"Plus fort que moi" avait tout pour être le petit film d'auteur qui me passe à côté, la faute à une promotion et à une distribution très légère en France. Heureusement, grâce aux louanges que l'on a données à l'acteur principal et par son sujet franchement intrigant, j'ai réussi à en entendre parler. Je me suis donc empressé d'aller le découvrir, pour, finalement, en ressortir totalement conquis. C'est très simple, à l'heure actuelle, c'est le meilleur film de mon année 2026. Narrant l'histoire d'un homme nommé John Davidson, ce dernier étant atteint du syndrome de Gilles de La Tourette, le film est une plongée dans son quotidien. Très clairement, ne vous attendez pas à un scénario bien délimité, avec un enjeu précis et défini. Ici, l'histoire est clairement divisée en trois parties bien distinctes, chacune représentant les phases de la vie de notre héros. La première est celle de la découverte de la maladie, où l'on nous montre comment celle-ci s'est déclenchée chez lui, à une époque où cette dernière était clairement inconnue du grand public. La seconde est celle de l'acceptation, à savoir comment notre héros va apprendre à vivre avec, dans les bons et dans les mauvais moments. Et la dernière, qui est probablement la plus impactante du film, dédiée à la passation d'expérience de notre héros, ce dernier ayant bataillé le reste de sa vie pour informer au maximum le monde de sa maladie. Et globalement, ce qui ressort de cette histoire tient en deux points : de l'information et de l'émotion. D'un côté, tout le film est construit autour de ce principe de nous faire comprendre les problématiques liées à ce syndrome, c'est clairement l'objectif affiché. Et en ce sens, je trouve que le long-métrage est très efficace, car il ne trahit rien de la réalité. Ce qui est intéressant dans le cas de John Davidson, c'est qu'il était un adolescent tout à fait normal, on commence donc le film en découvrant une routine parfaitement naturelle pour quelqu'un de son âge. Un rythme assez maîtrisé se crée, ce dernier étant correctement brisé par l'arrivée des premiers symptômes. L'histoire se montre donc assez maline, en montrant cette longue descente aux enfers, et en nous montrant bien tout ce qui a dû être sacrifié à cause de cela. Que ce soit le harcèlement, le regard des gens, l'incompréhension, etc... le long-métrage réussit à nous faire comprendre tout ce que cette maladie peut renvoyer, il est très complet dans son approche. Et donc, de l'autre côté, comme je l'ai dit plutôt, ce rythme et cette honnêteté réussissent très logiquement à créer une émotion sincère. Forcément, quand on voit le sujet, on peut facilement s'attendre à un film larmoyant qui va forcer les larmes. Pourtant, ce n'est jamais le cas, les émotions venant naturellement à nous. Cela se créait déjà par l'interprétation exceptionnelle de Robert Aramayo, qui montre une vraie compréhension de cette maladie par son jeu. On sent que son approche est toujours crédible, il donne beaucoup de poids à son personnage. Mais également, l'émotion s'amène évidemment par le message du film, celui dont je parlais tout à l'heure. Le projet est clairement là pour nous informer, pour être très complet sur ce que le syndrome de Gilles de La Tourette implique. Alors, au-delà de montrer et de raconter, il choisit également de nous faire rire avec ce dernier, ou bien d'aller dans l'ultra réaliste à la toute fin de son récit, pour nous parler des avancées scientifiques récentes autour de cela. Et franchement, par cette variété de propositions dans l'écriture, je trouve que le film est une porte ouverte absolument parfaite pour comprendre ce qu'est réellement ce syndrome. En étant porté par d'aussi bons acteurs, par un rythme toujours bien découpé et par un scénario qui choisit la crédibilité avant tout, ce long-métrage se classe clairement parmi les projets les plus honnêtes que j'ai vus dernièrement. Il dégage une sensation extrêmement particulière et il saura vous faire ressentir ces émotions si vous acceptez de vous laisser porter. Pour moi, c'est une œuvre importante, et qui mérite totalement d'être reconnue. Pour conclure, un grand film.