Quand la musique est bonne…
Et avant toutes choses, merci à Grégoire Hetzel pour sa superbe musique originale, le personnage principal du superbe film de Grégory Magne, sans oublier au passage, Bach, Schubert et consort. Astrid Thompson parvient enfin à réaliser le rêve de son père : réunir quatre Stradivarius pour un concert unique attendu par les mélomanes du monde entier. Mais Lise, George, Peter et Apolline, les quatre virtuoses recrutés pour l’occasion, sont incapables de jouer ensemble. Les crises d’égo se succèdent au rythme des répétitions. Sans solution, Astrid se résout à aller chercher le seul qui, à ses yeux, peut encore sauver l’événement : Charlie Beaumont, le compositeur de la partition. 102 minutes qu’il n’est pas besoin d’être un mélomane averti pour apprécier. Une véritable perle à savourer sans modération.
Grégory Magne est un cinéaste rare. Ce n’est que son 3ème opus, après L’air de rien, un film original avec Michel Delpech en 2011, puis en 2019, Les Parfums, avec un scénario racontant les mésaventures d’un « nez » qui a perdu l’odorat. Vous avez dit « original »… le mot est faible. Et de nouveau le cinéaste frappe fort avec cette histoire où l’ironie est aussi grinçante que la musique est belle. Car, c’est vrai, la musique est au centre de ce huis clos et surtout ceux qui la font – compositeurs, interprètes et même luthier -. Pas un instant d’ennui, des personnages bien caractérisés, des rebondissements, des dialogues savoureusement vachard et un casting qui s’est visiblement beaucoup amusé à en découdre pour notre plus grand bonheur.
En haut de l’affiche, le duo Valérie Donzelli / Frédéric Pierrot est parfait, tout comme le quatuor formé par des acteurs et actrices qui sont aussi de véritables musiciens, Mathieu Spinosi, Daniel Garlitzki, Emma Ravier et Marie Vialle. C’est d’une élégance rare, sensible et drôle… que demander de plus ? On nous parle de la solitude l’artiste, sur les difficultés de l’écoute, la recherche de l’harmonie, le tout sans fausses notes. Ne ratez pas ce joli moment.