Note moyenne
2,6
647 notes
En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
5
18 critiques
4
17 critiques
3
28 critiques
2
32 critiques
1
10 critiques
0
8 critiques
Trier par :
Filtrer par :
Toutes les notes
Une identité inventée, des informations cloisonnées, des agents qui ne savent parfois eux-mêmes qu'une partie de la mission. Mata choisit une voie moins spectaculaire que le cinéma d'espionnage traditionnel, pour observer les mécanismes humains derrière les opérations invisibles.
Rachel Lang propose un film froid et réaliste sur le monde du renseignement. Avec Eye Haïdara et Joséphine Japy en tête d'affiche. Le film dévoile l'envers du décors : la création d'une couverture, les infiltrations, la surveillance, etc... On utilise les codes et le vocabulaire. On explique les différentes missions allant de la surveillance à la sûreté du territoire.
Pour donner encore plus de réalisme, certaines scènes sont tournées dans les vrais décors de la DGSI et l'histoire confirme qu'il est juste que ceux qui rejoignent ce monde ont tous un parcours différent : Sciences Po, Polytechnique, police ou ancien militaire.
Ici, Rachel Lang, avec Mata, livre un film de genre solide, maîtrisé, et parvient encore à surprendre là où le spectateur pensait avoir épuisé toutes les variations possibles du registre.
Cette approche produit quelque chose d'assez rare. Le film ne construit pas ses personnages comme des figures presque surhumaines capables d'anticiper chaque situation ou de manipuler leur entourage avec une précision mécanique. Les individus présentés ici paraissent au contraire enfermés dans des règles, des protocoles et des informations incomplètes. Le spectateur progresse dans cet univers sans disposer d'une vision totale, avec la sensation de découvrir un monde où chacun demeure seulement un fragment d'un ensemble plus vaste.
Cette impression est renforcée par une tension plus discrète, moins tournée vers l'action pure que vers les conséquences humaines du secret. Derrière les missions et les dispositifs de sécurité se dessine progressivement une réflexion sur l'engagement, sur la solitude et sur le prix invisible de certains choix. C'est précisément à cet endroit que Mata cherche sa singularité.
Rachel Lang propose un film froid et réaliste sur le monde du renseignement. Avec Eye Haïdara et Joséphine Japy en tête d'affiche. Le film dévoile l'envers du décors : la création d'une couverture, les infiltrations, la surveillance, etc... On utilise les codes et le vocabulaire. On explique les différentes missions allant de la surveillance à la sûreté du territoire.
Pour donner encore plus de réalisme, certaines scènes sont tournées dans les vrais décors de la DGSI et l'histoire confirme qu'il est juste que ceux qui rejoignent ce monde ont tous un parcours différent : Sciences Po, Polytechnique, police ou ancien militaire.
Ici, Rachel Lang, avec Mata, livre un film de genre solide, maîtrisé, et parvient encore à surprendre là où le spectateur pensait avoir épuisé toutes les variations possibles du registre.
Cette approche produit quelque chose d'assez rare. Le film ne construit pas ses personnages comme des figures presque surhumaines capables d'anticiper chaque situation ou de manipuler leur entourage avec une précision mécanique. Les individus présentés ici paraissent au contraire enfermés dans des règles, des protocoles et des informations incomplètes. Le spectateur progresse dans cet univers sans disposer d'une vision totale, avec la sensation de découvrir un monde où chacun demeure seulement un fragment d'un ensemble plus vaste.
Cette impression est renforcée par une tension plus discrète, moins tournée vers l'action pure que vers les conséquences humaines du secret. Derrière les missions et les dispositifs de sécurité se dessine progressivement une réflexion sur l'engagement, sur la solitude et sur le prix invisible de certains choix. C'est précisément à cet endroit que Mata cherche sa singularité.
Film intéressant, qui rend justice à ces inconnus qui cherchent ou meurent dans l'ombre. L'actrice Eye Haïdara est convaincante. Le trajet, l'attitude, de son personnage interpelle d'ailleurs autant que l'histoire proprement dite du film. La chanson "Douce" de Clara Ysé (qu'on entend à la fin), colle curieusement bien avec ce personnage.
Mais était-il nécessaire de filmer dans l'ombre, du seul fait que le film traite des actions secrètes et cachées ? Même les images dans le désert semblent voilées ! Cette façon de faire était forcément voulue, c'était une ambition. Il en résulte qu'à la fois le spectateur est bien immergé dans l'ambiance, mais trop obligé d'écarquiller les yeux. On n'est même pas sûr de capter ce qu'on voit, à divers moment du film (dont la fin), à cause de l'image floue.
À ceci s'ajoute, la difficulté de compréhension propre au scénario. On finit d'ailleurs par ne plus trop chercher cette vérité qui se cache. L'amusant est d'avoir entendu évoquer Columbo, au détour d'une conversation dans le film... Or, le génie de cette série (feuilleton d'antan) était de faire en sorte que le spectateur comprenne toujours tout, tout-à-coup, en même temps que le célèbre lieutenant de police !
Mais était-il nécessaire de filmer dans l'ombre, du seul fait que le film traite des actions secrètes et cachées ? Même les images dans le désert semblent voilées ! Cette façon de faire était forcément voulue, c'était une ambition. Il en résulte qu'à la fois le spectateur est bien immergé dans l'ambiance, mais trop obligé d'écarquiller les yeux. On n'est même pas sûr de capter ce qu'on voit, à divers moment du film (dont la fin), à cause de l'image floue.
À ceci s'ajoute, la difficulté de compréhension propre au scénario. On finit d'ailleurs par ne plus trop chercher cette vérité qui se cache. L'amusant est d'avoir entendu évoquer Columbo, au détour d'une conversation dans le film... Or, le génie de cette série (feuilleton d'antan) était de faire en sorte que le spectateur comprenne toujours tout, tout-à-coup, en même temps que le célèbre lieutenant de police !
Mata est une agente de la DGSE en mission au Niger. Blessée, elle est rapatriée sans connaitre le sort de son compagnon et collègue. Pendant sa convalescence, elle est détachée à la sécurité intérieure mais va tenter d’enquêter sur le sort de son partenaire. Un film d’espionnage plutôt réussi mais sans grande saveur ni originalité. Il reste enfin l’immense talent d’Eye Haidara.
Avec Mata, Rachel Lang démarre son film comme un thriller d’espionnage tendu au cœur du Sahel avant de bifurquer progressivement vers quelque chose de plus psychologique et introspectif dans les arcanes de la DGSE, presque comme un épisode du Bureau des légendes. Cette évolution est intéressante sur le papier mais le film semble hésiter en permanence entre plusieurs directions.
Eye Haïdara est pourtant très convaincante dans le rôle principal. Son interprétation sobre et déterminée fonctionne bien, et Joséphine Japy l’accompagne efficacement. Le duo apporte une vraie crédibilité à l’univers du renseignement. Même Mélanie Laurent fait une apparition remarquée, mais son personnage paraît finalement sous-exploité tant son arc et son impact sur l’histoire restent flous.
Le principal problème vient surtout du scénario. L’intrigue devient de plus en plus compliquée et certains éléments de la fin manquent clairement d’explications. On sent aussi que le film n’arrive jamais à choisir entre l’enquête d’espionnage et le deuil du coéquipier disparu. Résultat : aucun de ces deux axes n’est réellement approfondi ou pleinement exploité émotionnellement.
Mata reste donc un thriller ambitieux et plutôt bien interprété, mais frustrant par son écriture et ses zones d’ombre.
Eye Haïdara est pourtant très convaincante dans le rôle principal. Son interprétation sobre et déterminée fonctionne bien, et Joséphine Japy l’accompagne efficacement. Le duo apporte une vraie crédibilité à l’univers du renseignement. Même Mélanie Laurent fait une apparition remarquée, mais son personnage paraît finalement sous-exploité tant son arc et son impact sur l’histoire restent flous.
Le principal problème vient surtout du scénario. L’intrigue devient de plus en plus compliquée et certains éléments de la fin manquent clairement d’explications. On sent aussi que le film n’arrive jamais à choisir entre l’enquête d’espionnage et le deuil du coéquipier disparu. Résultat : aucun de ces deux axes n’est réellement approfondi ou pleinement exploité émotionnellement.
Mata reste donc un thriller ambitieux et plutôt bien interprété, mais frustrant par son écriture et ses zones d’ombre.
Une agente de la DGSE tente de retrouver son frère d’armes (et de cœur) capturé lors d’une opération au Niger.
Elle a beau protéger la France par son travail elle est juste un pion parmi d’autres qui n’a qu’une vue partielle du monde secret qui l’emploie.
Un film sobre et sans grande surprise sur une thématique intéressante rarement filmée dans le cinéma français.
Elle a beau protéger la France par son travail elle est juste un pion parmi d’autres qui n’a qu’une vue partielle du monde secret qui l’emploie.
Un film sobre et sans grande surprise sur une thématique intéressante rarement filmée dans le cinéma français.
Une version noire en film du bureau des légendes , c est nerveux le scénario et la realisation sont léchées, l interprétation est plutôt pas mal, une bonne surprise dans le genre même si l issue est sombre.
Un film assez convenu qui manque de rythme et d’originalité, seul les interprètes arrivent à convaincre et tenir le film.
Assez décevant.
Assez décevant.
Caster le profil de la filiforme HAÏDARA comme une espionne qui peut s’infiltrer discrètement et se battre contre des robustes est peut-être un peu osé (cf la scène peu crédible du combat dans la cuisine)… Et elle n’est pas très expressive… On ne saura jamais quels sont ses liens avec PERSONNAZ qui expliquent qu’elle ira jusqu’à se mettre en danger professionnellement (alors qu’elle est présentée comme très efficace et expérimentée). Le dénouement dramatique est inexplicable et inexpliqué (rôle inefficace de la DGSE).
Et l’épilogue la voyant déambuler sans expression est uniquement sauvé par la chanson explicite sur la haine de Clara YSÉ ! Cela résume la froideur de l’interprétation...
Et l’épilogue la voyant déambuler sans expression est uniquement sauvé par la chanson explicite sur la haine de Clara YSÉ ! Cela résume la froideur de l’interprétation...
L'impression d'avoir vu un simulacre de film d'espionnage. Le scénario est confus et difficile à suivre, pour une conclusion très peu intéressante.
Notons le jeu absolument monocorde de tous les acteurs et à ceci s'ajoute un défaut que l'on rencontre souvent dans le cinéma français contemporain : la peur d'articuler.
Sans intérêt.
Notons le jeu absolument monocorde de tous les acteurs et à ceci s'ajoute un défaut que l'on rencontre souvent dans le cinéma français contemporain : la peur d'articuler.
Sans intérêt.
Un film d'espionnage/thriller à la française...bon ces derniers temps , nos films dans le genre sont pas si mal donc bon , j'étais plutôt confiant. Alors non pas que le film m'est déplu mais disons que j'ai été un chouia déçu par la prestation de l'héroïne du film que j'ai trouvé pas super crédible. L'enquête est pas trop mal ficellée même si tout indique qu'elle est seule contre tous et qu'elle va l'avoir bien profond pour rester poli. Reste qu'il manque aussi un peu d'action, alors je demandais pas du James Bond ou Ethan Hunt bien sur mais un peu plus de mordant dans le peu de scènes d'action présente....là désolé Haïdara ne fait l'affaire... Mais aller le film reste intéressant sur l'enquête et c'est déjà pas mal...
NOTE :
NOTE :
Glauquissime !
C’est seulement son 3ème film en 10 ans. Il s’agit de Rachel Lang, une cinéaste qui se fait rare. Autre curiosité pour ces 98 minutes sous très haute tension, il s’agit d’un film d’espionnage, un genre rarement abordé dans le cinéma français, ou alors ça donne le très oubliable Badh en 2025. Blessée lors d’une opération clandestine au Niger, Mata, une agente du service action de la DGSE, perd la trace de son compagnon Antoine, capturé sur place. À son retour, elle est affectée à la Sécurité Intérieure du Territoire et se saisit d’une mission de contre-espionnage dans les Alpes : une ombre semble relier ce dossier à l’embuscade en Afrique. Convaincue que ses supérieurs lui dissimulent des informations et hantée par la captivité d’Antoine, elle se lance dans une course contre la montre, hors de tout cadre officiel… au risque de tout perdre. Je ne vous cacherai pas que tout n’est pas limpide, mais c’est quasiment la raison d’être du film d’espionnage. Malgré tout, on se laisse happer par le suspense, la force des personnages et l’esthétique de la mise en scène. Plus que noir : glauquissime !
Alors qu'elle menait des études de philosophie, Rachel Lang s’est s'engagée dans l'armée pour des raisons d’argent. Elle y est devenue capitaine de réserve de l’armée de Terre et elle est diplômée de l’École supérieure des officiers de réserve spécialité état-major. Bref un background - comme on dit en bon français -, plutôt original pour une cinéaste. Ce parcours lui a donné l’envie d’écrire un film dans une arène où le cloisonnement et le secret sont de rigueur. Ce tableau d’un monde où le secret et la paranoïa règnent en maître est assez saisissant. Le choix de faire le choix d’une héroïne, - là aussi très original -, est assez gonflé. cela dit, ce film surprend car il y a peu voire très peu d’action, ce qui va en déranger plus d’un. Le propos ici est de montrer comment les agents sont prisonniers des arcanes du pouvoir, de l'influence française et de ses officines du renseignement. Le film dessine un rapport trouble avec la vérité car, tout concourt ici à l'effacement des limites et de la perception d'une situation politique d'ensemble qui sera constamment laissée hors-champ. Du classique mais très solide.
Côté casting, Eye Haïdara, qui semble devenir incontournable dans le cinoche français, campe une espionne atypique et tourmentée. Autour d’elle, Joséphine Japy, Raphaël Personnaz, Hakim Jemili, Franck Morand et Mélanie Laurent pour une très courte apparition, tiennent parfaitement leurs parties, pour une plongée plutôt habile dans une recherche de la vérité pour mieux, in fine, en souligner toute l'impuissance et la cruauté. Un beau moment entre mensonges et faux-semblants, pistes solides ou plus ténues, entre la lumière et l'ombre. Terriblement efficace.
C’est seulement son 3ème film en 10 ans. Il s’agit de Rachel Lang, une cinéaste qui se fait rare. Autre curiosité pour ces 98 minutes sous très haute tension, il s’agit d’un film d’espionnage, un genre rarement abordé dans le cinéma français, ou alors ça donne le très oubliable Badh en 2025. Blessée lors d’une opération clandestine au Niger, Mata, une agente du service action de la DGSE, perd la trace de son compagnon Antoine, capturé sur place. À son retour, elle est affectée à la Sécurité Intérieure du Territoire et se saisit d’une mission de contre-espionnage dans les Alpes : une ombre semble relier ce dossier à l’embuscade en Afrique. Convaincue que ses supérieurs lui dissimulent des informations et hantée par la captivité d’Antoine, elle se lance dans une course contre la montre, hors de tout cadre officiel… au risque de tout perdre. Je ne vous cacherai pas que tout n’est pas limpide, mais c’est quasiment la raison d’être du film d’espionnage. Malgré tout, on se laisse happer par le suspense, la force des personnages et l’esthétique de la mise en scène. Plus que noir : glauquissime !
Alors qu'elle menait des études de philosophie, Rachel Lang s’est s'engagée dans l'armée pour des raisons d’argent. Elle y est devenue capitaine de réserve de l’armée de Terre et elle est diplômée de l’École supérieure des officiers de réserve spécialité état-major. Bref un background - comme on dit en bon français -, plutôt original pour une cinéaste. Ce parcours lui a donné l’envie d’écrire un film dans une arène où le cloisonnement et le secret sont de rigueur. Ce tableau d’un monde où le secret et la paranoïa règnent en maître est assez saisissant. Le choix de faire le choix d’une héroïne, - là aussi très original -, est assez gonflé. cela dit, ce film surprend car il y a peu voire très peu d’action, ce qui va en déranger plus d’un. Le propos ici est de montrer comment les agents sont prisonniers des arcanes du pouvoir, de l'influence française et de ses officines du renseignement. Le film dessine un rapport trouble avec la vérité car, tout concourt ici à l'effacement des limites et de la perception d'une situation politique d'ensemble qui sera constamment laissée hors-champ. Du classique mais très solide.
Côté casting, Eye Haïdara, qui semble devenir incontournable dans le cinoche français, campe une espionne atypique et tourmentée. Autour d’elle, Joséphine Japy, Raphaël Personnaz, Hakim Jemili, Franck Morand et Mélanie Laurent pour une très courte apparition, tiennent parfaitement leurs parties, pour une plongée plutôt habile dans une recherche de la vérité pour mieux, in fine, en souligner toute l'impuissance et la cruauté. Un beau moment entre mensonges et faux-semblants, pistes solides ou plus ténues, entre la lumière et l'ombre. Terriblement efficace.
Un excellent thriller cocorico, l'histoire est crédible, cohérente, le montage est prenant, mais un acteur gâche l'expérience par un jeu des plus ratés.
Rachel Lang n'arrive pas au thriller d'espionnage par hasard. Officier de l'armée française autant que cinéaste, elle a construit les deux premiers actes de sa filmographie sur le territoire militaire vu de l'intérieur - Baden Baden d'abord, puis Mon Légionnaire, portrait intime des épouses attendant un retour dont elles ignorent la date et parfois la forme. Ici, Mata, agente du service action de la DGSE, rentre du Niger blessée, seule, son compagnon Antoine disparu quelque part dans le désert après une opération qui a mal tourné. À son retour, on la recycle à la DGSI dans un rôle de mentor (une mise au placard déguisée en réaffectation) qu'elle transforme en mission officieuse : en formant la jeune Héloïse aux techniques de contre-espionnage pour enquêter parallèlement sur ce que ses supérieurs cherchent visiblement à enterrer.
La filiation revendiquée est double, et elle pèse lourd. D'un côté, Le Bureau des Légendes, la série de Canal+ qui a redéfini les standards du thriller d'espionnage français en prenant le temps de construire l'ambiguïté morale de ses personnages et l'opacité des institutions. De l'autre, John le Carré, dont toute l'œuvre romanesque repose sur la conviction qu'un agent, comme tout être humain, ne connaîtra jamais la totalité de la réalité dans laquelle il opère. Ces deux modèles ont en commun d'avoir trouvé la forme adéquate à leur propos - la série pour l'un, le roman feuilletonné pour l'autre. Lang veut en distiller l'essence en cent minutes de long métrage, et ce format se révèle structurellement insuffisant pour ce qu'elle a en tête. Non pas que le cinéma soit incapable de complexité (La Taupe de Tomas Alfredson le prouve) mais parce que Mata n'a pas trouvé le principe de compression qui lui permettrait de tenir en une seule respiration ce que ses modèles déploient dans la durée.
Le second hic, c'est que tout est filmé avec la même caméra distante, le même régime de lumière neutre, dans chaque lieu et chaque situation, sans jamais différencier les espaces selon leur charge dramatique. La planque dans les Alpes aurait dû être autre chose que les couloirs de la DGSI. Elle est filmée avec la même indifférence tonale, comme si l'esthétique du dépouillement - plus proche du téléfilm d'ailleurs - était devenue une habitude plutôt qu'un outil. Puis, le hors-champ n'existe presque pas. Il est convoqué à des fins purement narratives, pour documenter une révélation ou faire avancer l'enquête, sans jamais devenir ce qu'il est dans le meilleur cinéma d'espionnage : une source d'angoisse permanent.
Ce vide du hors-champ contamine la direction des acteurs, et aucun d'eux n'en sort vraiment indemne. Eye Haïdara, révélée dans des registres vifs et solaires, est ici méthodiquement mise en sourdine. Le contre-emploi est lisible sur le papier mais la narration ne lui donne jamais les conditions pour s'incarner vraiment. La suspension de crédulité ne s'installe pas. On regarde une actrice jouer une agente. Joséphine Japy, en jeune protégée censée fonctionner comme double inversé de Mata, pâtit du même problème avec moins de matière encore pour compenser. Le dispositif du mentor et de l'apprentie devrait permettre d'extérioriser les conflits intérieurs du personnage principal en les projetant sur quelqu'un d'autre - montrer ce qu'elle était, ce qu'elle ne veut plus être, ce qu'elle risque de transmettre. Mais sans direction précise, sans que les deux actrices semblent habiter le même espace dramatique, la relation reste une mécanique narrative plutôt qu'une tension vivante.
Le twist final, annoncé de trop loin pour surprendre quiconque, cristallise les défauts du projet à tenir sa promesse. Si l'idée centrale est bien celle de Le Carré (personne ne sait jamais tout, la vérité est toujours partielle et contaminée) alors la résolution de l'intrigue devrait rester ouverte, ambiguë, inconfortable. Elle devrait laisser Mata, et le spectateur avec elle, dans l'impossibilité d'une certitude totale. Au lieu de cela, le film ferme ses propres portes, range ses révélations, distribue les responsabilités. Malheureusement, je ne sauve pas grand chose.
La filiation revendiquée est double, et elle pèse lourd. D'un côté, Le Bureau des Légendes, la série de Canal+ qui a redéfini les standards du thriller d'espionnage français en prenant le temps de construire l'ambiguïté morale de ses personnages et l'opacité des institutions. De l'autre, John le Carré, dont toute l'œuvre romanesque repose sur la conviction qu'un agent, comme tout être humain, ne connaîtra jamais la totalité de la réalité dans laquelle il opère. Ces deux modèles ont en commun d'avoir trouvé la forme adéquate à leur propos - la série pour l'un, le roman feuilletonné pour l'autre. Lang veut en distiller l'essence en cent minutes de long métrage, et ce format se révèle structurellement insuffisant pour ce qu'elle a en tête. Non pas que le cinéma soit incapable de complexité (La Taupe de Tomas Alfredson le prouve) mais parce que Mata n'a pas trouvé le principe de compression qui lui permettrait de tenir en une seule respiration ce que ses modèles déploient dans la durée.
Le second hic, c'est que tout est filmé avec la même caméra distante, le même régime de lumière neutre, dans chaque lieu et chaque situation, sans jamais différencier les espaces selon leur charge dramatique. La planque dans les Alpes aurait dû être autre chose que les couloirs de la DGSI. Elle est filmée avec la même indifférence tonale, comme si l'esthétique du dépouillement - plus proche du téléfilm d'ailleurs - était devenue une habitude plutôt qu'un outil. Puis, le hors-champ n'existe presque pas. Il est convoqué à des fins purement narratives, pour documenter une révélation ou faire avancer l'enquête, sans jamais devenir ce qu'il est dans le meilleur cinéma d'espionnage : une source d'angoisse permanent.
Ce vide du hors-champ contamine la direction des acteurs, et aucun d'eux n'en sort vraiment indemne. Eye Haïdara, révélée dans des registres vifs et solaires, est ici méthodiquement mise en sourdine. Le contre-emploi est lisible sur le papier mais la narration ne lui donne jamais les conditions pour s'incarner vraiment. La suspension de crédulité ne s'installe pas. On regarde une actrice jouer une agente. Joséphine Japy, en jeune protégée censée fonctionner comme double inversé de Mata, pâtit du même problème avec moins de matière encore pour compenser. Le dispositif du mentor et de l'apprentie devrait permettre d'extérioriser les conflits intérieurs du personnage principal en les projetant sur quelqu'un d'autre - montrer ce qu'elle était, ce qu'elle ne veut plus être, ce qu'elle risque de transmettre. Mais sans direction précise, sans que les deux actrices semblent habiter le même espace dramatique, la relation reste une mécanique narrative plutôt qu'une tension vivante.
Le twist final, annoncé de trop loin pour surprendre quiconque, cristallise les défauts du projet à tenir sa promesse. Si l'idée centrale est bien celle de Le Carré (personne ne sait jamais tout, la vérité est toujours partielle et contaminée) alors la résolution de l'intrigue devrait rester ouverte, ambiguë, inconfortable. Elle devrait laisser Mata, et le spectateur avec elle, dans l'impossibilité d'une certitude totale. Au lieu de cela, le film ferme ses propres portes, range ses révélations, distribue les responsabilités. Malheureusement, je ne sauve pas grand chose.
Un film qui met en exergue plusieurs épisodes récents ayant touché la France et la DGSE : le massacre de Kouré au Niger, la mort de Denis Alex en Somalie. Si les acteurs sont convainquants et la photographie magnifique, le scénario se perd rapidement et n'offre pas de réponse. Si le monde de l'ombre est souvent ainsi....ce n'est pas le but d'un film. Occasion ratée, dommage.
MATA de Rachel Lang avec Eye Haïdara, est surtout avec un sujet qui semblait promettre quelque chose de fort, humain et tendu. Malheureusement, le film m’a laissé complètement à distance du début à la fin.
Le principal problème, c’est son rythme. Le film est interminable, avec une sensation permanente de longueur qui finit par étouffer tout ce qu’il essaye de raconter. Beaucoup de scènes donnent l’impression de tourner en rond, sans réelle progression dramatique ni montée émotionnelle. Très vite, on comprend où le récit veut aller, et il ne prend quasiment jamais le spectateur à contre-pied. Tout est extrêmement prévisible, au point que certaines révélations ou tensions tombent complètement à plat.
Mais ce qui m’a le plus gêné, ce sont les personnages. Ils sont très mal écrits et manquent cruellement de profondeur. Impossible de réellement s’attacher à eux ou de ressentir leurs enjeux. Les dialogues sonnent souvent artificiels, et plusieurs réactions paraissent forcées ou peu crédibles. Même les moments censés être émotionnellement forts peinent à fonctionner parce que le film n’a jamais réussi à construire un vrai lien entre les personnages et le spectateur.
C’est d’autant plus frustrant que Eye Haïdara fait ce qu’elle peut avec le matériau qu’on lui donne, mais le scénario ne lui permet jamais d’exister pleinement. On sent des intentions, des thèmes, une volonté de dire quelque chose, mais tout reste superficiel et terriblement plat dans l’exécution.
Au final, MATA est pour moi un film long, prévisible et profondément inintéressant, qui échoue autant dans son écriture que dans son impact émotionnel. Une grosse déception.
Le principal problème, c’est son rythme. Le film est interminable, avec une sensation permanente de longueur qui finit par étouffer tout ce qu’il essaye de raconter. Beaucoup de scènes donnent l’impression de tourner en rond, sans réelle progression dramatique ni montée émotionnelle. Très vite, on comprend où le récit veut aller, et il ne prend quasiment jamais le spectateur à contre-pied. Tout est extrêmement prévisible, au point que certaines révélations ou tensions tombent complètement à plat.
Mais ce qui m’a le plus gêné, ce sont les personnages. Ils sont très mal écrits et manquent cruellement de profondeur. Impossible de réellement s’attacher à eux ou de ressentir leurs enjeux. Les dialogues sonnent souvent artificiels, et plusieurs réactions paraissent forcées ou peu crédibles. Même les moments censés être émotionnellement forts peinent à fonctionner parce que le film n’a jamais réussi à construire un vrai lien entre les personnages et le spectateur.
C’est d’autant plus frustrant que Eye Haïdara fait ce qu’elle peut avec le matériau qu’on lui donne, mais le scénario ne lui permet jamais d’exister pleinement. On sent des intentions, des thèmes, une volonté de dire quelque chose, mais tout reste superficiel et terriblement plat dans l’exécution.
Au final, MATA est pour moi un film long, prévisible et profondément inintéressant, qui échoue autant dans son écriture que dans son impact émotionnel. Une grosse déception.
- Meilleurs films
- Meilleurs films selon la presse