Le film fait partie de la sélection Cannes Classics 2025.
Diane Kurys avait lu l’autobiographie de Simone Signoret en 1976, un an avant la réalisation de Diabolo Menthe. Ayant toujours eu une fascination pour cette actrice, elle a écrit le scénario pendant 5 ans avec Martine Moriconi, qui avait déjà collaboré avec elle sur Sagan. Ensemble, elles ont regardé et lu toutes les interviews du couple Montand/Signoret et on revu leurs films.
La première scène d’ouverture est une mise en abyme, dans laquelle le spectateur peut voir les acteurs se mettre dans la peau de leurs personnages. Un choix délibéré de la part de Diane Kurys, comme elle l’explique :
"Je n’ai pas cherché à raconter ‘le vrai’, au sens de la 'reconstitution exacte'. Le biopic est un genre que j’ai aimé quand j’ai réalisé Sagan. Je voulais que Sylvie Testud soit Françoise Sagan jusque dans ses moindres gestes ; sa façon de fumer, de parler, d’écrire. Cette fois, mon envie était différente. Parce que le film raconte avant tout une histoire d’amour. Une histoire universelle. Je ne voulais pas de mimétisme, ni dans les visages ni dans les corps. "
Le film s’attache aux douze dernières années de la vie du couple Montand/Signoret, ce qui n'était pas le cas au départ, puisque la première version du scénario était plus chronologique autour de la vie de la comédienne, et traitait également de l’adultère d’Yves Montand avec Marilyn Monroe. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Marina Foïs a dans un premier temps refusé le rôle, puisqu’elle ne se voyait pas camper l'actrice au temps de sa "beauté absolue". Elle s’est laissé convaincre quand le nouveau script a laissé plus de place à Roschdy Zem et qu’il se concentre sur les dernières années.
C’est Marina Foïs qui a suggéré à Diane Kurys de rencontrer Roschdy Zem pour le rôle d’Yves Montand. Les deux acteurs, très amis dans la vie, avaient déjà partagé l’affiche trois fois ensemble, dans Le Raid (2001), Happy Few (2010) et Bodybuilder (2014).
Le film a été tourné Place Dauphine, où se trouvait l’appartement de Simone Signoret et Yves Montand, ainsi que sur le quai des Orfèvres. Le restaurant Paul, le café Fleurus et chez Prunier, ont également servi de décors. Par ailleurs, Diane Kurys a également posé sa caméra à la Colombe d’Or à Saint-Paul-de-Vence, où le couple avait ses habitudes.
Diane Kurys a fait appel à une partie de l’équipe de Diabolo Menthe, son tout premier film, à commencer par le chef opérateur Philippe Rousselot.
Diane Kurys a choisi Philippe Sarde pour signer la bande-originale de Moi qui t’aimais. Un acte symbolique car c’est lui qui a composé les musiques de tous les films que la réalisatrice évoque dans son film, dont La Vie devant soi. Le thème des Choses de la Vie, qui clôture le film, a été ré-enregistré avec l’orchestre de Paris.
Au départ, Marina Foïs avait un corps en mousse pour signifier le corps lourd et alcoolisé de Signoret à la fin de sa vie. Mais le rendu étant beaucoup trop "théâtral", la mousse a été remplacée par du silicone, pour un rendu plus souple. L’idée conductrice était plus d’évoquer Signoret et Montand que d'en faire une copie conforme. Ainsi, comme sa partenaire, Roschdy Zem n’a eu que peu recours à des prothèses.
Tahar Rahim, qui a campé récemment Charles Aznavour dans Monsieur Aznavour, a donné des conseils à Marina Foïs pour se fondre dans un personnage réel sans sombrer dans la caricature.
Quand Marina Foïs se sentait un peu trop bloquée par certaines scènes, notamment celles d’ébriété de Simone Signoret elle buvait deux gorgées de Prosecco dans sa loge pour sentir le goût de l’alcool dans sa bouche !