Gros coup de cœur
Et comme trop souvent, je m’interroge que le titre franchouillard donné par les distributeurs à ces magnifiques 120 minutes signées Kirk Jones (II), au dépend du titre original – I swear, « je jure » -, tellement plus concis et explicite. Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d’abord semé d'embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu’il est, au-delà des préjugés. C’est, à ma connaissance, le 1er film consacré à cette fameuse maladie incurable et tellement handicapante. Car, John’s not mad comme le titrait un documentaire britannique consacré à ce personnage hors normes. Un biopic aussi irrésistible que d'utilité publique pour ses vertus pédagogiques autour d'une maladie neurologique mal connue, mais qui a su ne pas oublier de faire du cinéma, du vrai.
Le film s’inspire de l’histoire vraie de John Davidson, née en Écosse en 1971, et atteint du syndrome Gilles De la Tourette depuis l’adolescence. Un parcours de souffrance et de résilience qui le mènera jusqu’à être décoré par la décoré par la reine Elizabeth II. Il est étonnant de voir à quel point le réalisateur, réussit à maintenir l'équilibre entre l'empathie obligatoire à l'encontre du malade et la jubilation qu'il y a de le voir lâcher des horreurs, comme un sale gosse, la bouche pleine de grossièretés. Nous sommes bien dans un film britannique, capable d'un tel mélange et de délivrer une émotion finale de toute beauté. L’aspect autobiographique, apporte une vraie force au récit et augmente l’empathie, dans ce
film est puissant dans son propos et le message qu’il délivre, parfois drôle et constamment fort, tant il est rempli d’émotion. S’il peut, comme son personnage principal, éduquer ou changer la vie d’une personne sur la maladie qu’il évoque, c’est plus qu’admirable. Un des meilleurs films de ce début d’année.
La performance XXL de Robert Aramayo – découvert très à son avantage en 2024 dans le très exigeant Les fleurs du silence -, qui a passé trois mois en compagnie du véritable John Davidson, en amont du tournage, emporte évidemment tous les suffrages. Mais il est superbement entouré par un casting haut de gamme avec Shirley Henderson, Peter Mullan, Maxine Peake et le jeune Scott Ellis Watson tellement juste et bouleversant. Ce n’est pas pour rien que ce film a obtenu 2 Baftas pour l’acteur principal et pour l’ensemble du casting. On est loin des biopics distants, quand ils ne sont pas solennels, car ici, le film réussit à mêler humour involontaire et moments profondément émouvants, tout en rendant hommage à un personnage complexe et attachant. A voir absolument.