Sham
Note moyenne
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47 critiques spectateurs

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Paul B
Paul B

95 abonnés 1 634 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 septembre 2026
Un excellent thriller judiciaire sur fond de drame social. Le spectateur n'est jamais pris pour un imbécile, le récit est clair bien que linéaire et il est laissé au spectateur le luxe de beaucoup d'imagination. Niveau dénonciation on est sur une critique de l'autorité maladive, sur le racisme et contre le harcèlement scolaire.

À part pour quelques longueurs c'est une réussite.
traversay1

4 524 abonnés 5 439 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 septembre 2026
Elle trône au milieu de l'affiche, avec ses cheveux de jais, impressionnante comme une veuve noire, qu'elle n'est pas. Kō Shibasaki, formidablement mystérieuse, n'est pourtant pas l'héroïne de Sham, mais son âme damnée, à la source des tourments d'un instituteur mis en accusation. Proche d'un Kore-Eda récent, L'Innocence, par son point de départ, le film du prolifique Takashi Miike n'en a pas hélas la profondeur ni la fascinante architecture. Après vingt minutes qui laissent présager le meilleur et installent le trouble, le reste du long métrage, entre scènes de procès et reconstitutions d'événements préalables, s'enfonce dans une certaine lourdeur démonstrative, qui n'est pas sans évoquer le cinéma de Cayatte, du moins quand le réalisateur n'était pas en grande forme. Le personnage principal est un peu falot, rien à voir avec sa ténébreuse accusatrice, et quand bien même Miike cherche à susciter l'émotion, il ne le fait pas avec la plus grande des délicatesses. Il y a pourtant de quoi ne pas complètement jeter l'éponge, dans le sens où le film traite de certains aspects de la société japonaise de manière volontaire, tels que l'éducation, le rôle des parents, la justice et surtout le rôle amplificateur et déformant des médias, quand un individu est présumé coupable, avant même son jugement. Et encore, son déroulement étant situé au début de ce siècle, le film ne peut-il pas aborder le pouvoir néfaste des réseaux asociaux.
Lagree Mazarine
Lagree Mazarine

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 septembre 2026
Fascinant, à ne pas manquer, une histoire haletante qui mérite d'être vue au cinéma, portée par un jeune collectif d'acteurs talentueux.
CREOTIVEMEDIA
CREOTIVEMEDIA

121 abonnés 403 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 septembre 2026
Sham délaisse les excès auxquels Takashi Miike est souvent associé pour une violence plus insidieuse : celle du soupçon. À partir d’une accusation visant un instituteur, le cinéaste japonais construit un thriller social où la recherche des faits se heurte rapidement à la puissance des récits, des médias et d’une opinion publique qui réclame des certitudes avant même que la vérité puisse être établie.

Seiichi Yabushita est un instituteur respecté lorsqu’une mère l’accuse d’avoir harcelé et humilié son fils. L’affaire pourrait rester circonscrite à l’école et faire l’objet d’une enquête. Elle devient pourtant rapidement publique. Les témoignages circulent, les médias s’en emparent et chacun commence à reconstruire les événements selon sa propre perception.

Le scénario de Hayashi Mori trouve sa force dans cette multiplication des points de vue. Sham ne demande pas immédiatement au spectateur de choisir un camp. Il l’oblige plutôt à constater combien notre jugement peut changer selon la personne qui raconte une même situation, les informations dont elle dispose et la manière dont celles-ci lui sont présentées.

La vérité devient alors le véritable enjeu du film.

Takashi Miike montre avec précision la transformation d’une accusation en récit collectif. Une phrase est reprise, raccourcie puis interprétée. Une rumeur devient une information. Une séquence sortie de son contexte semble confirmer une version déjà installée. Lorsque les médias entrent dans la mécanique, Yabushita n’est bientôt plus seulement un enseignant accusé : il devient un personnage public sur lequel chacun peut projeter sa propre conviction.

Gô Ayano porte efficacement cette perte progressive de contrôle. Son personnage comprend que répondre aux accusations ne suffit plus lorsque l’opinion s’est déjà construite. Chaque tentative pour se défendre peut être interprétée comme une preuve supplémentaire, chaque silence comme un aveu. L’acteur traduit cette impuissance sans chercher systématiquement à susciter la sympathie.

Kô Shibasaki occupe une place essentielle dans cet affrontement des perceptions, tandis que Kazuya Kamenashi contribue à un dispositif où les personnages ne sont jamais uniquement définis par ce qu’ils affirment. Miike laisse suffisamment d’ambiguïté pour maintenir le spectateur dans une position inconfortable.

La mise en scène privilégie une sobriété particulièrement efficace. Pas besoin ici de violence graphique : une caméra de télévision, un téléphone ou une conversation peuvent devenir des instruments de destruction. Le cinéaste filme surtout la vitesse avec laquelle une réputation construite pendant des années peut s’effondrer en quelques jours.

Sham devient ainsi une réflexion sur notre besoin de transformer immédiatement des situations complexes en récits simples. Victime ou coupable. Vérité ou mensonge. Pourtant, plus l’enquête avance, plus ces catégories deviennent difficiles à maintenir.

Le film ne prétend pas que toutes les versions se valent. Il s’intéresse plutôt à la difficulté de déterminer les faits lorsque ceux-ci sont ensevelis sous les interprétations, les intérêts personnels et l’emballement médiatique. Cette distinction est essentielle et permet au récit de conserver sa complexité.

Quelques développements insistent parfois lourdement sur cette mécanique et la démonstration aurait gagné à rester aussi ambiguë que dans sa première partie. Mais Miike maintient une tension remarquable en déplaçant constamment notre regard.

La question n’est finalement plus seulement de savoir ce qui s’est passé entre un professeur et son élève. Elle devient beaucoup plus dérangeante : que reste-t-il de la vérité lorsque tout le monde a déjà choisi celle qu’il préfère croire ?

Tendu, ambigu et volontairement inconfortable, Sham montre un Takashi Miike particulièrement maîtrisé. Le réalisateur transforme une accusation scolaire en thriller sur la fabrication des récits, l’emballement médiatique et la fragilité d’une réputation. Gô Ayano impressionne dans le rôle d’un homme progressivement dépossédé de sa propre histoire. Un film qui refuse les réponses immédiates et rappelle surtout qu’entre les faits et ce que nous croyons savoir d’eux existe parfois un gouffre vertigineux.
Domvill
Domvill

37 abonnés 245 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 septembre 2026
Excellent sur tous les points de vue : on y retrouve l'atmosphère des films tels que fjord, ou une machine infernale broie ici un professeur accusé de maltraitance sur un enfant face à une machine institutionnelle qui se dérègle : justice, education, presse ... sont gagné par les jugements hâtifs... et curieusement, dans ce film, la parole de l'enfant est absente: il est le jouet balloté entre tous sans qu'il n'ait voix au chapitre... Du grand cinéma
Direct-actu.fr

402 abonnés 555 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 septembre 2026
Sham, de Takashi Miike, dissèque une affaire où l'accusation publique finit par devenir plus puissante que les faits. Seiichi Yabushita (Gô Ayano), instituteur respecté, est accusé par Ritsuko Himuro (Kō Shibasaki) d'avoir harcelé et humilié son fils. L'école, les parents puis les médias s'emparent de l'affaire, jusqu'à fabriquer une réalité sociale dont il devient presque impossible de sortir.

On pense beaucoup à L'Innocent de Kore-Eda dans le choix d'une entreprise judiciaire suivant le cas d'un harcèlement scolaire. On a dans ce film également le choix de chapitrer les choses selon le point de vue.

spoiler: Ici, le plus complexe est le choix de retourner au dernier moment les choses pour nous plonger dans la réalité où les parents, finalement, sont les vrais toxiques de l'histoire. On a une forme de noirceur ambiante et la thématique de la vérité est d'actualité. Ce n'est pas parce que les médias diffusent une info et que tout le monde la relaie qu'elle est vraie ! Pourtant, il nous arrive au quotidien de rompre notre regard critique pour nous décharger du poids de la vérification des sources, on finit par se dire « si tel média le dit, c'est forcément vrai ».



Gô Ayano est la révélation du film, il incarne avec justesse les différentes versions du récit : celle rapportée, celle de l'institution et aussi la sienne.

Le spectateur devient alors lui-même victime de ce mécanisme, puisqu'il juge Yabushita à partir des informations disponibles, puis réévalue ses certitudes lorsque le récit change de perspective. Le biais de confirmation fonctionne à plein régime : dès qu'une version paraît crédible, chaque comportement devient susceptible de la valider. La vérité n'est plus seulement une question de faits, elle dépend de celui qui parle, de sa position sociale et surtout de la puissance avec laquelle son récit circule.

Plus glaçant encore, l'institution scolaire semble chercher l'apaisement avant la vérité. Yabushita doit répondre aux attentes liées à son statut d'enseignant alors même que sa réputation s'effondre. L'individu disparaît progressivement derrière l'image publique qu'on lui attribue. Sham devient ainsi particulièrement cruel sur un point : même lorsque la vérité finit par émerger, elle arrive dans un espace social déjà contaminé. On peut corriger un récit, beaucoup plus difficilement effacer ce qu'il a produit.
Henning P
Henning P

82 abonnés 287 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 août 2026
Une œuvre puissante à l'intensité dramatique progressive, découverte en avant-première quelques mois avant sa sortie nationale. Inspirée d'une histoire vraie, la descente aux enfers subie par cet instituteur face à l'accusation fait froid dans le dos et interroge : croire aveuglément en la parole des enfants peut s'avérer singulièrement pernicieux.
​La mise en scène est remarquable et l'ensemble du casting au diapason pour orchestrer cet engrenage qui dépasse cet homme pourtant investi dans son métier. Jusqu'au dénouement final, le film maintient un frisson constant et laisse une impression durable : cette mécanique infernale pourrait frapper n'importe quel professeur. Un drame glaçant et universel. 16/20
Lulu75
Lulu75

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2026
Excellent thriller et film de procès presque académique sur la forme mais si plaisant en pratique, bravo aux Saisons Hanabi pour ce choix. On adore l'actrice qui joue la mère (excellente aussi dans Mon Grand Frère et moi). J'admire le cinéma japonais pour sa diversité. Beau film sur l'éducation, la transmission, la vocation aussi.
Yo Jogging
Yo Jogging

3 abonnés 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2026
Me rappelle beaucoup PAS DE VAGUES avec François Civil que j'ai vu sur Canal, avec une ambiance beaucoup plus intense notamment dans la tension de la première partie. Raconte avec beaucoup d'acuité la manière dont les médias s'emparent d'un sujet de manière brutale, voire violente. Excellents acteurs.
Vu pendant les Saisons Hanabi.
Johnmaylondon
Johnmaylondon

8 abonnés 11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2026
HANABI 2026 #4 - Excellent polar du samedi, à la fois divertissant et surprenant, sorte de Rashomon revisité dans l'univers scolaire. Sûrement le meilleur polar asiatique depuis un moment. Pas aussi violent que d'autres films de Miike. Bonne idée d'avoir ce retournement en cours de film pour suivre le regard du professeur.
Georges Bavette
Georges Bavette

13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2026
Je n'ai pas trop compris pourquoi ce film n'a pas eu plus de communication mais il n'est pas encore sorti visiblement. Excellent film de procès, on dirait du Preminger à la Japonaise. L'actrice principale est terrifiante. Belle idée de proposition pour une séance surprise.
François T.
François T.

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2026
J'avais vu ce film pendant les Saisons Hanabi en début d'année, j'en garde un super souvenir, efficace à souhait, ça fait plaisir de voir des thrillers asiatiques pur jus (on en voit plus trop, à part des ressorties comme celles de Memories of Murder). Je le recommande aux amateurs et plus largement (le film est accessible).
aurora*
aurora*

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 mai 2026
Punaisse… quel tour de force. Réussir à construire un thriller où la tension ne passe jamais par la violence physique, mais uniquement par la charge mentale ! Pendant deux heures, je me suis surpris à vouloir défendre l’accusé, presque malgré moi. Comme si le film te forçait à habiter ses failles, à comprendre ses silences, à douter en permanence de ce que tu crois savoir. C’est rare d’être embarqué à ce point, sans échappatoire.
Franchement, provoquer ce genre de vertige émotionnel. Et surtout, c’est une porte d’entrée parfaite pour ceux qui redoutent ses films les plus extrêmes : ici, tout est dans la tête… et ça frappe encore plus fort. Merci les saisons hanabi de nous permettre de voir ces films en avance !
Jackio°
Jackio°

11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 mai 2026
Wow… je ne savais pas du tout comment aborder mon premier Miike. Pendant les Saisons Hanabi, j’avais cru comprendre que ce ne serait pas le genre de film ultra-gore auquel on l’associe souvent, et quelle claque.
Ici, la violence change complètement de visage. Pas de débordements sanguinolents, mais quelque chose de beaucoup plus insidieux, presque étouffant : une violence sociale, systémique, profondément ancrée dans le réel.
Et ce qui est fascinant, c’est la manière dont Miike joue avec le thriller. Il en reprend les codes pour mieux les déconstruire, nous laissant constamment déséquilibrés, sans jamais céder aux attentes faciles !
Kinnarasound
Kinnarasound

14 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 mai 2026
J’ai découvert ce film pendant les saisons Hanabi… et j’ai l’impression que c’était hier ! Le thème de la maltraitance y est très bien traité, avec cette touche si caractéristique de Miike que l’on apprécie tant.
Sans tomber dans ses excès gore habituels, il parvient tout de même à susciter chez le spectateur une forme de satisfaction face à la revanche, une sensation familière dans son œuvre, notamment dans ses thrillers horrifiques souvent bien plus violents que celui-ci, qui reste relativement mesuré.
Franchement, une très belle surprise !
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