Bof !
Guillaume de Fontenay nous avait séduits en 2019 avec son excellent drame de guerre, Sympathie pour le diable. Pour son 2ème film, il a choisi le thriller d’action avec ses codes, ses tics et son scénario aussi extravagant que sans intérêt. BADH est une agente secrète française chargée d’éliminer un puissant trafiquant d’armes en Syrie. Trahie par la DGSE, elle disparaît sans laisser de trace et refait sa vie au Maroc jusqu’au jour où son mari est pris pour cible. Rattrapée par son passé, BADH se retrouve entrainée dans un jeu mortel de vengeance et de trahison où les règles ont changé. 84 minutes dans le genre dispensable.
Ça se prétend être un Jason Bourne au féminin. Rien que ça. Alors ok ! Pour le côté taiseux, y’a pas de problème. L’aspect « dimension morale forte », c’est plutôt discutable. Le cinéaste s’est beaucoup documenté – nous dit-on -, sur les missions illégales confiées à la cellule Alpha et les réseaux d’influence. Je ne suis pas assez calé en espionnage pour savoir si tout ce machin plus que complexe est plausible ou non. Le tournage a duré 30 petits jours, à Casablanca, Marrakech et Essaouira… ça sentirait le bâclé que ça ne m’étonnerait qu’à moitié. On nous apprend aussi que le réalisateur a opté pour la caméra à l’épaule rugueuse et immersive. Pour ce qui est d’être au plus près de l’action – des bagarres en particulier -, on ne pouvait pas faire plus. C’est à la limite du supportable tellement l’image est constamment sujette à des spasmes et des secousses… Une bonne dose de Primpéran est conseillée avant d’entrer en salle. A propos de cette entrée en salle, il faut toujours se poser la question cruciale, qu’attendez-vous du film à venir ? Ici, c’est un film d’action pure qui se paye le luxe – le seul en l’occurrence, car ça sent un tantinet le manque de moyens -, de s’interroger sur les impératifs de la raison d'Etat, de la politique et de l'échiquier diplomatique. Ce film n’a qu’un mérite, balayer le fantasme d’une guerre propre. Et c’est tout !
Côté casting, ils se sont donc tous donnés le mot : « pour avoir l’air crédible, faisons la gueule ! ». Marine Vacth nous la joue intense et intériorisée et ce jusqu’à la caricature. Emmanuelle Bercot fait la tronche. Niels Schneider joue les utilités, quant à son texte, il se limite à 3 mots : « pose ton flingue ! », merci d’être venu. Grégoire Colin, Lionel Abelanski, Slimane Dazi jouent les utilités avant de mourir très joliment. Ah oui, parce qu’on meurt beaucoup dans ce film et pas de longue maladie ! Conclusion, n’est pas Bigelow ou Greengrass qui veut. Et sûrement pas Guillaume de Fontenay.