Trop… décousu
Depuis 2012 et son difficile Augustine, Alice Winocour est devenue une réalisatrice à suivre. Ce qu’elle a concrétisé avec les excellents Proxima et Revoir Paris. c’est donc de confiance que je suis allé voir ces nouvelles 107 minutes. A Paris, dans le tumulte de la Fashion Week, Maxine, une réalisatrice américaine apprend une nouvelle qui va bouleverser sa vie. Elle croise alors le chemin d’Ada, une jeune mannequin sud‐soudanaise ayant quitté son pays, et Angèle, une maquilleuse française aspirant à une autre vie. Entre ces trois femmes aux horizons pourtant si différents se tisse une solidarité insoupçonnée. Sous le vernis glamour se révèle une forme de révolte silencieuse : celle de femmes qui recousent, chacune à leur manière, les fils de leur propre histoire. J’étais prêt à aimer ce film, mais, hélas, on se perd un peu dans ce film-choral qui prouve encore une fois que « qui trop embrasse mal étreint ».
Alice Winocour ne connaissait pas le milieu de la mode, mais a vécu elle-même le parcours de son personnage principal, le chemin d’une réalisatrice à qui on annonce qu’elle a un cancer. Au centre de ce film, trois femmes en guerre, attachantes mais auxquelles on n’a pas le temps de s’attacher. On passe, souvent sans lien apparent, d’une histoire à l’autre, sans oublier, les personnages secondaires pas assez développés – et donc quasi inutiles -, comme celui de la jeune couturière. Sinon, cette plongée dans le milieu de la fashion-week, aurait pu s’avérer plus passionnante. Il y a là plusieurs films en un, d’où une certaine frustration malgré les performances d’un casting prestigieux. Le film parle donc de femmes en retrait, souvent non protagonistes de leurs propres histoires respectives, dans des milieux dominés par l’image, le contrôle et la pression qui finissent à la fin plus ou moins à s'accomplir sans grand éclat et avec pudeur. Mais à force de les construire sur une même tonalité intériorisée, les personnages finissent par manquer de contraste. Et le film a tendance à ronronner car il ne parvient plus à vraiment surprendre et, c’est sans doute le point faible, ont aurait aimé que les trajectoires des personnages soient plus entremêlées. plus organiques. Heureusement, il y a une belle réalisation et, répétons-le, une trèe belle distribution.
Avec The Star, la magnifique Angelina Jolie, d’une justesse et d’une sobriété formidables. Mais Ella Rumpf et Anyier Anei tiennent des parties intéressantes ? Pour les autres, Louis Garrel, Vincent Lindon, Grance Marillier, Aurore Clément, ils jouent – bien -, les utilités avec de brefs passages à l’écran. Une belle œuvre attendue mais convenue qui bénéficie de l’authenticité dans la créativité des costumes, en tournant chez Chanel, - tout en évitant d’y afficher le moindre logo et donc tout placement de produit -, et qui propose une vision fictive mais convaincante du monde de la haute couture. Légère déception tout de même.