Les adaptations cinématographiques du roman phare « Les misérables » (1862), écrit à 60 ans par Victor Hugo (1802-1885) sont nombreuses (plus d’une vingtaine, entre 1909 et 2012) et chacun se souvient de l’acteur qui a joué Jean Valjean : Harry Baur dans la version de Raymond Bernard (1934), Jean Gabin dans celle de Jean-Paul Le Chanois (1958), Lino Ventura dans celle de Robert Hossein (1982) et Jean-Paul Belmondo dans celle de Claude Lelouch (1995), pour ne citer que les films français. Même si une nième version doit sortir en 2026 (indispensable ?), il est plus intéressant (mais tout aussi « casse-gueule ») d’adapter une partie du roman, en l’occurrence, les 200 pages de la 1ère partie (= « Fantine »), correspondant au livre Ier (« Un juste ») et au livre II (« La chute »). Un peu oublié par rapport aux récits ultérieurs (les Thénardier, Gavroche sur les barricades, Javert), il s’agit des chapitres fondateurs du personnage de Jean Valjean (Grégory Gadebois, 49 ans), condamné à 19 ans de bagne (à Toulon) [5 ans pour avoir volé du pain (sous le Directoire) pour nourrir les 5 enfants de sa sœur, augmenté de 14 années pour tentatives d’évasion], ce qui le transforma en bête, méchante, pleine de rage et qui change (rédemption) après son hébergement (en décembre 1815, soit sous la 2e période de la Restauration, sous le règne de Louis XVIII) par l’évêque de Digne, Monseigneur Myriel (Bernard Campan, 67 ans). L’adaptation est académique (logique pour un monument de la littérature française) avec un travail sur la lumière, les paysages (tournage dans le Luberon), les décors et les costumes, ainsi que les acteurs, à leur place dans leur rôle Deux siècles plus tard, les sujets (rôle de l’église, importance de la réinsertion des détenus, réduction des inégalités, importance du quand-dira-t ’on), sont toujours d’actualité.