Mata
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Mata" et de son tournage !

Une réalisatrice engagée dans l'armée

Alors qu'elle menait des études de philosophie, Rachel Lang réalisait des petits films. Ayant besoin d'argent pour l'un d'entre eux, elle s'engage dans l'armée sur la suggestion d'un ami : "Naïvement, j’envisageais ça comme un job d’été. Je n’avais pas conscience que c’était un engagement sur deux ans." (Propos recueillis par le CNC).

Devenue capitaine de réserve de l’armée de Terre, elle est diplômée de l’École supérieure des officiers de réserve spécialité état-major.

Genèse

Mata est né d'un souvenir de Rachel Lang. Lors d'une opération militaire, elle se trouvait dans un petit avion entre le Mali et le Niger. Entourée de militaires, elle a remarqué un homme en civil, très discret : "Il n’a évidemment rien révélé, mais quelques éléments ont déclenché mon imagination et mon envie d’écrire un film dans une arène où le cloisonnement et le secret sont de rigueur. Après 4 heures de vol, alors que l’avion se posait sur une base dans laquelle j’allais faire escale, l’homme est sorti, il a échangé une clef USB avec un militaire, et il est remonté dans l’avion."

Un stage clandestin secret

Avant le tournage, durant trois jours et trois nuits, les quatre comédiens incarnant des personnels de la DGSE, Eye Haïdara, Raphaël Personnaz, Joséphine Japy et Franck Morand, ont vécu une expérience de cohésion et d’immersion : un stage initiatique clandestin. La réalisatrice confie : "Il s’agissait de leur faire comprendre les rapports de fraternité d’arme et de goûter à ce monde du secret. Ils ont vécu la gestion de leur propre paranoïa, expérimenté le goût de l’adrénaline, et très peu dormi !" Les acteurs ont signé un contrat de confidentialité leur interdisant de parler de ce qu'ils ont vécu. Ce stage a pu se faire grâce à la collaboration de la DGSE.

Une protagoniste féminine

Si Mata lui a été inspiré par un homme, Rachel Lang a choisi une femme comme protagoniste principal de son film. Elle était désireuse de mettre en scène un personnage féminin dans une position rarement vue au cinéma, marquée par un extrait du livre d’Anne Dufourmantelle, La femme et le sacrifice, consacré aux espionnes : "Ces femmes (…) nous fascinent car elles assument leurs désirs, même les moins avouables. Elles mentent, volent, manipulent leurs cibles, épient la vie des autres, changent d’identité, traversent des frontières sous un faux nom… Elles font ce que nous n’avons moralement pas le droit de faire, tout en étant admirées et approuvées. C’est une position jouissive, quasi érotique. L’espionne est une métaphore de la femme libre par excellence, qui s’affranchit de toutes les contraintes sociales et morales".

Références

Rachel Lang avait pour références Conversation secrète, Les Trois jours du Condor et Zero Dark Thirty, ainsi que Sicario, Les Patriotes et Les Infiltrés. Côté séries, elle cite Homeland, Le Bureau des légendes, et The Americans : "Je pense que ces fictions permettent grandement au spectateur d’entrer plus facilement, avec des codes acquis, dans le monde du renseignement."

L'apprentissage de la langue des signes

Eye Haïdara a appris la langue des signes spécialement pour le film, avec l'aide d'une coach : "Nous avons traduit chaque séquence dans laquelle je devais signer et nous avons enregistré nos séances afin que je puisse m’entraîner seule".

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