Au prétexte d'une comédie romantique et par le biais d'une poupée qui prend vie mais méconnaît les codes sociaux, les dialogues égratignent allègrement la séparation binaire des rôles femme/homme et les exigences imposées au femme en terme domestique comme professionnel. Chaque personnage est une touche efficace dans un tableau d'ensemble résolument féministe. Une belle écriture, où l'humour sait être mordant sans tuer la drôlerie ou l'émotion.
Sous ses airs de simple comédie, ce cache en réalité un film au propos féministe plutôt réussi. Sans jamais se prendre trop au sérieux, il assume pleinement son objectif principal : divertir j'ai aimé : - Le casting fonctionne très bien et enchaîne les moments drôles avec naturel, sans jamais tomber dans l’humour forcé. je n'aime pas - le principal défaut reste son manque de surprise. L’intrigue est très prévisible : on devine rapidement la fin ainsi que la dernière scène. Au final, c’est une comédie sympathique, légère et efficace, portée par une belle énergie, malgré un scénario trop attendu. Ma note : 12,5/20.
Comment attaquer un discours patriarcal et sexiste sans paraître pour un donneur de leçon? Utiliser une image, d'abord chose avant d'être un objet apprenant. En mettant face aux contradictions tout en ayant un discours pince-sans-rire. C'est surtout très malicieux même si on peut regretter quelques faiblesses qui n'altère jamais le propos.
Un démarrage tres intéressant, un récit court. On est pas la pour se prendre la tete, on survole certains sujets societaux importants sans jamais entrer dans le detail ou se faire un avis sur le sujet, le parti pris c'est justement de ne pas prendre parti et ça me va bien pour ce film. Les situations s'enchaînent, les sentiments se multiplient sans doute un peu vite, l'histoire aurait pu prendre un peu plus son temps. Les acteurs sont au maximum, un peu de cabotinage chez Macaigne, mais il maîtrise tellement ce type de personnage qu'il connaît tout ça par cœur. Un pitch à la dupieux mais nettement moins perché qu'un dupieux, car plus ancré dans ce que peuvent ressentir les gens dans la vraie vie. Des vrais sentiments, dans la vraie vie. C'est aussi un peu ça ce film.
Une comédie réussie et sympa avec des comédiens détendus qui nous font bien rire. Le thème de SF mais traite de manière fantastique aurait pu être plus développé pour alourdir le mystère quant à la rature réelle de la poupée mais on a préféré l’ancrer dans l’inévitable politiquement correct si cher au cinéma français contemporain qui a abandonné en rase campagne tous les ingrédients brillants qui firent sa gloire et son succès il y a quelques dizaines d’années. Mais on passe quand même un bon moment malgré tout.
Franchement, l'idée est chouette : un français très moyen, pas très beau et pleutre voit sa poupée sexuelle prendre soudainement vie, l'obligeant brutalement à composer avec ses amis, famille et collègues. En résulte des scènes assez rigolotes et offre le plaisir de revoir l'immense Gilbert Melki et bien sûr le couteau suisse franco-belge, La mutine Cécile de France qui se débrouille parfaitement dans ce bazar. Seuls bémols, on oscille trop entre délire à la Quentin Dupieux, folie à la Kubrick et misère à la Ken Loach, bref, on en sort pas mécontent mais décu/agacé par le manque de parti-pris du réalisateur.
Film très drôle. Le scénario est drôle et imprévisible, les personnages ont chacun leur côté amusant, l'ambiance est décalée, bref. Que demander de mieux ? Je trouve que les acteurs sont tous très convaincants, il y a une ambiance assez loufoque qui colle très bien avec le scénario qui l'est tout autant.
J’ai beaucoup aimé, original, drôle, sans oublier un vrai propos. J’ai été surpris à chaque scène le tout dans un « cadre » magnifique. Une balance parfaite, jamais « lourde ».
Parmi les comédies françaises avec interprètes du moment (au hasard, Vincent Macaigne) La Poupée est amusante. Elle aurait pu aller un tantinet plus loin. Sur le versant fantastique, une poupée sexuelle qui tout à coup prend vie pouvait embrayer sur une intrigue anxiogène à la Black Mirror... ou au récent Campanion de Drew Hancock. Sophie Beaulieu préfère pointer les aspects pathétiques de la domination masculine (l’émission des hommes qui ont marqué l’histoire, ou Gilbert Melki), et c’est souvent bien vu. Sur le versant comique, ça reste moqueur, gentil... et pas scabreux. L’entreprise de gazon artificiel est drôle, elle pouvait aussi permettre bien plus de comique, surtout si l’on songe à la série The Office, ou la bande dessinée Coucou Bouzon d’Anouk Ricard. Bref, La Poupée n’est pas dérangeante, mais distrayante.
Un film plein d'originalité, d'absurdité sur le genre humain, avec d'excellents acteurs, dont la dynamique du trio principal, c'est marrant, rafraichissant, et interroge les schémas des hommes et des femmes dans lesquels les sociétés et les familles ont fonctionné jusqu'à maintenant, ainsi que la place de chacun dans un isolement de plus en plus marqué. Ce conte fantastique qui parle de l'être et du paraître fera de la poupée une belle métaphore d'amour et d'espoir, nourrie par la quête d'identité, de liberté, et que rien n'est destiné à rester figé !
D'un autre côté, ça manque d'énergie et de folie, bien trop sage et redondant pour nous réveiller. C'est de plus un film bien trop accusateur et dénonciateur du patriarcat, qui s'insinue sans aucune subtilité dans tout le récit, en cherchant l'humour dans des stéréotypes, et des situations qui sont déjà trop limpides, avec cette impression de surenchère, et d'alourdir un propos qui n'a déjà plus aucun secret pour le spectateur de 2026.
Vu à Caen lors d'une projection-rencontre organisée par le Lux. Rencontre avec la réalisatrice Sophie Beaulieu et l’actrice Zoé Marchal. Je recommande cette bonne comédie, drôle et qui fait réfléchir sur les "acquis" de la société patriarcale, à déconstruire. Encore un excellent regard affûté féminin sur la société : très intéressant et divertissant en même temps.