Un film nécessaire qui éclaire sur le syndrome de Tourette. Nous sommes loin des fantasmes et des préjugés, mais dans le vrai. On ne juge pas, on montre l’intime. Ici, pas d’effet, mais une volonté claire, montrer sans détour une trajectoire humaine, digne, et profondément actuelle.
Plus fort que moi de Kirk Jones s’impose comme un biopic sobre et frontal. Inspiré de l’histoire vraie de John Davidson, le film retrace un parcours marqué par l’incompréhension des années 80, où le syndrome de Gilles de la Tourette reste largement méconnu. Très vite, les troubles marginalisent cet adolescent à l’école comme dans la société. Les tics, les paroles incontrôlées, les réactions nerveuses, tout ce qui relève d’un trouble neurologique complexe est perçu comme de la provocation ou d’un comportement volontaire. C’est là que le film trouve sa force, dans cette manière de montrer combien l’ignorance peut fabriquer de la peur, du rejet, et un isolement brutal.
Le long métrage ne cherche jamais l’effet spectaculaire. Il préfère observer, au plus près, les conséquences concrètes d’une pathologie peu comprise à l’époque. La mise en scène reste proche du réel, et le cadre social des années 80 donne encore plus de poids à cette solitude. Le regard n’est jamais condescendant. Il accompagne un être humain pris dans une lutte quotidienne pour exister autrement que par ses symptômes.
Robert Aramayo incarne ce combat avec une rigueur rare, une véritable performance d'acteur. Tourné à Glasgow et Bo’ness en Écosse, le film ancre son récit dans un réalisme précis, allant jusqu’à reproduire certaines scènes documentaires visibles pendant le générique de fin. L'acteur principal, nourri par trois mois de préparation aux côtés du véritable John Davidson; arrive à incarner avec justesse les angoisses, les troubles anxieux et la peur des TOC. Essayer sans cesse d'être dans le contrôle revient à retenir durant une journée un éternuement : à la fin ça explose !
Au-delà du portrait individuel, le film montre aussi comment la compréhension et la pédagogie peuvent devenir des armes contre l’isolement. C’est ce qui lui donne une portée actuelle. Derrière le biopic, il y a un film humain, utile, et profondément incarné.