Berlinguer, la grande ambition
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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 octobre 2025
Ceux qui l'ont vu n'ont pas oublié La petite Venise, le magnifique premier film de fiction d'Andrea Segre. Mais le cinéaste italien a principalement œuvré dans le registre du documentaire et Berlinguer, la grande ambition, se trouve à la confluence des deux formes. Le film a clairement une volonté didactique, dressant le portrait du grand homme du Parti communiste italien et, partant, de son pays, en plein tumulte, entre 1973 et 1978. L'homme politique sarde s'affirme alors comme un communiste démocrate, prenant ses distances avec l'URSS, et tentant un rapprochement historique avec la Démocratie chrétienne, discréditée par des années de pouvoir, dans le contexte des attentats perpétrés par les Brigades rouges. Le long métrage joue habilement entre la reconstitution minutieuse, avec de célèbres personnalités incarnées (Moro, Andreotti, Brejnev), et un choix d'archives qui montrent une Italie traversée par la crise, l'instabilité et la violence. Elio Germano interprète à la perfection et avec une grande sobriété le charisme tranquille et populaire de ce leader dans ses sphères intime et publique, dont la lucidité, la fidélité à ses idées et la probité pourraient servir d'exemple à la classe politique actuelle, en France et ailleurs, à gauche, au centre et à droite. Pas étonnant qu'aujourd'hui encore, Berlinguer reste une figure historique vénérée par une grande partie du peuple italien.
norman06

425 abonnés 1 822 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 octobre 2025
Un biopic intéressant sur une personnalité italienne trop méconnue en France. Le parallèle avec l'actualité politique de notre pays est vertigineux et Elio Germano est excellent. Le film est cependant trop long et illustratif, loin de la force de certains métrages réalisés naguère par Rosi ou Bellocchio.
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 359 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 août 2025
Documenté, mais trop didactique, SEGRE offre un portrait fort et assez émouvant d'un homme politique convaincu de convaincre, mais dans sa forme, se perd dans un film fleuve trop scolaire, et pas assez émotionnel
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 octobre 2025
"On oppose souvent la lutte des petites ambitions, liées aux intérêts personnels, à la grande ambition, indissociable du bien collectif". Cette affirmation d'Antonio Gramsci, membre fondateur du Parti Communiste italien, apparait au tout début du film consacré par Andrea Segre à Enrico Berlinguer, autre grand dirigeant de ce parti dont il fut le secrétaire général de 1972 jusqu'à sa mort en 1984. La grande ambition de Berlinguer, c'était d'installer le socialisme au pouvoir dans son pays par la voie démocratique. Une ambition très mal perçue par les 2 grandes puissances de l'époque, les Etats-Unis et l'URSS , pour des raisons certes différentes mais ayant quand même un point commun : la peur que, en cas de réussite de la grande ambition de Berlinguer, cela fasse tache d'huile un peu partout dans le monde. Le film, concentré sur les années 1973 à 1978, commence d'ailleurs par ce qui s'est passé en 1973 dans un pays, le Chili, où le socialisme était arrivé au pouvoir par les urnes en 1970 et où les Etats-Unis ont fait en sorte que l'expérience tourne court en installant Pinochet au pouvoir par la force. Il se poursuit par l'attentat organisé à Sofia par les services secrets bulgares et dont Berlinguer sortira vivant. Le film retrace la vie politique et familiale de Berlinguer durant ces 5 années pendant lesquelles il a cherché à faire émerger un "compromis historique" avec la Démocratie Chrétienne, l'autre grand parti italien de l'époque, un parti qui avait à sa tête 2 personnalités très différentes, Aldo Moro et Giulo Andreotti. Cela a failli aboutir mais, en 1978, l'assassinat d'Aldo Moro par les Brigades Rouges a anéanti les rêves d'Enrico Berlinguer. Avec beaucoup de justesse, l'ancien documentariste Andrea Segre s'introduit dans la famille de Berlinguer et nous montre que ses propres enfants, comme beaucoup de jeunes italien, n'étaient pas entièrement en phase avec le compromis recherché par leur père, craignant que le compromis se transforme en compromission. On s'amuse (ou, plutôt, on rit jaune !) en constatant que certaines situations de cette Italie des années 70 sont très proches de ce qu'on vit en France actuellement. En constatant aussi qu'il y a 50 ans on prédisait que le capitalisme était mort ou sur le point de l'être ! Dans ce film passionnant et très instructif, le grand comédien Elio Germano campe à la perfection Enrico Berlinguer.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 octobre 2025
La tradition du film politique italien est entrée dans l'histoire du cinéma transalpin par la grande porte, avec le maître incontesté du genre que fût Francesco Rosi.

Sorte d'héritiers de ce courant qui donna des films formidables, Marco Bellochio ( " Buengiorno notte" 2004 ou "Esterno notte " 2022) ou Paolo Sorrentino (" El divo " 2008) ont su perpétuer l'héritage.

Malheureusement pour intéressant que soit par moment, ce " Berlinguer" qui évoque la figure bien connue en son temps ( années 1970/1980) du secrétaire général du très puissant PC Italien, cet opus de Andrea Segre ( il vient du documentaire) est (à mes yeux ) décevant.

Berlinguer voulut affranchir son parti de l'influence de Moscou et prendre le pouvoir en Italie de façon démocratique.

Sa trajectoire croisa de façon tragique celle d'Aldo Moro figure majeure de la Démocratie Chrétienne.

Le problème vient (selon moi ) d'un scénario qui ne parvient que dans de rares instants à prendre du relief.

Reposant essentiellement sur des dialogues souvent redondants, superficiels, qui ne parviennent pas à éclairer en profondeur la personnalité de Berlinguer, " la grande ambition" m'a déçu.

Il reste le sujet, jusqu'ici non traité, qui éclaire un temps aujourd'hui révolu, d'accord ! Est-ce suffisant ? Selon moi, c'est non.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 octobre 2025
Ai vu « Berlinguer, la grande ambition » du réalisateur italien Andrea Segre. Ce film a obtenu un triomphe retentissant en Italie. Si l’on ne connait pas grand chose sur le Parti Communiste, l’histoire de l’Italie dans les années 70 et rien du tout sur le secrétaire du Parti Communiste Italien Enrico Berlinguer (Elio Germano) , il n’est pas facile d’entrer dans le film qui s’adresse avant tout à un public italien. Le film mélange la fiction et les images d’archives de façon attendue et convenue. Nous nous retrouvons devant un cours d’histoire qui aurait commencé bien avant d’être entré dans la salle. C’est dans les scènes intimistes et particulièrement les confrontations entre l’homme politique et ses enfants-adolescents que le film m’a le plus intéressé. Cinématographiquement il y manque une verve, des envolées lyriques à la Marco Bellocchio pour faire de « Berlinguer » une oeuvre personnelle et plus universelle. Je comprends que des italiens revivent des moments intenses et essentiels devant ce film principalement illustratif dont l’émotion est toujours tenue à distance. Un documentaire m’aurai probablement plus passionné.
Paris10
Paris10

96 abonnés 22 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 octobre 2025
Elio Germano habite un rôle avec une retenue impressionnante : on voit moins un acteur qui imite qu'un homme traversé par ses convictions. On ressort avec le sentiment d'avoir découvert une figure qui voulait vraiment faire de la "politique autrement" mais confronté à des contraintes énormes. Grand portrait d'un Homme que les italiens ont adoré et pleuré lors de sa disparition.
APerfectWorld
APerfectWorld

4 abonnés 13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 octobre 2025
Vu en avant-première hier.
Un brillant film politique, aux accents de thrillers typiques du cinéma italien des années 70, sur un homme peu connu en France mais importantissime en Italie et en Europe.
Porté par un Elio Germano impérial, le combat de Berlinguer pour faire avancer la démocratie et améliorer la vie des gens résonne d'autant plus fort aujourd'hui, à l'aune d'une vie politique engoncée par les petits calculs médiocres, il est temps que les idées reviennent sur le devant de la scène.
Un film qui redonne espoir au peuple de gauche, et vue la période, ça ne peut pas faire de mal.
dejihem
dejihem

155 abonnés 709 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 octobre 2025
Curieux film politique qui ne comporte aucun débat au sein du PCI. Je soupçonne la PM italienne d’aujourd’hui et sa politique d’effacement de la culture pour édulcorer la teneur du film.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 octobre 2025
Le biopic d’un responsable politique puissant, Enrico Berlinguer qui a dirigé le parti communiste italien entre 1972 et 1984. Sans grand éclat, le film retrace l’immense popularité et talent de cet homme qui autant résisté à la mafia, la corruption, qu’à l’empire soviétique. C’est un peu sage, long, et sans plus d’intérêt que restituer une période politique passée.
Gainsbarough
Gainsbarough

4 abonnés 14 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 octobre 2025
J’ai eu la chance de découvrir Berlinguer, la Grande Ambition hier soir en avant-première au MK2 Odéon, et c’est une expérience que je n’oublierai pas. Le film tisse un dialogue bouleversant entre les archives et la fiction, ouvrant un espace poétique d’une beauté rare. Ce travail sur la mémoire, tout en finesse et en émotion, donne au film une dimension presque lyrique, sans jamais perdre la rigueur du regard politique.

Elio Germano y est absolument magistral — son César italien est amplement mérité. Il habite le rôle avec une intensité contenue, d’une humanité désarmante. On comprend aisément pourquoi le film a connu un immense succès en Italie : il parle à la fois au cœur et à la conscience, et redonne toute sa puissance à la figure d’Enrico Berlinguer.

Un grand moment de cinéma, à la croisée du souvenir, de la pensée et de l’émotion. Une nostalgie rare.
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 octobre 2025
Enrico Berlinguer a dirigé le Parti communiste italien de 1972 à sa mort en 1984. Ce biopic d’Andrea Segre (L’Ordre des choses, La Petite Venise) se concentre sur les années 1973-1978. Au début : le voyage piégeux de Berlinguer en Bulgarie où il manque d’être assassiné par les sicaires de Todor Jivkov. À la fin : l’assassinat sordide d’Aldo Moro, le chef de la Démocratie chrétienne par les Brigades rouges. Entre ces deux dates, un double mouvement : Berlinguer s’emploie à s’affranchir de la tutelle de l’URSS et à conclure avec la Démocratie chrétienne, dont le début du déclin lui avait fait perdre sa majorité à la Chambre, un « compromis historique ».

Andrea Segre a ressuscité une figure oubliée de la politique italienne, celle du secrétaire général du Parti communiste à l’époque où celui-ci était le plus puissant d’Europe occidentale, au point d’arriver aux portes du pouvoir, au grand dam des Américains. N’oublions pas qu’en France, à la même époque, Georges Marchais signait avec François Mitterrand le Programme commun qui permit la victoire du leader socialiste aux élections présidentielles de 1981… ce qui marqua le début de l’inexorable déclin du PC qui quitta le Gouvernement dès 1984.

Ce biopic a remporté un succès étonnant en Italie où il est sorti l’an dernier. Il a valu à Elio Germano ("Suburra", "Alaska", "America Latina"…) le Donatello mérité du meilleur acteur, pour son interprétation habitée.

"Berlinguer" est un film d’atmosphère et de sensation. Les décors, les maquillages nous font profondément ressentir les situations : les couloirs immenses du Kremlin et la corpulence taurine de Brejnev écrasent le frêle Berlinguer, les airs de chattemite d’Andreotti laissent augurer les compromissions dans lesquelles le PCI risque de se laisser entraîner….

Hélas, pour un film sur la politique, "Berlinguer" en parle peu. Il nous la montre ; il nous la fait ressentir à travers les effets palpables que l’engagement politique a sur l’homme Berlinguer (à l’instar du documentaire consacré à Laurent Berger sorti la semaine d’après le Dernier Compromis). Mais il échoue à nous faire comprendre, dans toutes ses subtilités, les enjeux de « l’eurocommunisme ».
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 octobre 2025
Formidable leçon d’histoire que ce « Berlinguer la Grande Ambition » de Andréa Segre qui nous replonge dans les années 70. Ce n'est pas à proprement parler un biopic. Dans un pays, l'Italie, à la longue tradition de cinéma politique, le film d'Andrea Segre fait bande à part. Jouant tout à la fois sur la fiction et sur de très présentes images d'archives, ce réalisateur venu entre autres du documentaire, réussit avec talent à conjuguer l'esquisse d'un homme politique parmi les plus populaires d'Italie et la description fine, presque chirurgicale et diablement passionnante, d'une stratégie politique, celle de la voie démocratique de « l’eurocommunisme » contre Moscou, celle de la recherche d’un « compromis historique » avec la démocratie chrétienne...Le film, concentré sur les années 1973 à 1978, commence d'ailleurs par ce qui s'est passé en 1973 dans un pays, le Chili, où le socialisme était arrivé au pouvoir par les urnes en 1970 et où les Etats-Unis ont fait en sorte que l'expérience tourne court en installant Pinochet au pouvoir par la force. Il se poursuit par l'attentat organisé à Sofia par les services secrets bulgares et dont Berlinguer sortira vivant. Il se terminera par l’enlèvement puis l’assassinat d’Aldo Moro par les Brigades Rouges...qui a anéanti les rêves d’Enrico Berlinguer... Le film retrace la vie politique et familiale de Berlinguer durant ces 5 années... Avec beaucoup de justesse, Andrea Segre s'introduit dans la famille de Berlinguer, mari attentionné, père dévoué, et nous montre que ses propres enfants, comme beaucoup de jeunes italiens, n'étaient pas entièrement en phase avec le compromis recherché par leur père, craignant que le compromis se transforme en compromission... on constatera en passant que certaines situations de cette Italie des années 70 sont très proches de ce qu'on vit en France actuellement !! Elio Germano, qui a obtenu un Donatello, César italien, pour sa prestation, interprète à la perfection et avec une grande sobriété le charisme tranquille et populaire de ce leader dans ses sphères intime et publique, dont la lucidité, la fidélité à ses idées et la probité pourraient servir d'exemple à la classe politique actuelle...de nos jours encore, Berlinguer reste une figure historique vénérée par une grande partie du peuple italien..
Chatcaliban
Chatcaliban

47 abonnés 121 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2025
Superbe plongée dans les années 70 italiennes qui paraissent si loin. Un portrait d’un homme attachant et sincère qui en France était apprécié pour son indépendance. Le contraire de nos stals locaux. Le biopic fonctionne bien et évite le patos. Des acteurs parfaits qui croient à leur rôle. Un vrai beau moment passé avec une figure marquante de l’Italie de la fin du siècle dernier. À voir si on aime l’Italie.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 octobre 2025
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On pensait connaître cette histoire. On la découvre épuisée. *Berlinguer* n’a rien d’un mythe : Segre montre les failles, les regards fuyants, la lassitude. La politique, ici, n’a plus de drapeau : seulement des hommes qui tiennent debout. Elio Germano use d’une intériorité presque douloureuse ; sa voix se brise, parfois. La photographie d’Andrea Cavazzuti accentue le gris, gomme le rouge. Tout semble usé : les idéaux, les amitiés, la foi. Et pourtant, c’est beau. Cette beauté vient du refus du spectaculaire. Segre cadre l’échec avec élégance, presque tendresse. Moi, j’ai ressenti la fatigue du siècle, la tristesse de ceux qui ont voulu trop croire. Quand Berlinguer prononce son dernier discours, les mots semblent s’effacer en même temps qu’ils naissent. Fin d’un rêve, fin d’un monde. Ma note : 12 / 20.

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