Certainement, un film hors-normes, déjà, pour moi, une durée de 2h40 est un défi contre la somnolence… défi remporté sans problème, car cet étrange thriller Brésilien sollicite autant admiration qu’énervement et incompréhension. Bref, un mélange de plus et de moins et... au bout du compte un film assez unique loin de beaucoup de fadeurs habituelles.
D’abord les moins : le titre, déjà, car il n’y a pas l’ombre d’un espion dans ce film… bizarre ! l’histoire antérieure du héros, apparemment réfugié, mais de quoi ? les raisons de la chasse à l’homme dont il est l’objet ? et sans trop divulgâcher, les conditions de la fin de son aventure expédiées en un plan fixe. Et puis, quelques obsessions bizarres du réalisateur qui lassent à la longue : les multiples références aux « Dents de la Mer », l’histoire de la « jambe poilue », … etc.
Mais, heureusement, il y a des coups de génie : le premier quart d’heure, surréaliste, dans une station-service en plein désert, les séquences dans le milieu des « réfugiés » et de leur (vieille) égérie, les passages chez la belle-famille du héros avec son fils et son beau-père, et avant tout l’atmosphère débridée de Recife en 1977, en période de carnaval, malgré le pourrissement d’une société qui n’essaie plus trop de résister à la violence, la misère, la corruption. On suit donc avec incrédulité voire incompréhension, mais sans faillir, le cheminement du héros (acteur génial), traqué (un bon moment à son insu !) par des mi truands-mi policiers, mi-savoureux mi-monstrueux, aussi bêtes que méchants. On ne comprend vraiment pas tout, mais globalement, ça vaut quand même le coup !