Nostalgie
Savoureuse histoire, qui séduira immanquablement ceux qui sont restés bloqués dans les années quatre-vingt (et en même temps, c'est tout à fait vrai, qu'il s'agit de la meilleure décennie !). Une famille tente difficilement de défriser certains clichés de cette période : Louis Garrel et Camille Cottin nous régalent, le premier en tant que père au chômage mais refusant de le reconnaître auprès de ses enfants, imaginant de toute évidence qu'un tel aveu le déshonorerait ; la seconde en femme décidant de ne plus être au foyer mais de bel et bien s'émanciper, en se formant, qui plus est dans l'informatique, secteur d'avenir mais encore très masculin. Leurs deux fils sont incarnés par le petit Simon Boublil, qui découvre les premiers émois de l'amour, à caser entre une préparation religieuse et sa bande de copains ; et par le prometteur Alexis Rosenstiehl, qui tente de prendre l'ascendant sur son frère cadet tout en se souvenant par moments que son rôle est aussi d'être exemplaire. Et même si le personnage est secondaire, Pierre Lottin, le gardien d'immeuble, est une nouvelle fois enthousiasmant.
Tout ce petit microcosme qui fonctionne très bien, on le doit à Eric Toledano et Olivier Nakache, qui parviennent, comme à l'accoutumée, à allier des fragments de vie inscrits dans l'authenticité d'un quotidien simple et vrai, avec toujours un trait d'humour charmant. C'est familial, c'est mignon, le moment est plaisant et créateur de sourires.
On sort de là en ayant envie de se pincer et... ouf, ce n'était pas une illusion !