Nouvelle adaptation des « Misérables », par Eric Besnard qui est un grand admirateur de l’œuvre gigantesque de Victor Hugo. Cette dernière s’ attache surtout à la partie de la vie de Jean Valjean, une des plus intéressante sans doute, à savoir lorsqu’ au sortir du bagne, probablement deux rencontres vont « changer » cet homme devenu dur, violent, insensible envers toute la société, par la misère, la disette, l’ injustice, telle une « révélation ». Le réalisateur passe rapidement sur les circonstances du vol banal de la miche de pain, du contexte familial de faim et de froid ambiant, des bouches à nourrir, qui le conduiront au bagne. Condamné d’ abord pour 5 ans, vol et passé de braconnier, c’est au total 19 ans qu’il y passera, après 4 tentatives d’ évasions successives manquées. La photo est magnifique, notamment la mise en scène durant cette période de bagne et de travaux forcés. Enfermé de 27 à 46 ans, la caméra va s’ attacher à la première rencontre charitable avec l’ évêque Myriel surnommé « Bienvenu » interprété par Bernard Campan, qui va le recevoir, lui offrir couvert et un réalisateur nous propose ce qui peut se passer dans la tête de Jean Valjean, ne sachant qu’ exprimer violence, peut être tuer toute personne qui se présentera à lui, les voler et s’enfuir (?) Rien de cela, il va juste s’ enfuir en prélevant les couverts en argent. Le maître des lieux dira que les couverts lui avaient été donnés. Ensuite sa route va croiser celle d’ un petit ramoneur innocent et guilleret, qui laissera échapper sa pièce de 40 sous, que Jean Valjean confisquera. Pris de remords, la métamorphose du personnage va opérer de façon surnaturelle…. La mise en scène est extraordinaire de réalité tout comme l’ interprétation prodigieuse de Grégory Gadebois, qui a perdu une trentaine de kilos pour le rôle. Isabelle Carré, a souvent été associée à Bernard Campan, notamment dans « Se souvenir des belles choses » de Zabou Breitman, « La Dégustation » d'Ivan Calbérac et tout récemment dans « Les Rêveurs » encore ici impeccable. On retrouve par contre Alexandra Lamy dans un beau rôle de composition en servante Madame Magloire ! Un peu décontenancé par le jeu de Bernard Campan, limite de la dérision, sans doute à cause de son passé « Inconnus ». Une superbe réalisation Française, un rôle massif pour Grégory Gadebois…..!!**