10 ans après "Comment c'est loin", Orelsan revient au cinéma avec "Yoroï", réalisé par David Tomaszewski. Une nouvelle fois conçu sous la forme d'une fiction inspirée de la vie du rappeur, le film se construit dans un univers japonais rappelant certains animés. Et clairement, cette accroche est ce qui fait tenir le projet debout, car il y avait de l'ambition. Construit dans la lignée d'un shōnen, les différents Yokai représentent finalement différents aspects de la vie de ce dernier. En soi, nous aurons donc le droit à des scènes d'actions, mais qui symbolisent quelque chose d'un point de vue scénaristique. L'idée n'est pas révolutionnaire, mais on sent qu'elle a permis à l'équipe du film de se lâcher. Tous les Yokai ont un design très particulier, parfois très drôle ou bien pensé, et le fait que beaucoup d'entre eux soient palpables à l'écran aide à leur crédibilité. Certes, des effets numériques ont été utilisés, mais il est intéressant de noter qu'il y a pas mal de maquettes ou de costumes, ce qui est vraiment prenant. Via cette base, le long-métrage se permet donc quelques folies, notamment dans ses scènes de combats. Je salue particulièrement Clara Choï pour cela, car l'actrice livre une prestation de qualité et en s'impliquant particulièrement dans les chorégraphies. Et de manière plus globale, j'ai trouvé que son duo avec Orelsan fonctionnait bien. On sent une bonne alchimie entre eux, et beaucoup de leurs dialogues s'avèrent vraiment drôles. Malheureusement, j'ai la sensation que le projet a un peu loupé le coche à ce niveau, en choisissant un ton bien trop sérieux pour se développer. Si le scénario n'est pas très élaboré, on comprend vite le concept et on l'accepte. Cependant, tout va être retourné lors de la séquence finale, et celle-ci a été très compliquée à regarder. Là où les thématiques ont toujours été amenées de manière légère, elles sont frontalement exposées lors de cette fin. Les dialogues deviennent énormément explicatifs, la bande-son (bien que de qualité) surinterprète le tout et la scène de combat final n'aide pas à faire oublier cette impression. Cette dernière demi-heure apparaît comme un moment trop évident, où il n'y avait pas besoin que le spectateur entende les thématiques du film qu'il regarde à voix haute. Celles-ci étaient déjà très explicites, et il n'était donc pas nécessaire d'en rajouter une couche, surtout d'une manière aussi évidente et facile. Par conséquent, je pense qu'il faut prendre ce film pour ce qu'il est. C'est un projet assez ambitieux et rendant hommage à toute une culture, mais qui se prend beaucoup trop au sérieux par instants. J'aurais aimé que plus de légèreté soit amenée au tout, afin d'éviter cette dose d'écriture sans subtilité. Pour conclure, un bon délire.