"C'est pas les gens qui prennent la route, c'est la route qui les prend."
Le réalisateur de «Troll Hunter», «The Jane Doe Identity» et «Le Dernier voyage du Demeter» nous revient avec cette histoire de démon des routes.
Un film horrifique qui propose quelques bonnes idées en terme de mise en scène (spoiler: la séquence du parking et du cinéma notamment ) pour installer un minimum d'ambiance, malgré les jumpscares habituels. Mais cet aspect formel, plutôt maîtrisé, est trop souvent contre-balancé par une écriture tout ce qu'il y a de plus basique et attendue (notamment de par la caractérisation de ses personnages), jusqu'à se conclure en mode ultra-expéditif.
Bref, un film sympathico-oubliable, qui en dissuadera peut-être certains de s'arrêter en forêt en pleine nuit. 5,5/10.
Passenger est le genre de film qui rappelle qu'une bonne idée de départ vaut parfois davantage qu'une montagne d'effets numériques. André Øvredal ne réinvente pas l'horreur routière, mais il lui redonne une âme. Là où beaucoup de productions récentes se contentent d'accumuler les apparitions monstrueuses, Passenger préfère installer un malaise persistant. Le démon n'est jamais vraiment loin. Il est dans le rétroviseur, dans la lumière des phares, dans le doute qui s'installe lorsque la route devient infinie. La peur n'est pas seulement devant les personnages, elle voyage avec eux.
La grande force du film réside dans sa mythologie. Le concept du démon des croisements apporte une profondeur folklorique rarement exploitée dans le cinéma d'horreur grand public. Derrière la créature se dessinent des siècles de croyances autour des routes, des carrefours et des mauvais choix. Ce n'est pas seulement un monstre qui poursuit ses victimes. C'est l'incarnation d'un destin qui refuse de lâcher prise. Une idée simple, mais particulièrement efficace.
Visuellement, le film impressionne par sa maîtrise. Les routes désertes deviennent des cathédrales de solitude. Les halos des phares découpent l'obscurité comme des lames. Chaque apparition du démon semble surgir d'un angle mort de notre regard. Les jump scares fonctionnent parce qu'ils sont préparés avec intelligence. Ils ne cherchent pas à remplacer la tension, ils en sont l'aboutissement. Passenger comprend une règle essentielle du cinéma fantastique : ce qui effraie n'est pas ce que l'on voit, mais ce que l'on imagine dans l'obscurité qui l'entoure.
Tout n'est pourtant pas parfait. Une question demeure tout au long du récit. Pourquoi cette entité choisit-elle certaines victimes plutôt que d'autres ? Pourquoi s'accrocher aux premiers témoins d'un accident et ignorer ceux qui arrivent ensuite ? Le film laisse volontairement planer le doute, mais cette ambiguïté ressemble parfois davantage à une facilité scénaristique qu'à un véritable mystère. Une petite fissure dans une mécanique autrement très solide.
Reste une œuvre d'horreur efficace, atmosphérique et souvent inspirée. Passenger ne cherche pas à révolutionner le genre. Il préfère emprunter une route ancienne et l'éclairer sous un angle nouveau. Et lorsque le générique apparaît, une pensée persiste encore dans un coin de l'esprit : la prochaine fois qu'une silhouette demandera de l'aide au bord d'une route déserte, il sera peut-être difficile de s'arrêter sans hésiter.
Le film repose sur une idée originale et efficace : un démon qui suit les voyageurs et s’invite progressivement dans leur quotidien. L’histoire et le scénario restent cependant assez simplistes, avec peu de surprises dans l’écriture.
L’intérêt principal vient surtout de la mise en scène, qui multiplie les effets de style et les séquences pensées pour faire sursauter le spectateur. Plusieurs passages fonctionnent très bien et créent une vraie tension. Et après tout, c’est souvent la qualité première attendue d’un film d’horreur : réussir à faire réagir son public.
Même si le fond manque parfois de profondeur, le film reste une expérience efficace pour les amateurs de frissons.
"Passenger" n’est pas un film d’horreur parfait, mais il possède une identité suffisamment marquée pour retenir l’attention. Malgré quelques faiblesses dans la narration et certains choix de mise en scène discutables, le film s’appuie sur un concept original : une menace démoniaque surgissant au bord de la route, dans un décor isolé qui renforce la tension. L’atmosphère est sombre, oppressante, et le réalisateur parvient à installer une inquiétude constante. L’esprit malveillant qui hante les protagonistes donne lieu à plusieurs scènes efficaces, où l’angoisse prime sur le spectaculaire. Au final, "Passenger" reste un film imparfait, mais son thème singulier et son ambiance réussie en font une expérience d’horreur intéressante.
Le film démarre très fort, se poursuit bien mais je n’ai pas aimé sa fin, trop grossière et facile. Il y a ce qu’il faut de « jump scare » et de tension. Le film sera néanmoins vite oublié.
Heureuse surprise pour ce film de genre, où les scènes d’effrois sont particulièrement bien pensées, les acteurs sont impliqués et le tout offre une belle réussite. A voir.
J'ai adoré toute sa filmographie donc je l'attendais avec impatience ce film et énorme déception. Abordant une légende urbaine concernant les Road trips , celui-ci fait très pâle figure. L'entité est d'une banalité déjà Vu, peu de scène d'épouvante vraiment glaçante, une fin complètement absurde, aucune prise de risques en thermes de réalisation. Seul point positif : quelques effets gore. Un passage loupé en espérant qu'il reviendra pour la suite du sublime scary stories
Pétard mouillé, un film d'horreur qui se veut efficace avec un brin d'originalité (sortant du huit clos) mais qui s'avère répétitif avec des jumpscares grossiers. Oubliable.
Passenger aurait pu être un épisode moyen de Chair de Poule étiré sur 45 minutes. Le problème, c’est qu’ici, ça dure 1h34… et qu’il ne se passe quasiment rien.
Le film essaie de nous vendre un énorme mystère façon légende urbaine avec ses phrases ultra dramatiques sur l’affiche, sauf qu’au final, tout ça n’a presque aucun lien avec l’histoire. Ça donne surtout l’impression d’un argument marketing bricolé à la va-vite pour rendre ce road trip plus intriguant qu’il ne l’est réellement.
Pourtant, les premières minutes fonctionnent plutôt bien. L’intro est efficace, le sound design est vraiment impactant, et on sent qu’il y avait matière à faire quelque chose de glauque et oppressant autour du folklore routier et de la dame blanche. Mais le film survole complètement cette idée en une phrase avant de partir sur des scènes de tension très moyennes.
Le vrai problème, c’est surtout l’écriture. L’antagoniste est vide, les personnages sont ratés, et certaines décisions donnent vraiment l’impression qu’un gosse de 3 ans a écrit le pitch entre deux épisodes de Scooby-Doo.
Résultat : un thriller horrifique mou, oubliable, et frustrant, parce qu’il y avait pourtant une bonne ambiance de départ.
Le petit film d'horreur à petit budget on la côte, après le très bon "Obsession" voici donc "Passenger" où ici la frisson et le stress passe plus par les petits bruits que font le démon que par ses actes à proprement parlé sur ces futurs victimes et de nuit , à proximité d'une forêt ou dans le huis-clos du van donne la chair-de-poule. Oui parce que le démon en lui même n'est pas si terrible que cela donc on mise sur l'ambiance et c'est pas si mal que cela. Après bon on excuse les moments "cela passe café crême" genre où le mec ce prend son van sur le tibia mais se relève et arrive à courir sans trop de soucis... et le fait que le couple n'a pas vraiment de charisme mais cela reste un bon petit film du genre. NOTE :
Très bon film de Road-thriller d’épouvante bien gore avec des scènes irrespirables. Les gens qui descendent ce film ne l’ont tout simplement pas vu ou le font par maléfice.
Si, au départ, Passenger ne brille pas tout à fait par son originalité, le film tire son épingle du jeu grâce à une mise en scène inspirée, souvent marquante, maintenant la tension durant toute la durée du métrage. Même si l’on n’échappe pas à certains poncifs vus et revus dans le cinéma d’horreur, le film bénéficie d’un casting impliqué et de bonnes idées lors des scènes horrifiques.
André Øvredal est de ces réalisateurs qu'on associe, depuis Trollhunter et The Autopsy of Jane Doe, à un cinéaste de studio qui sait où (avec plus ou moins avec succès, voire son stricte opposé) placer sa caméra pour faire peur, même quand le matériau qu'on lui confie ne le mérite pas toujours. Ici, Passenger suit Tyler (Jacob Scipio) et Maddie (Lou Llobell), jeune couple qui a quitté son appartement de Brooklyn pour embrasser le fantasme contemporain du van life avant de croiser, lors d'un accident nocturne, le fantôme décrépit d'un auto-stoppeur mort depuis longtemps, qui va désormais s'accrocher à eux où qu'ils aillent. Le film promet une "réinvention" (du moins, l'espère-t-on) du survival horror routier à l'aune d'un mode de vie nomade en pleine expansion culturelle.
Cependant, il y a d'abord un renoncement qui structure toute la déception qui suit. Le van life, tel qu'il est filmé ici, n'est jamais interrogé comme sujet — il n'est qu'un décor, un skin esthétique emprunté à une décennie de contenu Instagram glorifiant la vie nomade, plaqué sur un mécanisme de chasse au fantôme parfaitement classique. C'est une occasion manquée d'autant plus agaçante que le matériau attendait sagement d'être ramassé : l'isolement comme vulnérabilité, l'absence d'ancrage social comme terrain de chasse idéal pour un prédateur surnaturel, la précarité économique maquillée en liberté choisie ou mille autres choses.
Cette timidité thématique se double d'un problème de fond plus grave encore, qui touche cette fois au contrat le plus élémentaire du genre horrifique : la cohérence des règles internes régissant la menace. Un antagoniste surnaturel a besoin d'un système stable pour que la peur qu'il inspire reste intelligible, pour que le spectateur puisse anticiper, redouter, comprendre les enjeux d'une décision prise par les protagonistes à l'écran. Ici, la nature et les capacités du Passager deviennent de plus en plus floues à mesure que le film avance. Cette confusion signale que le film lui-même ne sait pas ce qu'est réellement sa menace, et qu'il ne peut donc jamais construire une peur qui reposerait sur une compréhension partagée avec son public, condition pourtant aussi minimale que de savoir dans quel sens tenir un volant.
Ce flou généralisé trouve son incarnation la plus regrettable dans le design même de l'antagoniste, dont la surexposition numérique tue méthodiquement toute l'ambiguïté qu'un tel personnage aurait dû conserver. La créature, comme l'a résumé avec une cruauté toute méritée la critique américaine, ressemble à un Alice Cooper sévèrement déshydraté. Or plus on montre un monstre frontalement et fréquemment, moins il reste terrifiant, puisque la peur se nourrit avant tout de ce que l'esprit du spectateur complète lui-même dans l'ombre laissée vacante.
Cette dilution touche la narration : narrativement, Passenger est catastrophique, et le worldbuilding qu'on y déploie l'est tout autant. La mythologie censée justifier l'existence du Passager repose sur un « Hobo Code » que Maddie découvre en épluchant des forums en ligne ou un magasin (je sais plus) — l'équivalent narratif de googler le Wikipédia du monstre entre deux attaques, ce qui n'a jamais fait vibrer personne. Le film a d'ailleurs si peu confiance dans sa propre légende qu'il convoque, comme le veut la tradition la plus paresseuse du genre, une nomade "ressource" providentielle croisée dans une communauté itinérante chargé d'expliciter les règles par une tirade d'exposition.
Si je veux être de bonne foi, Il faudrait que je reconnaisse au milieu de ce naufrage, le bon usage des caméras de recul et des moniteurs embarqués du van, transformant la technologie de sécurité routière contemporaine en dispositif de surveillance retourné contre ses propres utilisateurs. Mais le film ne l'exploite que le temps d'un acte donc c'est on s'en fout.