Anthony Marciano a choisi de raconter l'histoire de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana car il s'est toujours passionné pour les success story : "On n’imagine pas à quel point les grands empires reposent sur une succession d’échecs. Cette persévérance m’amuse, et ces gens-là, qui se lancent à corps perdu dans une aventure auxquels ils croient plus que tout, et qui y parviennent, me fascinent globalement. Encore plus lorsque cela concerne un ou une Française."
"À cela s’ajoute le fait que j’ai moi-même pratiqué le basket. En amateur bien-sûr, puisque je mesurais moins de 1m70. Mes rêves de NBA n’avaient donc aucune chance d’aboutir. Je me suis alors intéressé aux Français qui sont partis vivre ce rêve à l’étranger. Or, à chaque fois que je regardais une photo ou une interview de Nicolas Batum ou de Rudy Gobert, j’apercevais toujours ces deux gars derrière eux, toujours les mêmes", raconte le metteur en scène.
Le Rêve américain est le 6ème projet commun entre Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi après I Love Peru (2025), L'Amour ouf (2024), Pourquoi tu souris ? (2024), Coupez! (2022) et Fumer fait tousser (id.).
Même si l'histoire de Jérémy et Bouna est incroyable, financer Le Rêve américain n'a pas été facile : "Le problème n’est pas tant qu’il s’agisse de deux inconnus, parce qu’il y a toujours un appétit pour les histoires extraordinaires. Mais plutôt le côté fi lm de sport, qui amène un gros a priori, en tout cas en France. Mais on a eu la chance d’avoir des partenaires comme Gaumont, qui ont tout de suite vu l’histoire humaine au cœur de ce film, et qui ont été touché par cette amitié hors du commun, et la persévérance de ceux des hommes, qui rendent cette success story pas comme les autres", confie Margaux Marciano.
Pour écrire Le Rêve américain, Anthony Marciano s'est beaucoup documenté (presse, Internet, podcasts, etc.). Il se rappelle : "J’ai tout lu, écouté, regardé. J’ai croisé toutes les informations pour tenter de saisir leur parcours avec le plus de précision possible. Et c’est là que je me suis dit qu’il y avait un fi lm à faire. Il m’a très vite semblé qu’il y avait beaucoup plus à raconter qu’une simple success story. J’y ai vu aussi, et surtout, une grande histoire d’amitié. Deux hommes qui n’y seraient pas arrivés l’un sans l’autre. C’est ça le fondement du film."
N’arrivant pas à joindre Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, Anthony Marciano a écrit le scénario du Rêve américain sans eux. Mais une fois le scénario fini, le cinéaste voulait absolument leur faire lire : "Je leur ai envoyé une lettre, j’ai voulu prendre le même avion qu’eux. J’ai réussi à contacter des gens qui les connaissaient, et qui ont fini par me les présenter brièvement. Je leur ai donc transmis le scénario, et le lendemain, ils m’ont rappelé en me disant qu’ils avaient eu les larmes aux yeux en le lisant. Nous avons dîné ensemble le soir même. C’était pour moi une sensation incroyable, parce que j’ai mangé avec les personnages de mon film. C’était vraiment eux."
Même si le basket est peu présent à l’écran, Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard ont suivi trois mois d’entraînement intensif. Le but : que chaque mouvement, chaque regard, chaque posture soit crédible. Le premier précise : "C’est beaucoup pour peu de séquences, mais je trouve qu’on y croit plus. Après, mon rapport au basket, c’est que quand j’étais petit, on jouait au foot dans mon quartier, sauf l’été, où on en avait marre et on jouait au basket."
"Sachant que c’était au même moment, quand j’avais 13/14 ans, que Michael Jordan était partout. Même si tu étais à fond dans le foot, c’était normal de se réveiller à 2h du matin pour regarder les performances de Jordan. Ça me suit encore un peu aujourd’hui, où je suis les duels entre LeBron James et Stephen Curry."
Pour des raisons de budget et de logistique, aucune scène n’a été tournée aux USA. Les extérieurs ont été filmés au Canada, avec des partenaires locaux, et les intérieurs en France, avec une reconstitution précise des décors américains. La productrice Margaux Marciano se remémore : "Nous avions déjà fait des films avec des producteurs canadiens en qui nous avions vraiment confiance, Caramel Films. Cela a donc été assez naturel de retravailler avec eux."
"Il y avait un autre aspect important, à savoir les archives. Bouna et Jérémy nous ont permis d’embarquer la NBA avec nous. Ça a été un vrai partenariat, dans le sens d’une totale collaboration. Ils ont lu le scénario, on a identifié ce dont on avait besoin pour chaque passage, et ils nous ont fourni toute la matière souhaitée. Eux, ce qui les intéressaient, c’était de vérifier que sur le narratif des joueurs ou sur le déroulé des drafts, nous restions proche de la réalité."