Badh
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Badh" et de son tournage !

Naissance du projet

A l'origine, Guillaume de Fontenay a été contacté par le producteur Marc Stanimirovic (déjà producteur de Sympathie pour le diable) qui lui a proposé le scénario. Le réalisateur a accepté à condition de pouvoir réorienter le script vers un Jason Bourne au féminin, en s’inspirant du personnage taiseux de Matt Damon pour créer une héroïne avec une dimension morale forte. Il confie : "Badh, comme Bourne, n’est pas une figure vengeresse assoiffée de sang. Ce que nous avons développé chez cette femme membre de la cellule Alpha, c’est sa dimension morale qui la conduit à quitter la DGSE."

Une documentation de terrain

Guillaume de Fontenay a souhaité s’ancrer dans le réel des opérations clandestines. Pour cela, il a travaillé avec Alain Chouet, ex-chef du renseignement de sécurité à la DGSE, Vincent Nouzille, auteur de Les Tueurs de la République qui détaille les missions illégales confiées à la cellule Alpha et Guillaume Dasquié, documentariste et grand connaisseur de l’affaire Lafarge et des réseaux d’influence.

Ces experts ont conseillé sur le scénario en validant ou corrigeant les éléments narratifs, et ont même inspiré des détails concrets : les sacs codés par couleur, l’usage du morse, ou encore la maison visée en Syrie, qui s’inspire d’une attaque réelle de 2018.

Une scène d’ouverture tournée en 1h30

Le prologue du film, où Badh infiltre une maison en Syrie, a été tourné en seulement 1h30. Cette scène posait une intention claire : montrer l’intelligence et l’intégrité de Badh, capable de prendre ses distances face à un ordre injuste (tuer femmes et enfants). Le suspense et la tension s’inspirent de Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow.

Un tournage marocain au plus près du réel

Le film a été tourné en 30 jours dans des lieux naturels à Casablanca, Marrakech et Essaouira. La maison cible en Syrie, dans le prologue, est en réalité une petite habitation de Casablanca, choisie pour sa vraie étroitesse. L’équipe marocaine, menée par Agora Films, a été saluée pour son professionnalisme et son efficacité.

La caméra à l’épaule

Guillaume de Fontenay a refusé une mise en scène inspirée de Kill Bill, jugée trop chorégraphiée et esthétisante. Il a préféré une caméra à l’épaule, rugueuse et immersive, qui colle à la réalité de la violence, sans mise en scène glamour : "A partir de là, il n’y avait pas d’autre alternative, pour les scènes d’action, que d’assumer pleinement l’idée de la caméra à l’épaule."

"Je tenais à ce côté immersif parce que, dans les scènes d’action, si on sent la chorégraphie, on perd en véracité. La dimension rugueuse, brute, crue, du tournage à l’épaule donne aux séquences une incroyable authenticité et j’avais le désir profond de projeter le spectateur dans un rouleau compresseur hyper réaliste !"

Préparation physique

L’actrice Marine Vacth a été formée plusieurs mois en amont avec Alexandre Vu, régisseur cascades. Elle a suivi un entraînement mêlant préparation physique intensive, maniement d’armes (armes de poing, longues), tactiques de combat rapproché et formation moto avec des cascadeurs professionnels. Son passé de judokate lui a donné un avantage pour assimiler rapidement la gestuelle, les chutes et la discipline corporelle.

Retrouvailles

Guillaume de Fontenay a retrouvé Mathilde Van de Moortel, sa monteuse de Sympathie pour le diable. Ensemble, ils ont construit un film de 1h24 ultra-efficace, sans plans superflus, au service exclusif de la narration. L’objectif : densifier l’action, concentrer la tension, et rester fidèle à l’intériorité du personnage féminin principal. Par ailleurs, le metteur en scène retrouve aussi Niels Schneider qu'il a dirigé dans Sympathie pour le diable.

Côté BO

Avec Audrey Ismaël, qui a composé la musique de Diamant brut et du Royaume, Guillaume de Fontenay a davantage cherché à évoquer l’intériorité des personnages plutôt qu’à souligner l’action. Il explique : "On voulait créer un contrepoint à l’action pour raconter ce qui se passe à l’intérieur des personnages, comme pour exprimer ce qu’eux ne disent pas. On s’est inspirés des partitions de Hildur Guonadottir pour Joker et de Johann Johannsson pour Sicario qui proposait quelque chose d’intéressant en travaillant les infrabasses et les clusters."

"On a aussi eu la chance de pouvoir intégrer un peu du magnifique Theory of Becoming d’Evgueni Galperine. C’est vraiment quelque part à la rencontre de ces différents univers que se situe le film."

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