En France, quand on pense au syndrome de la Tourette, on a tous directement "mon sac est fait !" en tête, du moins pour les gens de ma génération. Et je ne vais pas jouer les hypocrites, oui cette vidéo m'avais fait beaucoup rire, comme beaucoup d'autres j'imagine, mais sans méchanceté aucune derrière, comme beaucoup d'autres également. Mais à la mise en lumière de ce syndrome porté par ce film réalisé par Kirk Jones (qui revient à la réalisation dix ans après "Mariage à la Grecque 2", c'est sûr que c'est un sacré tournant !), ce dernier prend une toute autre dimension.
Non, ici, on ne rigole plus devant les tics de John Davidson tellement ils sont handicapants et, surtout, tellement personne ne connait vraiment cette maladie. Le film n'a pas volé sa mauvaise réputation, il m'a embarqué du début à la fin dans la vie du héros, dans ses rencontres, ses infortunes ; toutes assez décisives quant au reste de sa vie. C'est d'autant plus poignant que c'est adapté d'une histoire vraie et que John a réussi l'impossible, à l'époque : mettre en lumière ce syndrome et tenter de le faire accepter aux autres.
Malgré tout, le film n'est pas larmoyant pour autant, il sait saisir l'empathie du spectateur de manière très naturelle, par un simple regard, une simple phrase ou autre (aussi aidé par d'excellents jeux d'acteurs, notamment Robert Aramayo). Le réalisateur parvient même, aussi aidé d'un scénario très bien écrit, à apporter quelques touches d'humour de temps en temps, notamment par le prisme de personnages secondaires comme Dottie, incroyablement humaine et compréhensive mais également Tommy qui joueront d'ailleurs tous deux des sortes de parents de substitution pour John.
Ainsi, "Plus fort que moi" n'est pas qu'un très bon film, c'est également une œuvre d'utilité publique qui aide à mieux cerner et comprendre le syndrome de la Tourette.