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Jojo le héros
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4,0
Publiée le 16 avril 2026
Il y a peu de films politiques, historiques, réalistes, pédagogiques, et qui se regardent comme un polar. On en apprend beaucoup d’autant plus si on a vécu les événements. Une réussite.
A travers le portrait sur plusieurs décennies d'un dirigeant communiste, le récit peint la situation sociale, économique, politique d'une Italie fracturée, en proie aux violences, aux conflits, aux difficultés. Présentant un homme convaincu par son combat, sincère dans son engagement, déterminé à améliorer la situation, l'intrigue n'en montre pas moins la réalité de la tyrannie moscovite ni les compromis(sions) nécessaires pour accéder au pouvoir afin de tenter d'appliquer ses promesses. Quoi que classique la dynamique narration atteint l'équilibre entre étude de moeurs et documentaire historique (avec insertion d'images d'archives) pour établir un constat désabusé sur les utopies idéologiques. Désabusé.
Saint-Enrico, priez pour moi ! Ce film couvre les dix dernières années de la vie d’Enrico Berlinguer, le secrétaire général du parti communiste italien, le plus puissant du monde occidental. Dix années cruciales marquées par la fin des Trente glorieuses, les années de plomb et la recherche d’un (nouveau) compromis historique avec la Démocratie chrétienne. Autant le dire d’entrée, ce biopic académique et téléfilmesque ne présente aucun intérêt esthétique ou cinématographique, hormis les quelques images d’archives qui le parsèment. Son seul intérêt est politique dans la mesure où il se veut une défense orthodoxe de la ligne eurocommuniste promue par un Berlinguer présenté, qui plus est, comme une sorte de saint laïque, dévoué à la cause des travailleurs, démocrate et, de surcroît, mari aimant et bon père de famille. Pour ce faire, ce film fait preuve d’une malhonnêteté à peu près totale en occultant les aspects les plus gênants, du point de vue de l’émancipation des travailleurs, de la politique du PCI à l’époque. Et notamment sa collusion avec la DC, non pour sauver la démocratie des méchants (fascistes, gauchistes, otaniens, moscoutaires, etc.), mais pour constituer un barrage à la vague la plus puissante de luttes prolétariennes qu’un pays occidental ait connue dans ce véritable Ventennio rouge qui dura de 1960 à 1980. L’Italie en effet est marquée pendant cette période par une combativité ouvrière qui va faire éclater le mensonge du compromis historique déjà existant depuis 1945 entre les deux mastodontes de la vie politique de la péninsule. Un compromis qui s’appuyait sur deux réalités : l’acceptation du PC comme force d’encadrement dans les régions rouges, les municipalités et les usines contre son renoncement au pouvoir central `-- acté par le désarmement des partisans après la chute du fascisme -- laissé au monopole de la DC. Le surgissement d’un mouvement ouvrier radical contestant le PCI sur sa gauche va déstabiliser ce pacte et forcer les deux partis à imaginer un deuxième compromis afin de constituer une digue contre la contestation et entamer la restructuration du capitalisme italien que le retour des crises exigeait. Participant à la répression de la gauche ouvrière, le PCI va contribuer à l’écrasement du mouvement social dans les usines. Plus tard, après le chant du cygne des élections européennes de 1984, marquées par le surpasso sans lendemain, la mort du bloc de l’Est et les mutations sociologiques de la société italienne auront finalement raison du vieux parti, qui se transformera en parti démocrate à l’américaine dans les années 1990. Au vu de tous ces éléments, loin de l’hagiographie que constitue ce film, c’est une tout autre image de Berlinguer qui se dessine : celle d’un bureaucrate, certes intelligent — il comprend notamment la nécessité de rompre avec un stalinisme désuet — mais cynique dans sa volonté de sauver un appareil bureaucratique intégré au système devenu hostile ou au moins étranger à ceux qu’il prétendait défendre. Bref ce film est in fine bien plus intéressant par ce qu’il ne montre pas que par ce qu’il montre.
De Andrea Segre (2025). un film ambitieux retraçant avec justesse la vie d'un grand dirigeant du parti communiste italien qui n'a cessé de vouloir se séparer de la tutelle de Moscou. D'une grande sobriété et d'une grande justesse historique , le film est construit tel un thriller politique édifiant et didactique . Porté par la prestation magistrale d'Elio Germano. Avec aussi Stefano Abbati, Francesco Acquaroli.
J’avais fait la connaissance de l’italien Andrea Segre en 2012 – ça ne date pas d’hier -, avec un très beau film, La petite Venise. Avec ces nouvelles 122 minutes, il fait dans le biopic pur et dur mais néanmoins de grande qualité. Italie 1975. Enrico Berlinguer, chef du plus puissant parti communiste d’Occident, défie Moscou et rêve d’une démocratie nouvelle. Entre compromis historique et menaces venues de l’Est, le destin d’un leader prêt à tout risquer pour ses idéaux. Classique de chez classique dans la forme, cette page d’histoire contemporaine se révèle passionnante car relativement méconnue en France. A voir pour l’intérêt du sujet et la prestation +++ de l’acteur principal. Afin de restituer le plus fidèlement possible les pensées et les paroles d’Enrico Berlinguer, le cinéaste a mené un long travail de recherches avec son co-scénariste. Ils ont ainsi consulté de nombreuses biographies, d’entretiens avec ses enfants, avec des membres de sa famille et des camarades du Parti Communiste. Ils vont ainsi nous expliquer pourquoi, Berlinguer a tutoyé les cimes du pouvoir sans toutefois les conquérir pleinement. On découvre ainsi une figure politique dont la stature morale semble s’élever au-dessus de l’agitation partisane ordinaire. – Et ça fait du bien -. Ce n’est ni un tribun incandescent ni un stratège flamboyant : il est la probité personnifiée, l’austérité faite chair, un homme de silences, de regards pesés, de convictions murmurées. En refusant l’épique, ce biopic convoque la mélancolie de ce qui aurait pu être et provoque une réflexion spéculative — et salutaire — sur l’histoire en pointillés : que serait-il advenu si ce communisme républicain, indépendant de Moscou, avait accédé au pouvoir par les urnes ? Si la fameuse « voie italienne » avait fleuri au-delà des discours ? Elio Germano - Donatello (l’équivalent italien des César) du meilleur acteur. Au passage, il s’agit de sa cinquième récompense dans cette catégorie -, habite totalement le personnage du leader charismatique italien. Il compose avec une rigueur extrême un personnage d’une rectitude sans faille, sans jamais pourtant tomber dans l’hagiographie compassée. Autour de lui on note les présences talentueuses de Roberto Citran, Stefano Abbati, Francesco Acquaroli… Peut-être un peu trop elliptique pour les jeunes générations,ce film rappelle qu’un homme droit, dans un siècle tortueux, peut encore susciter l’admiration — sans emphase, sans bruit, sans fracas. C’est cette grandeur tranquille, presque impensable dans notre époque de cynisme tapageur. A bon entendeur, salut !
Une occasion manquée Comment se réclamer de gauche et ne pas connaitre cette figure emblématique transalpine des 70’s ? C’était mon cas, et la première vertu de ce film est de combler cette lacune. Dans les 70’s, Enrico Berlinguer, premier secrétaire du Parti Communiste Italien, a pour ambition politique de créer un mouvement capable de conjuguer socialisme et démocratie. Pour cela, il doit prendre ses distances avec l’URSS, composer avec les Brigades Rouges ; et même se démarquer du modèle libéral des . Il ne faut pas oublier que l’on est en pleine guerre froide entre Est et Ouest et que le Parti Communiste Français dirigé par Georges Marchais reçoit ses ordres directement de Moscou. Berlinguer a donc cette ambition, folle pour l’époque, de trouver une troisième voie entre capitalisme occidental et communisme soviétique totalitaire. A l’époque, il représente 30% des voix, il est un poids politique pour peser sur la vie politique italienne et il s’en sert pour arriver à ses fins. Dans cette période trouble en France où la guerre partisane empêche les partis de trouver des compromis et où un président part en prison ; ce film nous présente un homme politique indépendant, honnête dont les idées sont toujours guidées par l’intérêt général. Ce film redonne foi en la politique et en l’engagement. Cet engagement total passe par le sacrifice de sa famille, sa sécurité et son intimité car la cause qu’il défend est supérieur. Dans un monde où souvent chacun défend ses intérêts personnels ou partisans ; suivre un homme qui voit grand, çà fait beaucoup de bien et devrait donner l’exemple. Articuler entre images d’archives et de fiction de manière fluide, le film se termine par les images des obsèques de Berlinguer qui réunirent million de personnes à Rome ; dire que l’homme était inspirant.
Très dommage. C'est un morceau d'histoire politique qu'on peut mal connaître lorsqu'on est comme moi né après ce moment des années 1970. L'acteur principal est très bon, charismatique et fin. Mais le réalisateur n'a pas choisi entre le film et le documentaire, ce qui donne un résultat très lent et indigeste. Avec un peu plus de mise en scène et de dialogue, quitte a s'écarter de moments rapportés ou de discours le film aurait pu faire oeuvre de plus de pédagogie et on aurait appris plus de choses. Ici le film est lent et semble être un enchaînement scolaire de discours et de faits rapporté. J'ai regardé ma montre toutes les dix minutes.
Berlinguer, La grande ambition se donne pour but de proposer un biopic panoramique de la carrière de cet homme politique italien, secrétaire général du Parti communiste et grand artisan du compromis historique avec la Démocratie chrétienne. Tout est bien fait, très éclairant, et mené avec suffisamment de rythme pour que l'on suive avec intérêt les atermoiements de la DC et les efforts de Berlinguer pour faire avancer son parti dans les urnes tout en prenant ses distances avec Moscou. Le problème, c'est que tout cela est par contre un brin scolaire et manque d'un véritable point de vue : le compromis historique n'est jamais considéré ici que comme une sorte de fin de l'histoire aux bénéfices incontestables - malgré l'évocation nécessaire de l'enlèvement de Moro - sans que le Berlsuconisme qui a suivi - par exemple - ne soit jamais convoqué pour une quelconque mise en perspective.
Superbe plongée dans les années 70 italiennes qui paraissent si loin. Un portrait d’un homme attachant et sincère qui en France était apprécié pour son indépendance. Le contraire de nos stals locaux. Le biopic fonctionne bien et évite le patos. Des acteurs parfaits qui croient à leur rôle. Un vrai beau moment passé avec une figure marquante de l’Italie de la fin du siècle dernier. À voir si on aime l’Italie.
Enrico Berlinguer a dirigé le Parti communiste italien de 1972 à sa mort en 1984. Ce biopic d’Andrea Segre (L’Ordre des choses, La Petite Venise) se concentre sur les années 1973-1978. Au début : le voyage piégeux de Berlinguer en Bulgarie où il manque d’être assassiné par les sicaires de Todor Jivkov. À la fin : l’assassinat sordide d’Aldo Moro, le chef de la Démocratie chrétienne par les Brigades rouges. Entre ces deux dates, un double mouvement : Berlinguer s’emploie à s’affranchir de la tutelle de l’URSS et à conclure avec la Démocratie chrétienne, dont le début du déclin lui avait fait perdre sa majorité à la Chambre, un « compromis historique ».
Andrea Segre a ressuscité une figure oubliée de la politique italienne, celle du secrétaire général du Parti communiste à l’époque où celui-ci était le plus puissant d’Europe occidentale, au point d’arriver aux portes du pouvoir, au grand dam des Américains. N’oublions pas qu’en France, à la même époque, Georges Marchais signait avec François Mitterrand le Programme commun qui permit la victoire du leader socialiste aux élections présidentielles de 1981… ce qui marqua le début de l’inexorable déclin du PC qui quitta le Gouvernement dès 1984.
Ce biopic a remporté un succès étonnant en Italie où il est sorti l’an dernier. Il a valu à Elio Germano ("Suburra", "Alaska", "America Latina"…) le Donatello mérité du meilleur acteur, pour son interprétation habitée.
"Berlinguer" est un film d’atmosphère et de sensation. Les décors, les maquillages nous font profondément ressentir les situations : les couloirs immenses du Kremlin et la corpulence taurine de Brejnev écrasent le frêle Berlinguer, les airs de chattemite d’Andreotti laissent augurer les compromissions dans lesquelles le PCI risque de se laisser entraîner….
Hélas, pour un film sur la politique, "Berlinguer" en parle peu. Il nous la montre ; il nous la fait ressentir à travers les effets palpables que l’engagement politique a sur l’homme Berlinguer (à l’instar du documentaire consacré à Laurent Berger sorti la semaine d’après le Dernier Compromis). Mais il échoue à nous faire comprendre, dans toutes ses subtilités, les enjeux de « l’eurocommunisme ».
Le biopic d’un responsable politique puissant, Enrico Berlinguer qui a dirigé le parti communiste italien entre 1972 et 1984. Sans grand éclat, le film retrace l’immense popularité et talent de cet homme qui autant résisté à la mafia, la corruption, qu’à l’empire soviétique. C’est un peu sage, long, et sans plus d’intérêt que restituer une période politique passée.
Ce film m'a énormément intéressé et ému. On y voit le cheminement d'un homme politique humaniste et droit comme on n'en fait plus. Les épisodes politiques alternent avec des moments en famille. J'ai beaucoup appris sur un épisode important de la vie politique du 'bel paese', et aussi beaucoup apprécié les aspects de la vie personnelle du héros du film. Mon attention n'est jamais retombée et ces deux heures ont passé très vite. On était vraiment dedans !
Un film plutôt réservé à ceux qui s'intéresse aux années 70 et à la politique. Un reconstitution tout à fait crédible. Le prix du meilleur acteur pour Elio Germano est tout à fait mérité.
Très intéressante plongée dans l'Italie des années 70 quand les attentats et la violence politique n'était pas exempte d'espoir pour les classes populaires. Si je regrette éventuellement le rythme un peu lent —habitués que nous sommes aux séries et aux films US ultra-speedés— je suis sorti de séance ému par ce biopic qui permet de mesurer à quel point la situation politique en Italie a pu changer. Comment ne pas voir une analogie avec notre propre situation contemporaine ?
Formidable leçon d’histoire que ce « Berlinguer la Grande Ambition » de Andréa Segre qui nous replonge dans les années 70. Ce n'est pas à proprement parler un biopic. Dans un pays, l'Italie, à la longue tradition de cinéma politique, le film d'Andrea Segre fait bande à part. Jouant tout à la fois sur la fiction et sur de très présentes images d'archives, ce réalisateur venu entre autres du documentaire, réussit avec talent à conjuguer l'esquisse d'un homme politique parmi les plus populaires d'Italie et la description fine, presque chirurgicale et diablement passionnante, d'une stratégie politique, celle de la voie démocratique de « l’eurocommunisme » contre Moscou, celle de la recherche d’un « compromis historique » avec la démocratie chrétienne...Le film, concentré sur les années 1973 à 1978, commence d'ailleurs par ce qui s'est passé en 1973 dans un pays, le Chili, où le socialisme était arrivé au pouvoir par les urnes en 1970 et où les Etats-Unis ont fait en sorte que l'expérience tourne court en installant Pinochet au pouvoir par la force. Il se poursuit par l'attentat organisé à Sofia par les services secrets bulgares et dont Berlinguer sortira vivant. Il se terminera par l’enlèvement puis l’assassinat d’Aldo Moro par les Brigades Rouges...qui a anéanti les rêves d’Enrico Berlinguer... Le film retrace la vie politique et familiale de Berlinguer durant ces 5 années... Avec beaucoup de justesse, Andrea Segre s'introduit dans la famille de Berlinguer, mari attentionné, père dévoué, et nous montre que ses propres enfants, comme beaucoup de jeunes italiens, n'étaient pas entièrement en phase avec le compromis recherché par leur père, craignant que le compromis se transforme en compromission... on constatera en passant que certaines situations de cette Italie des années 70 sont très proches de ce qu'on vit en France actuellement !! Elio Germano, qui a obtenu un Donatello, César italien, pour sa prestation, interprète à la perfection et avec une grande sobriété le charisme tranquille et populaire de ce leader dans ses sphères intime et publique, dont la lucidité, la fidélité à ses idées et la probité pourraient servir d'exemple à la classe politique actuelle...de nos jours encore, Berlinguer reste une figure historique vénérée par une grande partie du peuple italien..