Dimanches
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Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 25 avril 2025
Un couple de vieux paysans ouzbeks habite une grande ferme. Lui élève quelques chèvres ; elle tisse des tapis et fabrique son propre pain. Leurs enfants devenus grands les ont quittés. Le cadet, avec la complicité de l'aîné, essaie de mettre la main sur un corps de ferme pour s'y installer après son mariage. D'ici là, il couvre ses parents de cadeaux dont ils ne savent que faire.

"Dimanches" est peut-être le premier film que j'aie jamais vu d'un réalisateur ouzbek. Si les cinémas kazakh et kirghize sont particulièrement prolifiques ("Ayka", "La Tendre Indifférence du monde", "Le Souffle"...), le cinéma ouzbek l'est moins, alors que la population de l'Ouzbekistan est largement supérieure à celle de ses deux voisins.

Son affiche place la barre très haut citant Ozu (pour la chronique familiale filmée à ras de chorpoï) et Kiarostami (pour la chronique de la vie rurale). Pas sûr que Shokir Kholikov s'élève dès son premier film à ces hauteurs. Son film contient de nombreuses ellipses qui en rendent parfois la compréhension difficile. L'action se déroule en l'espace de six semaines dont une journée (le lundi de la première semaine, le mardi de la deuxième, etc.) est tour à tour filmée. Chaque jour, une nouveauté technologie s'introduit dans le foyer de nos aimables retraités (un briquet le premier lundi, une gazinière le mardi, une télévision à écran plat le mercredi, etc.) qu'ils sont bien en mal de savoir utiliser. Le procédé devient vite à mes yeux répétitif.

Que dire de ce couple ? Est-il aimant ? J'en doute. L'usure du temps semble y avoir gommé toute tendresse. Le mari exerce sur son épouse une autorité patriarcale. La force des habitudes plus encore que la soumission explique la subordination de l'épouse. Quant aux enfants, on ne les voit guère, comme si l'essentiel de l'action censée donner son rythme au film se dérouler en arrière-scène.

Dernier défaut de ce film décevant : il ne franchit jamais, sinon dans son dernier plan, les murs de la cour, nous privant des visions exotiques qu'on escomptait de ce voyage dans les steppes de l'Asie centrale.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 avril 2025
Le problème du film, ce n’est pas son histoire qui n’en est pas une par ailleurs, mais c’est son rythme qui est absolument inexistant et qui nous fait vivre instant après instant la vie de ses pauvres gens qu’on peine à plaindre tant ils sont mutiques.
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2025
Belle découverte que celle de Dimanches, le premier long métrage d'un cinéaste trentenaire, Shokir Kholikov, originaire d'Ouzbékistan. L'on voit trop peu les films d'Asie centrale, en France, pour négliger cette œuvre pleine de finesse, qui impose son rythme au gré des saisons, autour d'un vieux couple qui comprend que son temps est passé. La modernité, qui se concrétise avec l'arrivée de nouveaux appareils (gazinière, téléviseur, réfrigérateur, téléphone) ou moyens de paiement, offerts par leurs fils intéressés, ils n'en ont pas besoin. Cette chronique d'un crépuscule est contée dans un mélange de délicatesse et de malice, avec un humour subtil qui se faufile aussi dans l'évocation des rapports entre le vieil homme, ombrageux, et son épouse, conciliante mais non dénuée de caractère, dans une vision espiègle des "valeurs" traditionnels du patriarcat. Plus qu'au cinéma de Ceylan ou de Ozu, auxquels Dimanches a été comparé, c'est du côté de certains films iraniens que l'on pourrait trouver un ton comparable. Toutefois, Kholikov, scénariste, réalisateur et monteur, possède son identité et son esthétique propres, avec une belle maîtrise, nourrie d'ellipses, d'un récit humble mais à l'humanité indiscutable.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 mai 2025
Ce n'est pas tous les jours qu'on peut voir un film en provenance de l’Ouzbékistan, ce pays d'Asie Centrale (un des deux pays du monde dans lequel les habitants doivent traverser 2 frontières pour arriver au bord de la mer. A vous de deviner quel est l'autre !) qui fut l'une des quinze républiques de l'Union soviétique avant 1991. "Dimanches", premier long métrage de Shokir Kholikov, est sorti en 2023 et toute l'action se déroule dans un lieu unique : une ferme située à proximité d'une ville dont on ne connaitra jamais le nom et dans laquelle vit un couple âgé. A part ce logement, un peu de terrain autour et un troupeau d'ovins, le couple possède une vieille Lada et il trouve quelques revenus à partir de la laine de leurs moutons et des tapis qu'ils fabriquent avec. Très intéressés par l'héritage qui ne va pas tarder à arriver, leurs fils vont petit à petit apporter le modernisme à leurs parents, bouleversant leurs habitudes contre leur gré et sans leur fournir sérieusement le mode d'emploi des nouveaux appareils : une nouvelle gazinière, une nouvelle télévision, un nouveau réfrigérateur, un nouveau téléphone. Plus un client qui les paye avec deux cartes de paiement en oubliant de leur fournir les codes. Certains trouveront sans doute qu'il ne se passe pas grand chose dans ce film. Tant pis pour eux s'ils n'ont pas pu voir le désarroi de ce couple face à la complexité de l'utilisation de produits modernes dont, en fait, ils n'ont que faire, s'ils n'ont pas perçu combien le fossé était grand entre les générations, s'ils n'ont pas compati au sort de la vieille épouse, qui ne trouve rien d'anormal à être considérée comme étant sa servante par son mari, un mari qui la tutoie alors qu'elle le vouvoie. Le film fourmille de petits détails relatés avec beaucoup de finesse. On devrait reparler de Shokir Kholikov et, par voie de conséquence, du cinéma ouzbèke.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 avril 2025
Le fait de leur imposer une technologie particulière au cœur d’un domaine qui demeure très traditionnel, suscite de la part de ce vieux couple des sentiments mitigés, et souvent contraires. La femme, soumise depuis toujours, et ne voulant pas contrarier ses enfants, laisse faire. L’homme, peu aimable à son égard, se cabre chaque fois qu’un élément nouveau vient perturber son quotidien, spoiler: un écran plat TV, un frigo qui ne fait pas de bruit, une gazinière automatique.
A ce stade déjà , Shokir Kholikov, le réalisateur-scénariste-monteur signe un premier film d’une maîtrise remarquable , doublé d’un portrait de fin de siècle autour d’un vieux couple . Il pose là son empreinte de manière très originale et personnelle . S’il veut nous parler des méfaits de la technologie galopante, dans un milieu défavorable , c’est aussi et peut-être avant tout pour mieux saluer ceux qui vont rester… Ils se nomment dans la vraie vie Abdurakhmon Yusufaliyev et Roza Piyazova. Ils n’ont jamais fait de cinéma. Pour la première et sans doute la dernière fois, ils crèvent l’écran Les références sont patentes qui de Ozu à Kiarostami assument une relève inattendue. Le cinéma toujours au mieux de sa résistance
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 mai 2025
Film très dur sur la solitude dans le couple, l'autoritarisme patriarcal, les sollicitations envieuses des fils sur la maison. Peu de dialogues, beaucoup de contemplation. La post synchronisation n'est pas terrible.
Frédéric T
Frédéric T

37 abonnés 56 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 mai 2025
La vie trépidante d'un couple de vieux ouzbeks ( traite des vaches, tissage, crépissage d'un mur avec paille et boue, arrivée perturbante d'une télé numérique et d'un téléphone portable,...). C'est lent et très ennuyeux. Pas d'action, peu de dialogues, sans grand intérêt documentaire. Mais certains trouvent leur compte dans ce genre de cinéma visiblement.
Eleni
Eleni

19 abonnés 146 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 février 2026
Un film très intimiste (huis clos dans une cour de ferme), très taiseux, fondé uniquement sur la sensibilité. Un couple de vieux, dont la femme a été traitée comme une esclave, mais qui, à la force de l'habitude et de la cohabitation, en sont venus à s'aimer et à s'entraider. La photo et les cadrages sont magnifiques.
Si on se laisse aller à une certaine "frugalité" du récit, le film est beau. Sinon, on peut trouver le temps long et le scénario bien mince.
Fabien N.
Fabien N.

8 abonnés 70 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 avril 2025
Un film ouzbek narrant le quotidien d'un couple de bergers ouzbeks bousculés par l'irruption brutale et imposée de la modernité dans leur quotidien? Surtout, ne fuyez pas, ce serait bien dommage!

L'histoire est touchante, toujours, drôle, parfois, toute en sobriété, en force et en subtilité, notamment dans les rapports au sein de ce vieux couple et avec leur entourage. Un film comme on en voit peu!
Jean-Paul Quan.
Jean-Paul Quan.

12 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mai 2025
Il émane de ce film une histoire authentique et simple, au plus près de deux vieux parents, 70 voire 80 ans, dans un Ouzbékistan rural, fermier. Histoire de deux vieux chassés hors du monde par leurs enfants, par les appareils modernes, enfin par la mort. Émouvant de voir ces deux êtres ne pas pouvoir résister à ce monde qui les écarte sans ménagement, brutalement. Gestes lents, simples, peau ridée, tannée, fatigue des années. La rage n'est plus possible, le combat non plus, reste la lenteur et les tâches quotidiennes; les allumettes qui craquent. Mise en scène et jeu des comédiens admirables, script et caméra en témoins légers, en sourdine, laisser le temps au temps, le film au spectateur. Ici point de prêt-à-penser ni de jugement ou de commentaire, l'histoire, linéaire dans son temps, réduite à ses faits, ses protagonistes, ses scènes, est au centre du film. On pourrait presque en conclure : chaque homme est grand, et mérite affection, quel que soit son âge.
Joakim Lev
Joakim Lev

3 abonnés 6 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mai 2025
très belle atmosphère, photographie envoûtante. le temps lent du passé en voie de disparition est ébranlé par des incursions du temps présent, la modernité. beaucoup de silence, dense de signification.
Jelomaro
Jelomaro

1 abonné 15 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2025
Un film touchant, presqu'un documentaire d'un monde qui s'effondre face au progrès. Huis clos d' un amour en filigrane qui ne s'exprime qu'à travers des codes d'un patriarcat archaique qui existe encore, une histoire simple qui détonne dans le cinéma actuel. Bravo pour ce premier film
Marc 78
Marc 78

6 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 avril 2025
Un film rare, tout de sensibilité, où le temps de la vieillesse s'éffiloche, désorienté par l'impérieuse poussée d'une jeunesse technophile.
Malika Ouchani
Malika Ouchani

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 mai 2025
Un super film
Plein d’enseignement sur la vieillesse
On peut aussi se poser la question est ce que c’est généralisable à toute société ?
Les meilleurs films de tous les temps