C’est un film bouleversant beaucoup plus qu’hilarant ( du moins pour moi) que ce « Plus fort que moi » du réalisateur britannique Kirk Jones qui est revenu au Royaume Uni pour tourner ce film autofinancé qui lui tenait à cœur, afin de transposer à l’écran la vrai vie de John Davidson de Galashiels en Ecosse, atteint du syndrome de Gilles de la Tourelle quand à l’adolescence , apparaissent les premiers symptômes de ce syndrome : clignement d’yeux incontrôlés, cris, tics, puis insultes, propos obscènes …considérés comme des provocations d’adolescence mais déclenchant une série de qui propos cruels au sein de sa famille, à l’école, avec la police, jusqu’à ce que la mère d’un copain, infirmière en psychiatrie le prenne sous son aile… Réaliser un film sur un personnage atteint par un très profond syndrome de Gilles de la Tourette demande beaucoup de doigté. Bien entendu, qu’on le veuille ou non, qu’on le regrette ou non, les mots orduriers, les insultes proférées à haute voix peuvent avoir un effet hilarant sur les spectateurs, mais, en même temps, pour que le caractère éducatif du film soit pleinement réussi il faut arriver à créer de l’empathie pour le personnage et s’abstenir d’en faire un objet de moquerie. « Plus fort que moi » retrace plusieurs étapes clés, et parfois douloureuses, de la vie de John. Si le terme de "film nécessaire" a été un peu galvaudé ces dernières années, on peut parler ici de film d'utilité publique. On estime qu'entre 1 et 10 enfants sur 1000 souffrent du syndrome de la Tourette. Un peu d'humour, malgré le sujet, sans qu'on sache vraiment d'ailleurs si on rit forcément au bon moment, mais ce n'est pas grave : le but du réalisateur anglais Kirk Jones est justement d'équilibrer moments légers et séquences plus graves. L’expérimenté Kirk Jones, réussit à maintenir l'équilibre entre l'empathie obligatoire à l'encontre du malade et la jubilation qu'il y a de le voir lâcher des horreurs, comme un sale gosse, la bouche pleine de grossièretés. Nous sommes bien dans un film britannique, capable d'un tel mélange et de délivrer une émotion finale de toute beauté… Il faut une distribution de très haut niveau pour traiter un sujet de ce type, avec en particulier, un exceptionnel Robert Aramayo dans le rôle de John Davidson adulte, capable de nous tirer des larmes de rire… et des larmes tout court, quand son regard exprime la douleur d’un homme qui rêve d’avoir une vie normale tout en sachant que ce ne sera jamais vraiment possible. Fuck, quel comédien ! avec un excellent Scott Ellis Watson dans celui de John Davidson adolescent, avec Maxine Peake qui interprète Dottie avec beaucoup de finesse, avec Shirley Henderson très crédible dans le rôle de la mère de John et l’incontournable Peter Mullan dans celui de Tommy. A la fois drôle et émouvant, « Plus fort que moi » est un film qui permet à un large public de faire connaissance avec ce syndrome de Gilles de la Tourette tout en le divertissant de façon intelligente.