Quand la musique est bonne
On ne connaît pas grand-chose de la filmographie de Craig Brewer. Et pour cause, il s’est surtout consacré à la télé et ses rares incursions vers le grand écran n’ont pas bouleversé l’histoire du 7ème Art… il s’en faut de beaucoup. Pourtant, ces 135 minutes basées sur une histoire vraie, sont une des très belles surprises de cette rentrée 2026. Deux musiciens fauchés redonnent vie à la musique de Neil Diamond en formant un groupe lui rendant hommage. Ensemble, ils prouvent qu’il n’est jamais trop tard pour suivre son cœur et accomplir ses rêves. Une histoire d’amour sur fond de reprises de chansons de Neil Diamond, on pouvait craindre le pire, et pourtant la magie opère grâce à un duo d’acteurs en état de grâce. Un rêve en blues !
Auteur-compositeur-interprète, chanteur, guitariste, Neil Diamond, qui est né en 1941, a vendu à ce jour, plus de 100 millions de disques à travers le monde dans des styles mélangeant la pop, le rock, le folk, la country, ou encore le soft rock. Cette romance, qui célèbre les cabossés de la vie et les secondes chances, est une opportunité idéale pour réchauffer les cœurs au milieu de l’hiver. D’un côté, un ancien du Viêt-Nam, sobre depuis vingt ans après une période d’alcoolisme, il répare des voitures dans son garage, tout en jouant du blues dans des bars ou des foires. De l’autre, une coiffeuse rêveuse qui a toujours voulu vivre de sa passion musicale, qui va voir naître une harmonie nouvelle, en musique comme en amour. Un scénario qui pue à plein nez le conte de Noël et qui pourtant est une histoire vraie. C’est donc avec beaucoup de savoir-faire et de respect que le cinéaste parvient à retranscrire l’univers musical dans lequel baignent ses protagonistes, qui incarnent des musiciens de la middle class avec beaucoup de conviction et qui donnent l’envie au public de croire en leurs rêves. Après une bonne heure, on se surprend à ne toujours pas voir venir l’axe tragique du récit… qui jaillit d’une manière aussi inattendue que brutale. C’est l’occasion pour le film de changer radicalement de ton, avec une ambiance plus sombre et désabusée, jusqu’à un final poignant qui nous fait sortir de la salle en fredonnant Soolaimon de… Neil Diamond, bien sûr.
Le film doit beaucoup au couple Hugh Jackman / Kate Hudson, éblouissant dans le du duo musical Lightning and Thunder. Lui, totalement à contre-emploi, loin des Wolverine, Logan ou Van Helsing, il m’a ébloui dans la peau de ce musicien raté qui va au bout de ses rêves. Et en plus, il chante très bien – ce qu’il avait déjà prouvé dans Les Misérables de Tom Hooper en 2013. Elle aussi, excellente chanteuse et musicienne accomplie, assume personnellement toutes les chansons. Evidemment, leurs prestations XXL phagocyte un tantinet tous les autres, pourtant excellents comme Elia Anderson, Hudson Hibert Hensley, King Princess, etc. Côté musique, c’est un must. Certains des musiciens qui ont personnellement collaboré avec Neil Diamond étaient présents lors des enregistrements de la bande son. Franchement, une formidable surprise.