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En réalisateur particulièrement prolifique et éclectique, Steven Soderbergh ne cesse d'expérimenter et il s'attaque cette fois au monde de l'art en se focalisant notamment sur le vieil artiste désabusé ; trope que l'on a déjà vu maintes et maintes fois au cinéma. Et malgré un réalisateur cherchant toujours à taper dans l'originalité, c'est ici tout l'inverse qui se produit.
Ayant mis de côté les blockbusters depuis un certain temps, Soderbergh nous sert un nouveau film relativement confidentiel qui n’impressionnera malheureusement personne, même ses plus fervents admirateurs. En faisant moi-même partie, je dois avouer que je suis bien déçu de ce film que je trouve globalement plat et qui procure plus d'ennui que d'intérêt.
Les deux enfants opportunistes d'un peintre à la retraite demandent à une restauratrice et critique d'art de fausser le dernier tableau inachevé d'une collection qui pourrait avoir beaucoup de valeur lors de la mort du peintre en question. Sauf que les deux protagonistes - le peintre et la faussaire - se sont déjà croisés par le passé.
Le film tourne ainsi davantage autour de la relation entre les deux personnages mais apporte aussi des questionnements quant à la "véritable" valeur de l'art, les frontières étant souvent étroites entre le faux et le vrai mais également entre de l'art objectivement réussi (même si l'objectivité n'existe pas dans ce domaine, tout est davantage question de sensibilité) ou de l'art relativement opportuniste, c'est-à-dire qui n'a de la valeur que parce-que le peintre a acquis une certaine notoriété. Ce qui soulève l'éternelle question philosophique : qu'est-ce que l'art ?
Malheureusement, le film n'y répond pas ou que partiellement et préfère les joutes verbales entre les deux protagonistes. Ce qui est parfois intéressant mais ne rempli pas une quarante. Ainsi, malgré les très bons jeux de Ian McKellen et Michaela Coel, "The Christophers" peine franchement à convaincre et donne un sentiment de film particulièrement oubliable.
Ayant mis de côté les blockbusters depuis un certain temps, Soderbergh nous sert un nouveau film relativement confidentiel qui n’impressionnera malheureusement personne, même ses plus fervents admirateurs. En faisant moi-même partie, je dois avouer que je suis bien déçu de ce film que je trouve globalement plat et qui procure plus d'ennui que d'intérêt.
Les deux enfants opportunistes d'un peintre à la retraite demandent à une restauratrice et critique d'art de fausser le dernier tableau inachevé d'une collection qui pourrait avoir beaucoup de valeur lors de la mort du peintre en question. Sauf que les deux protagonistes - le peintre et la faussaire - se sont déjà croisés par le passé.
Le film tourne ainsi davantage autour de la relation entre les deux personnages mais apporte aussi des questionnements quant à la "véritable" valeur de l'art, les frontières étant souvent étroites entre le faux et le vrai mais également entre de l'art objectivement réussi (même si l'objectivité n'existe pas dans ce domaine, tout est davantage question de sensibilité) ou de l'art relativement opportuniste, c'est-à-dire qui n'a de la valeur que parce-que le peintre a acquis une certaine notoriété. Ce qui soulève l'éternelle question philosophique : qu'est-ce que l'art ?
Malheureusement, le film n'y répond pas ou que partiellement et préfère les joutes verbales entre les deux protagonistes. Ce qui est parfois intéressant mais ne rempli pas une quarante. Ainsi, malgré les très bons jeux de Ian McKellen et Michaela Coel, "The Christophers" peine franchement à convaincre et donne un sentiment de film particulièrement oubliable.
Vu à Montréal.
Steven Soderbergh – qui avait pourtant clamé mettre un terme à sa carrière il y a dix ans – n’arrête plus de tourner, se rangeant sans hésiter dans le cercle des cinéastes stakhanovistes proposant au moins un film par an. Un peu comme un Woody Allen de la grande époque ou notre François Ozon hexagonal, mais en bien plus éclectique. C’est bien simple, c’est un cinéaste touche-à-tout, capable d’alterner le petit film expérimental fauché (« Bubble ») avec le gros blockbuster (la saga « Ocean’s Eleven ») et d’un genre à l’autre avec une facilité et une aisance déconcertante. Il est tout de même passé du film choral sur un virus avec un casting quatre étoile (« Contagion ») à un film sur le strip-tease masculin (« Magic Mike ») ou encore d’un film fantastique minimaliste (« Presence ») à son dernier opus en date, le film d’espionnage all stars (encore) ténu mais magistral « Black Bag – The Insider ». Pareillement, on lui doit un sacré paquet de films cultes comme « Erin Brockovich » ou « Traffic » mais aussi de gros ratés comme le catastrophique « The Laundromat ». Cette fois, il revient avec un opus mineur sur le monde de l’art en quasi huis-clos avec « The Christophers ». Une œuvre qui vaut essentiellement pour son duo d’acteurs et ses joutes verbales mais qui ressemble plus à du théâtre filmé qu’autre chose en plus de demeurer opaque sur bien des aspects pour les non-initiés au monde de l’art.
Ici, on parle de filiation, de création mais aussi et surtout de pérennité et de paternité des œuvres artistiques dans un milieu où le faux tutoie toujours le vrai. Toutes ces thématiques relativement intéressantes sont coulées dans de longs tunnels de dialogues entre les deux protagonistes principaux. Un duel verbal partiellement convaincant, le long-métrage finissant par devenir bien trop bavard. Et, conséquemment, par nous perdre à force de logorrhées à intérêt variable. Le tout se déroule quasi exclusivement entre les quatre murs d’une grande maison de ville envahie par l’art sous toutes ses formes, devenant presque un personnage à part entière que la mise en scène volontairement statique de Soderbergh met en valeur. En revanche, le script botte totalement en touche concernant l’embryon d’intrigue sur l’arnaque orchestrée par les enfants du peintre. C’est un peu dommage, cela aurait aéré l’histoire et, peut-être, rendu moins marginal ce « The Christophers ». Parfois, on est même perdus par les détails de cette affaire et les digressions sur le monde de la peinture. Heureusement, le grand Ian McKellen et Michaela Coel font le travail qu’on leur demande avec le tapis rouge que leur a déroulé l’auteur. Leurs prestations brillent et tirent vers le haut ce film quelque peu austère et hermétique. Avouons cependant qu’on était à deux doigts de l’ennui poli et que la pirouette finale – aussi sympathique soit-elle – n’a pas vraiment l’effet escompté.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
Steven Soderbergh – qui avait pourtant clamé mettre un terme à sa carrière il y a dix ans – n’arrête plus de tourner, se rangeant sans hésiter dans le cercle des cinéastes stakhanovistes proposant au moins un film par an. Un peu comme un Woody Allen de la grande époque ou notre François Ozon hexagonal, mais en bien plus éclectique. C’est bien simple, c’est un cinéaste touche-à-tout, capable d’alterner le petit film expérimental fauché (« Bubble ») avec le gros blockbuster (la saga « Ocean’s Eleven ») et d’un genre à l’autre avec une facilité et une aisance déconcertante. Il est tout de même passé du film choral sur un virus avec un casting quatre étoile (« Contagion ») à un film sur le strip-tease masculin (« Magic Mike ») ou encore d’un film fantastique minimaliste (« Presence ») à son dernier opus en date, le film d’espionnage all stars (encore) ténu mais magistral « Black Bag – The Insider ». Pareillement, on lui doit un sacré paquet de films cultes comme « Erin Brockovich » ou « Traffic » mais aussi de gros ratés comme le catastrophique « The Laundromat ». Cette fois, il revient avec un opus mineur sur le monde de l’art en quasi huis-clos avec « The Christophers ». Une œuvre qui vaut essentiellement pour son duo d’acteurs et ses joutes verbales mais qui ressemble plus à du théâtre filmé qu’autre chose en plus de demeurer opaque sur bien des aspects pour les non-initiés au monde de l’art.
Ici, on parle de filiation, de création mais aussi et surtout de pérennité et de paternité des œuvres artistiques dans un milieu où le faux tutoie toujours le vrai. Toutes ces thématiques relativement intéressantes sont coulées dans de longs tunnels de dialogues entre les deux protagonistes principaux. Un duel verbal partiellement convaincant, le long-métrage finissant par devenir bien trop bavard. Et, conséquemment, par nous perdre à force de logorrhées à intérêt variable. Le tout se déroule quasi exclusivement entre les quatre murs d’une grande maison de ville envahie par l’art sous toutes ses formes, devenant presque un personnage à part entière que la mise en scène volontairement statique de Soderbergh met en valeur. En revanche, le script botte totalement en touche concernant l’embryon d’intrigue sur l’arnaque orchestrée par les enfants du peintre. C’est un peu dommage, cela aurait aéré l’histoire et, peut-être, rendu moins marginal ce « The Christophers ». Parfois, on est même perdus par les détails de cette affaire et les digressions sur le monde de la peinture. Heureusement, le grand Ian McKellen et Michaela Coel font le travail qu’on leur demande avec le tapis rouge que leur a déroulé l’auteur. Leurs prestations brillent et tirent vers le haut ce film quelque peu austère et hermétique. Avouons cependant qu’on était à deux doigts de l’ennui poli et que la pirouette finale – aussi sympathique soit-elle – n’a pas vraiment l’effet escompté.
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Vu à la première Positif au forum des images. Superbe film, cynique, profond et tendre également. Un superbe Ian McKellen.
Lori, une artiste ratée, mais faussaire douée, est engagée par les héritiers de Julian Sklar, un célèbre peintre, dont la série de tableaux inachevés, « Les Christophers », intrigue et fascine à la fois dans le monde de l'art et dans cette famille, mais c'est dans la maison de l'artiste que se déroule la majeure partie du film. La mission de Lori devient vite secondaire au profit des nombreux échanges entre ces deux personnes de milieux différents, mais similaires. Michaela Coel et Ian McKellen sont formidables, mais pas au point de sublimer une intrigue faiblarde et un humour pas assez tranchant. Ce n'est pas un "vol" à la Steven Soderbergh, mais plutôt un film autour de l'art, de la valeur des œuvres et de l'importance de l'authenticité, mais aussi une histoire d'héritage qu'il soit familial, humain ou artistique. Je n'ai pas détesté, mais ce n'est pas ce que j'ai préféré parmi les récents films du réalisateur.
Depuis que Steven Soderbergh a déclaré se retirer, il n'a cessé de tourner : huit longs-métrages et deux mini-séries pour la décennie actuelle, sont déjà à son actif. The Christophers possède bien une intrigue moyennement alléchante, mais il ne faut pas en attendre un suspense insoutenable, car c'est le cadet des soucis du cinéaste, en dépit de son aspect ludique. Soderbergh préfère s'intéresser au "duel" entre ses deux personnages principaux, un vieux maître misanthrope et aigri et une jeune peintre qui n'a pas percé et est devenue faussaire à ses heures. Les deux sont aux antipodes l'un de l'autre et ne devraient s'accorder sur rien, ni même pouvoir se voir en peinture. Sauf que l'arnaque qui sous-tend le récit et leurs différences ne sont pas aussi évidentes que prévu, qui s'en étonnera ? Il est question de toiles inachevées et le film a aussi cette apparence d'ouvrage non terminé, avec quelques twists en guise de piment, mais surtout nourrie de dialogues interminables, ou bien devrait-on dire de monologues d'un Ian McKellen à la limite du cabotinage, devant une Michaela Coel joliment expressive dans son stoïcisme altier ? Parler de théâtre filmé et de huis clos n'est pas exagéré, mais au-delà de sujets assez usés comme la valeur marchande de l'art ou la postérité, rien de véritablement exaltant ne s'y dégage, y compris sur le plan formel. N'est pas Joseph Mankiewicz qui veut.
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