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CREOTIVEMEDIA
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4,0
Publiée le 21 juin 2026
Avec Coutures, Alice Winocour signe un drame sensible et profondément humain qui prend pour toile de fond l'effervescence de la Fashion Week parisienne. Derrière les lumières des podiums et le faste de la mode, la cinéaste s'intéresse avant tout aux êtres, à leurs blessures et à leur capacité à se reconstruire.
Porté par une distribution remarquable menée par Angelina Jolie, aux côtés d'Ella Rumpf et d'Anyier Anei, le film suit trois femmes que tout semble opposer mais que le destin réunit. Chacune porte ses propres cicatrices, ses espoirs et ses combats, dans un récit qui privilégie l'émotion à la démonstration.
Alice Winocour filme Paris comme un décor à la fois magnifique et fragile, où les apparences masquent souvent des réalités plus complexes. La réalisatrice parvient à transformer cet univers ultra-codifié en un espace d'intimité où émergent des thèmes universels : l'exil, la résilience, la maternité, l'émancipation et la sororité.
L'une des grandes forces de Coutures réside dans la délicatesse de son écriture. Le film évite les effets appuyés pour privilégier les regards, les silences et les gestes. Cette retenue donne une puissance particulière aux émotions qui traversent le récit et permet aux personnages d'exister pleinement.
Visuellement élégant, porté par une mise en scène maîtrisée et des interprétations d'une grande justesse, Coutures dépasse largement le simple cadre du film sur la mode. Il s'agit avant tout d'un portrait de femmes en quête de liberté, un récit de reconstruction et d'espoir qui trouve un écho universel.
Un film lumineux et profondément touchant, où la beauté ne réside pas dans les apparences mais dans la force des liens humains qui se créent lorsque tout semble se déchirer.
Couture promettait, sur le papier - et comme toujours avec Alice Winocour -, d'être un film sur des organismes heurtés par un choc que les personnages doivent apprendre à métaboliser : une femme, Maxine, réalisatrice de films d'horreur indépendants venue tourner un court-métrage pour accompagner un défilé de la Fashion Week parisienne, apprend en plein tournage qu'elle a un cancer du sein. Autour d'elle, une mannequin sud-soudanaise qui découvre le métier, une maquilleuse qui écrit un roman que personne ne veut publier, une couturière qui termine à la main la robe que portera la nouvelle égérie de la maison.
Le premier choix de Winocour, et le plus lourd de conséquences, est d'opter pour une structure chorale sans hiérarchie : quatre ou cinq lignes narratives qui avancent en parallèle, sans qu'aucune ne prenne jamais le pas sur les autres. Sur le papier, l'idée a une élégance — mimer, dans la forme du récit, la multitude de mains qui façonnent un seul objet sans qu'aucune signature individuelle ne domine. Mais une structure chorale a besoin, pour exister, que les acteurs performent ou que chaque fil ait une tension propre, un poids dramatique qui justifie qu'on le suive. Or ici, la mannequin parle à sa mère au téléphone, s'inquiète d'une cheville foulée, fait la fête ; la maquilleuse va de plateau en plateau, échange des banalités, et téléphone elle-aussi ; la couturière coud, puis coud encore, puis termine de coudre. La caméra passe mais le scénario n'y construit rien.
Ce choix de l'horizontalité s'accompagne d'une neutralité de ton, quasi-documentaire. Ce style a une généalogie noble : c'est l'héritage d'un certain naturalisme français qui se méfie du pathos. Le problème, c'est que ce style suppose un contrat avec le spectateur — on accepte l'absence de relief dramatique parce qu'en échange, on nous promet une densité d'observation, une vérité de détail qui compense l'absence d'intrigue. Or cette densité n'arrive jamais !
Vient alors le cœur du problème, le point où le film avait tout à gagner et où il perd tout : l'arc de la maladie de Maxine. Le diagnostic tombe après un appel de son médecin, en plein tournage, et devrait fonctionner comme une effraction du corps réel dans un univers tout entier voué à la fabrication des apparences — la couture confrontée à une vulnérabilité qu'aucun tissu ne peut habiller. L'idée est belle (si belle qu'on aurait aimé que cette axe traverse davantage l'ensemble des trajectoires). Mais le scénario ne lui donne aucune chair : on ne sait quasiment rien de la réaction spécifique de Maxine, de la texture de sa peur, de ce que ce diagnostic vient fracturer en elle au-delà du fait générique d'être malade.
Il y a, au milieu de cette dilution généralisée, une séquence qui sauve le film : le défilé final, balayé par un orage. C'est, à l'échelle d'une scène, exactement ce que le film aurait dû être à l'échelle de son ensemble : l'irruption de l'incontrôlable (la nature, le corps, la maladie) dans l'espace lisse de la fabrication esthétique. Mais une scène ne fait pas un film, et cette réussite isolée souligne par contraste, plutôt qu'elle ne rachète, la platitude de tout ce qui l'entoure.
Couture avait sous la main tous les matériaux d'un grand film sur la collision entre l'apparence et la chair, entre la fabrication sociale du beau et la vérité de l'être. Il les a laissés en jachère, préférant un éparpillement choral qui n'engage qu'à la dilatation de ses fils.
Une histoire intéressante mais qui reste en surface sans développer davantage ses personnages secondaires par exemple. Angelina Jolie est superbe, très touchante avec un super français. Peut-être que le film aurait pu se concentrer uniquement sur le personnage de Maxine, tellement elle était intéressante au lieu de s'éparpiller entre tous ses rôles et finalement ne pas raconter grand chose.
Coutures est un film d’auteur qui avait beaucoup de choses à raconter… peut-être un peu trop. En 1h46, Alice Winocour aborde le cancer, l’ambition, la mode, l’exil, la précarité, les relations humaines et les difficultés du monde professionnel. Des thèmes intéressants, mais qui finissent parfois par se marcher dessus.
À mes yeux, le véritable cœur du film reste pourtant beaucoup plus simple et beaucoup plus fort : le cancer face à l’ambition.
Maxine est une femme qui a construit sa vie autour de son travail et de ses projets. Lorsqu’une maladie grave vient bouleverser son quotidien, elle se retrouve face à un choix particulièrement cruel : continuer à avancer, préserver sa carrière et prendre le risque de sacrifier sa santé, ou tout arrêter pour se soigner, avec la peur de devoir ensuite tout recommencer.
C’est cette confrontation entre vivre pour ses ambitions ou accepter de mettre sa vie en priorité qui m’a le plus intéressé. Le film aurait d’ailleurs gagné à se concentrer davantage sur ce dilemme et à développer encore plus le personnage de Maxine.
Angelina Jolie est clairement la grande force de Coutures. Elle porte quasiment le film à elle seule et livre une interprétation très juste, tout en jouant une grande partie de ses scènes en français. C’est un véritable effort, et cela apporte quelque chose de particulier à son personnage. On a envie de la suivre, de comprendre ses choix et ses doutes. Dommage que le scénario ne lui donne pas toujours suffisamment de profondeur pour aller encore plus loin.
J’ai également apprécié la représentation de la Fashion Week. Derrière le glamour et les vêtements, le film montre surtout un milieu extrêmement exigeant, où l’humain semble parfois passer après le travail : il faut produire, être disponible, tenir le rythme… et lorsque l’on n’est plus capable de suivre, le monde continue sans nous. La maladie devient presque un problème professionnel plutôt qu'un drame humain.
On sent que Coutures est un film réalisé avec des moyens relativement modestes, mais cela ne l’empêche absolument pas d’être bien exécuté. La mise en scène est élégante, l’image est soignée et certaines scènes sont particulièrement réussies.
Malheureusement, le film souffre de son envie de trop en dire. Plusieurs personnages et plusieurs thématiques sont développés en parallèle alors que le récit aurait probablement gagné en puissance en restant davantage centré sur Maxine et son combat.
Malgré une idée intéressante, le film part dans tous les sens. Le film tourne autour de trop de personnages différents, pourtant reliés, ce qui nous empêche de les découvrir pleinement et ne permet pas d’approfondir leur développement. Certaines scènes sont très mal jouées ce qui fait complètement sortir du film.
J'ai bien aimé la sensibilité à fleur de peau d'Angelina Jolie.
Voir l'envers du décors de la mode, un univers cosmopolite où se croisent des parcours très différents était intéressant. Chacun là pour ses raisons, parfois l'argent, la gloire mais aussi la survie. On aperçoit aussi tous les métiers derrière le fast qu'on voit d'habitude, l'insécurité et la précarité des intermittents du spectacle.
La question du cancer est abordée à travers le moment du diagnostic et son accueil, un angle intime et humain qui apporte de la gravité au récit.
En revanche, le contraste entre des acteurs de grand talent et d’autres plus inégaux m’a parfois sortie du film. Je n’ai pas non plus été totalement convaincue par certaines séquences, notamment celle du défilé.
Un film sensible et intéressant dans son propos, malgré quelques déséquilibres.