Sham
Note moyenne
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48 critiques spectateurs

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Direct-actu.fr

402 abonnés 555 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 septembre 2026
Sham, de Takashi Miike, dissèque une affaire où l'accusation publique finit par devenir plus puissante que les faits. Seiichi Yabushita (Gô Ayano), instituteur respecté, est accusé par Ritsuko Himuro (Kō Shibasaki) d'avoir harcelé et humilié son fils. L'école, les parents puis les médias s'emparent de l'affaire, jusqu'à fabriquer une réalité sociale dont il devient presque impossible de sortir.

On pense beaucoup à L'Innocent de Kore-Eda dans le choix d'une entreprise judiciaire suivant le cas d'un harcèlement scolaire. On a dans ce film également le choix de chapitrer les choses selon le point de vue.

spoiler: Ici, le plus complexe est le choix de retourner au dernier moment les choses pour nous plonger dans la réalité où les parents, finalement, sont les vrais toxiques de l'histoire. On a une forme de noirceur ambiante et la thématique de la vérité est d'actualité. Ce n'est pas parce que les médias diffusent une info et que tout le monde la relaie qu'elle est vraie ! Pourtant, il nous arrive au quotidien de rompre notre regard critique pour nous décharger du poids de la vérification des sources, on finit par se dire « si tel média le dit, c'est forcément vrai ».



Gô Ayano est la révélation du film, il incarne avec justesse les différentes versions du récit : celle rapportée, celle de l'institution et aussi la sienne.

Le spectateur devient alors lui-même victime de ce mécanisme, puisqu'il juge Yabushita à partir des informations disponibles, puis réévalue ses certitudes lorsque le récit change de perspective. Le biais de confirmation fonctionne à plein régime : dès qu'une version paraît crédible, chaque comportement devient susceptible de la valider. La vérité n'est plus seulement une question de faits, elle dépend de celui qui parle, de sa position sociale et surtout de la puissance avec laquelle son récit circule.

Plus glaçant encore, l'institution scolaire semble chercher l'apaisement avant la vérité. Yabushita doit répondre aux attentes liées à son statut d'enseignant alors même que sa réputation s'effondre. L'individu disparaît progressivement derrière l'image publique qu'on lui attribue. Sham devient ainsi particulièrement cruel sur un point : même lorsque la vérité finit par émerger, elle arrive dans un espace social déjà contaminé. On peut corriger un récit, beaucoup plus difficilement effacer ce qu'il a produit.
takeshi29
takeshi29

38 abonnés 164 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 février 2026
Le foufou Takashi Miike semble s'être totalement fondu dans ce film qui relate de manière d'ailleurs assez brillante un fait divers édifiant, nulle trace, malgré une entame qui laisse espérer quelque chose, de sa caméra enragée, énervée, qui n'a pas accouché que d’œuvres mémorables mais qui a toujours eu le mérite de proposer un cinéma à la marge. Ici le boulot est propre, on pourrait même dire impeccable, ce qui est certes à mettre à son crédit mais qui fait de "Sham" un produit assez impersonnel, bien loin en tout cas de la signature Miike.

Vu en avant-première
Yann C.
Yann C.

31 abonnés 94 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 janvier 2026
vu dans le cadre des saisons Hanabi. un film qui entretient un bon suspense, malgré de légères longueurs. Un reflet intéressant de la société japonaise. Bon moment
remyll
remyll

267 abonnés 589 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 février 2026
Un curieux scénario à logique inversée sur un thème touchant au plus profond de l’âme japonaise. En effet, toujours pour de nombreux japonais, leur civilisation demeure encore aujourd’hui d’une supériorité évidente aux autres peuples étrangers, même si l’histoire récente et l’actualité met à mal cette posture intellectuelle invraisemblable toujours bien encrée et populaire au pays du soleil levant.
Mais attention, comme je le disais, le réalisateur aime à induire en erreur le spectateur, il ne se prive pas ici. spoiler: Ainsi il présente durant les 20 premières minutes du film un enfant victime expiatoire facile d’un instituteur sadique et violent poussant même l’objet de sa rancœur vers un acte irrémédiable.

Le réalisateur très prolixe en films aux thèses bien tordues va induire en erreur tout le monde à commencer par le spectateur. Est-ce donc bien la réalité qui nous est montrée au début du film ou est-ce une représentation fictive d’une réalité différente?
En ce sens si le film est assez intéressant, il laisse une grosse impression de malaise, car de fait que ce soit au Japon, ou ici en Europe, ou même aux États-Unis, la hausse très préoccupante des suicides de jeunes enfants victimes de ce genre de comportement d’adultes aux comportements inappropriés voire sadiques est un fait aussi inacceptable qu’indiscutable.
CREOTIVEMEDIA
CREOTIVEMEDIA

121 abonnés 403 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 septembre 2026
Sham délaisse les excès auxquels Takashi Miike est souvent associé pour une violence plus insidieuse : celle du soupçon. À partir d’une accusation visant un instituteur, le cinéaste japonais construit un thriller social où la recherche des faits se heurte rapidement à la puissance des récits, des médias et d’une opinion publique qui réclame des certitudes avant même que la vérité puisse être établie.

Seiichi Yabushita est un instituteur respecté lorsqu’une mère l’accuse d’avoir harcelé et humilié son fils. L’affaire pourrait rester circonscrite à l’école et faire l’objet d’une enquête. Elle devient pourtant rapidement publique. Les témoignages circulent, les médias s’en emparent et chacun commence à reconstruire les événements selon sa propre perception.

Le scénario de Hayashi Mori trouve sa force dans cette multiplication des points de vue. Sham ne demande pas immédiatement au spectateur de choisir un camp. Il l’oblige plutôt à constater combien notre jugement peut changer selon la personne qui raconte une même situation, les informations dont elle dispose et la manière dont celles-ci lui sont présentées.

La vérité devient alors le véritable enjeu du film.

Takashi Miike montre avec précision la transformation d’une accusation en récit collectif. Une phrase est reprise, raccourcie puis interprétée. Une rumeur devient une information. Une séquence sortie de son contexte semble confirmer une version déjà installée. Lorsque les médias entrent dans la mécanique, Yabushita n’est bientôt plus seulement un enseignant accusé : il devient un personnage public sur lequel chacun peut projeter sa propre conviction.

Gô Ayano porte efficacement cette perte progressive de contrôle. Son personnage comprend que répondre aux accusations ne suffit plus lorsque l’opinion s’est déjà construite. Chaque tentative pour se défendre peut être interprétée comme une preuve supplémentaire, chaque silence comme un aveu. L’acteur traduit cette impuissance sans chercher systématiquement à susciter la sympathie.

Kô Shibasaki occupe une place essentielle dans cet affrontement des perceptions, tandis que Kazuya Kamenashi contribue à un dispositif où les personnages ne sont jamais uniquement définis par ce qu’ils affirment. Miike laisse suffisamment d’ambiguïté pour maintenir le spectateur dans une position inconfortable.

La mise en scène privilégie une sobriété particulièrement efficace. Pas besoin ici de violence graphique : une caméra de télévision, un téléphone ou une conversation peuvent devenir des instruments de destruction. Le cinéaste filme surtout la vitesse avec laquelle une réputation construite pendant des années peut s’effondrer en quelques jours.

Sham devient ainsi une réflexion sur notre besoin de transformer immédiatement des situations complexes en récits simples. Victime ou coupable. Vérité ou mensonge. Pourtant, plus l’enquête avance, plus ces catégories deviennent difficiles à maintenir.

Le film ne prétend pas que toutes les versions se valent. Il s’intéresse plutôt à la difficulté de déterminer les faits lorsque ceux-ci sont ensevelis sous les interprétations, les intérêts personnels et l’emballement médiatique. Cette distinction est essentielle et permet au récit de conserver sa complexité.

Quelques développements insistent parfois lourdement sur cette mécanique et la démonstration aurait gagné à rester aussi ambiguë que dans sa première partie. Mais Miike maintient une tension remarquable en déplaçant constamment notre regard.

La question n’est finalement plus seulement de savoir ce qui s’est passé entre un professeur et son élève. Elle devient beaucoup plus dérangeante : que reste-t-il de la vérité lorsque tout le monde a déjà choisi celle qu’il préfère croire ?

Tendu, ambigu et volontairement inconfortable, Sham montre un Takashi Miike particulièrement maîtrisé. Le réalisateur transforme une accusation scolaire en thriller sur la fabrication des récits, l’emballement médiatique et la fragilité d’une réputation. Gô Ayano impressionne dans le rôle d’un homme progressivement dépossédé de sa propre histoire. Un film qui refuse les réponses immédiates et rappelle surtout qu’entre les faits et ce que nous croyons savoir d’eux existe parfois un gouffre vertigineux.
Paul B
Paul B

95 abonnés 1 634 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 septembre 2026
Un excellent thriller judiciaire sur fond de drame social. Le spectateur n'est jamais pris pour un imbécile, le récit est clair bien que linéaire et il est laissé au spectateur le luxe de beaucoup d'imagination. Niveau dénonciation on est sur une critique de l'autorité maladive, sur le racisme et contre le harcèlement scolaire.

À part pour quelques longueurs c'est une réussite.
Jerome
Jerome

50 abonnés 208 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 janvier 2026
Une trés fine analyse critique de la société japonaise confrontée aux vertiges de la vérité et du mensonge, tout cela excellement joué et mis en scène.
Olivier G.
Olivier G.

25 abonnés 82 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 janvier 2026
Film vu en avant-première dans le cadre du festival du film japonais sur Aix-en-Provence. Je n’ai pas envie de trop en dire pour laisser aux spectateurs tout le plaisir et la surprise, si ce n’est que le thème central est celui de l’éducation, de la parole et de l’honneur . Je dirais simplement que c’est un film remarquable dans sa construction, le jeu de tous les acteurs, la photographie. A voir dans la lignée des films sur le Japon, qui en présentent la culture dans ce qu’elle a de plus fin, sensible, mais également sa dureté, la rudesse de sa société.
Domvill
Domvill

37 abonnés 245 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 septembre 2026
Excellent sur tous les points de vue : on y retrouve l'atmosphère des films tels que fjord, ou une machine infernale broie ici un professeur accusé de maltraitance sur un enfant face à une machine institutionnelle qui se dérègle : justice, education, presse ... sont gagné par les jugements hâtifs... et curieusement, dans ce film, la parole de l'enfant est absente: il est le jouet balloté entre tous sans qu'il n'ait voix au chapitre... Du grand cinéma
lenferre
lenferre

12 abonnés 219 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 janvier 2026
Vu en avant-première à l'occasion de la saison Hanabi 2026, j'ai vraiment aimé ce film. spoiler: Sans trop en dire, le réalisateur joue avec le spectateur dès le début, et nous fait comprendre que, comme ceux qui sont extérieurs à l'affaire dans le film, nous aussi croyons la première chose que l'on nous offre.
Mon premier coup de cœur de 2026.
Arnaud
Arnaud

9 abonnés 14 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 septembre 2026
Découvert en avant-première surprise hier matin, Sham de Takashi Miike a été une vraie claque. On tient ici un thriller haletant, mené avec une efficacité redoutable. Le film prend la forme d’un procès passionnant, où chaque révélation vient relancer le suspense et maintenir une tension constante. Ce qui m’a particulièrement marquer, c’est le regard critique porté sur l’institution scolaire et sur le monde des médias. Le film ne se contente pas d’être divertissant, il interroge en profondeur ces systèmes et leurs dérives. Les acteurs sont tous très intenses, avec une mention spéciale pour celle qui incarne la mère, à la fois mystérieuse et inquiétante. Sa présence donne une dimension supplémentaire au récit. Takashi Miike, encore trop méconnu en France, prouve une fois de plus son originalité et sa capacité à surprendre. On est vraiment heureux de le voir sur grand écran. Un thriller asiatique idéal pour l’été, prenant de bout en bout grâce à un suspense parfaitement maîtrisé.
Christophe Guibout
Christophe Guibout

11 abonnés 25 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 janvier 2026
5/5 film très fort avec ce sujet dur la manipulation d’un enfant par cette mère toxique et la lente reconstruction du professeur . Je l’ai vu grâce à la semaine Hanabi .
deejaypedro
deejaypedro

6 abonnés 6 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 janvier 2026
Une belle nostalgie de revoir un Takeshi Miike au cinéma où je l’ai découvert 25 ans plus tôt (Audition).
Moins torturé que d’habitude, Sham s’attaque à plusieurs sujets universels avec une sensibilité touchante.
Je le recommande comme porte d’entrée sur l’univers de ce réalisateur.
Sebastien BZH
Sebastien BZH

2 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 février 2026
J'ai eu la chance de voir ce film en avant-première lors du festival Ananabi. Ce film relate très bien la bureaucratie et la tendance japonaise à privilégier les excuses plutôt que le conflit. Néanmoins, je pense que la partie sur le racisme présent au Japon aurait pu être développée davantage.
cpkcpk
cpkcpk

3 abonnés 9 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 février 2026
Vu en avant première dans le cadre du festival des films japonais.
La construction du film avec des retours en arrière et les récits en miroir des protagonistes est très intéressante, on est tenus en haleine jusqu’à la fin. Un peu frustré de ne pas savoir pourquoi le dénouement final est rendu possible.
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