature. Vu en avant-première
Vu en Avp. Un film mou et caricatural. Le titre ne reflète absolument pas l'état d'urgence et la détresse des gens de ce mouvement. Ici les gilets jaunes sont plutôt prétexte à la déliquescence d'un couple. On ne comprends pas trop pourquoi le personnage de Virginie Effira vrille ainsi. Il n'y a aucun réel parti pris politique de la part des personnages, les discours sont mous et consensuels. Le contraire de ce qui se passait sous les gilets jaunes.
Dans un mouvement désordonné, revêtir le gilet jaune, enflammer la France et rêver de changer le monde.
Un retour sur le mouvement des gilets jaunes qu'on avait presque oublié, à travers le regard d'une femme, qui n'hésite pas à l'ouvrir mais qui n'avait jamais fait de militantisme. Le problème du film est qu'il est très scolaire, les personnages sont sympathiques mais on ne s'y attache pas. Arieh Worthalter est parfait mais Virginie Efira donne l'impression de réciter un texte, correctement mais sans passion. La faute à un manque de parti pris, d'angle de vue. Le film est parfaitement neutre. C'est un film Suisse. Je mets donc une note Suisse : 5/10.
Virginie Efira porte depuis déjà depuis pas mal de temps le maillot jaune dans le peloton des actrices françaises, même si elle est belge. Au point qu'elle sait se rendre crédible dans n'importe quel rôle qu'elle sublime, qu'il soit empreint de glamour ou tout à l'inverse, dans une quotidienneté sans apprêt. La voir se glisser aussi naturellement dans l'uniforme des gilets jaunes n'a donc rien de surprenant et contribue à l'authenticité d'un film qui se veut éminemment politique, mais aussi romanesque, dans la description d'un couple progressivement fissuré par un engagement total de l'une face aux préoccupations moins solidaires de l'autre. De fait, l'étude de l'intime fait la force des Braises, grâce à sa comédienne principale, mais aussi dans l'alchimie atteinte par le duo formé avec un Arieh Worthalter impeccable. Pour autant, le scénario a plus de mal à nous embarquer sur les ronds-points et dans la lutte des gilets jaunes, que la mise en scène de Thomas Kruithof rend presque fade et manquant en tout cas d'étincelles, ce qui est tout de même paradoxal. À l'image d'ailleurs d'une toute dernière scène, ouverte, qui confirme que le film ménage la chèvre et le chou, sans embraser son sujet. On aurait bien troqué la sagesse relative du récit pour des développements plus audacieux.
Film bien équilibré entre une vie familiale heurtée et la France agitée de notre époque, écriture remarquable, avec une tension permanente. Ce film dit avec justesse comment notre société se fracture, et comment les réseaux sociaux ont pu catalyser et accélérer un espoir commun qui n’aboutira pas.
Situé en 2019, le film jette un regard réaliste et toujours actuel sur les rapports des citoyens face au pouvoir, le prix d’un engagement collectif, l’état de notre démocratie. La défense d’un idéal, l’organisation et la mobilisation du peuple face aux pouvoirs implique forcément quelques répercussions personnelles, professionnelles.
Bon film. Bel hommage aux Gilets jaunes. Le principal est dit, sans pathos ni même parti pris. Il faut dire que Virginie Efira magnifie tout ce qu'elle touche. Tout est juste, sonne juste. Les acteurs sont bons, voire très bons. Le casting est bien choisi. Pas de démonstration mais une tranche de vie. Merci à l'équipe du film!
Captivant ! Virginie Efira et Arieh Worthalter nous emportent à travers toute la palette des émotions dans cette histoire de couple portée par le rêve d’un monde meilleur, entre la dureté et la beauté de la vie. Un scénario maîtrisé, des images sublimes, des scènes d’une intensité rare. Un film dirigé d’une main de maître — du vrai cinéma, comme on l’aime !
Ennuyeux ! Très ennuyeux... Virginie Efira (que je préférais en animatrice Tv plus qu'en actrice) et Arieh Worthalter traversent le film sans jamais vraiment nous émouvoir, dans une histoire de couple déjà vue, entre clichés sociaux et bons sentiments. Un scénario convenu, des images sages, des scènes qui peinent à décoller. Un film trop lisse pour être vrai — du cinéma bien-pensant, comme on en a déjà beaucoup, beaucoup trop vu.
Première fiction sur les gilets jaunes et leur implication dans la sphère familiale. Magnifique interprétation des comédiens adultes et enfants ! On y croit.
J’ai vu Les Braises en avant-première et j’ai trouvé le film réussi. Virginie et Arieh jouent leurs rôles avec une justesse impressionnante, rendant leurs personnages très touchants. La mise en scène est sobre mais efficace, pleine d’émotion. Seule la fin m’a un peu déçu, laissant une impression d’inachevé. Malgré cela, c’est un beau film, fort et sincère, qui mérite d’être vu.
Avec Les Braises, Thomas Kruithof signe une œuvre à la fois brûlante et pudique, portée par Virginie Efira et Arieh Worthalter, d’une justesse bouleversante. Le film embrasse la tension d’une époque où la colère sociale se mêle à la fatigue du quotidien. Derrière la romance fissurée de Karine et Jimmy, c’est toute une France silencieuse qui trouve enfin une voix. Le cinéaste filme la lutte, non comme un spectacle, mais comme une expérience intime, où les corps fatigués deviennent le théâtre d’une révolution intérieure. Les scènes d’usine et de rond-point vibrent d’un réalisme saisissant, tandis que la photographie de Christophe Beaucarne éclaire les visages avec une humanité rare. Le résultat est fort, incarné, traversé de douceur dans le chaos. Les Braises raconte l’amour, la désillusion, mais surtout la persévérance d’un couple et d’un peuple qui refusent de s’éteindre.
Karine et Jimmy forment un couple uni et aimant. Karine (Virgine Efira) travaille dans une pâtisserie industrielle. Jimmy (Arieh Worthalter) dirige une petite entreprise familiale de transport routier. En couple depuis une vingtaine d’années, ils ont eu un garçon et une fille désormais lycéens l’un et l’autre. Quand éclate fin 2018 le mouvement des Gilets jaunes, Karine en devient l’une des militantes les plus enflammées alors que Jimmy n’y croit pas.
Quelques réalisateurs français, rompant avec la vieille habitude très gauloise d’en parler le moins possible, se frottent à la chose publique et à la politique : Pierre Schoeller ("L’Exercice de l’Etat", "Rembrandt"), Stéphane Demoustier ("L’Inconnu de la Grande Arche"), Sylvain Desclous ("La Campagne de France", "De grandes espérances"), Nicolas Pariser ("Alice et le maire", "Le Grand Jeu")… Thomas Kruithof est de ceux-là qui, avec "Les Promesses", avait consacré son précédent film à une édile locale du qui peinait à organiser sa succession.
Il s’attaque à un des mouvements les plus importants et les plus passionnants qu’ait connu la France ces dernières années : les Gilets jaunes. Chacun d’entre nous y a été confronté et s’en est fait son opinion. Pour certains, c’est le cri de colère légitime d’une France périphérique qui étouffe ; pour d’autres, c’est un chaos sans mot d’ordre, une explosion de violence sans raison.
Thomas Kruithof n’écrit pas un essai politique sur les Gilets jaunes qui en éclairerait la généalogie, en proposerait une typologie (mouvement d’extrême droite ? d’extrême gauche ?) et en raconterait l’histoire. C’est un cinéaste. Il choisit de rabattre le mouvement des Gilets jaunes sur un couple. Les braises du titre, ces feux dormants qu’une étincelle peut relancer, sont une métaphore qui peut être interprétée dans deux sens : métaphore politique, celle d’une France qui pourrait s’enflammer et métaphore sentimentale, celle d’un couple vieilli qui brûle encore des feux de l’amour.
J’ai un peu regretté ce parti pris. J’aurais aimé voir un film qui ait le courage de s’attaquer à son vrai sujet : les Gilets jaunes. L’idée de le traiter par le crible du déchirement d’un couple me semblait mièvre et réductrice.
Mais je dois lucidement reconnaître que le résultat est bon. Il l’est d’abord grâce aux deux acteurs. On peut regretter de voir Virginie Efira et Ariel Worthalter partout et tout le temps. mais il faut reconnaître qu’ils sont l’un comme l’autre absolument excellents et qu’on ne saurait leur reprocher la moindre erreur de carre. Mais il l’est surtout parce qu’à travers ce couple, c’est tous les Gilets jaunes qui sont évoqués, la peur du déclassement (analysée doctement dans les ouvrages d’Eric Maurin et de Louis Chauvel), la France périphérique, le sens de l’engagement, l’invention d’autres formes d’actions citoyennes…
Les Braises avec Virginie Efira et Arieh Wolthalter est un film qui brûle d’une colère sourde, celle des laissés-pour-compte, des vies cabossées par un système qui ne les écoute plus. Sur fond de mouvement des gilets jaunes, le film réussit le pari de mêler la dimension sociale et politique à une véritable histoire intime. À travers les conséquences sur la vie familiale, il interroge : que reste-t-il quand la révolte s’éteint, quand l’engagement personnel bouscule l’équilibre du foyer ?
La mise en scène est sobre mais efficace, sans jamais tomber dans la caricature ou la surenchère. On sent la tension, la fatigue, la perte de repères. Le film pose des questions essentielles sur le sens de l’action collective, la dérive policière et la légitimité de la contestation.
Mais c’est surtout le duo d’acteurs qui fait tenir la flamme : Virginie Efira est juste et touchante, tout en retenue, tandis qu’Arieh Wolthalter est une révélation. Intense, habité, il porte littéralement le film sur ses épaules. Une superbe découverte, pleine de vérité et d’énergie brute.
Un film imparfait mais sincère, fort dans son propos et vibrant dans son humanité.