En y allant avec un ami hier soir je craignais la dureté du sujet, et en réalité nous avons passé un très agréable moment. C'est un film très bien interprété et écrit qui traite avec finesse d’un double tabou pourtant lourd: la sexualité des seniors et la vieillesse chez les gays. Il combine habilement la légèreté de l’être avec la volonté de n’épargner personne en osant montrant crûment ce qu’on ne peut pas toujours imaginer. Résolument nécessaire, ce film non denué d’humour paradoxalement soulage d’offrir une vision ni douce ni trop amère de ce qui était jusque là enfoui sous le tapis et incitera espérons-le à apporter une vraie réflexion autour de l’accompagnement de ces personnes notamment dans des structures adaptées.
Le film traite plus de sujets qu'il ne le semble au prime abord,, passant du de la description quasi ethographique de cla manière dont des retraités gays passent leur journée aux Canaries en hiver à un psychodrame tout en finesse où un retraité qui a gouté à la movida sur le tard se retrouv dans le placard de par sa situation financière et son nouvel handicap. Le changement de décor est total et assumé : on passe des rcouleurs du carnaval à celles du gris bleu du pays basque, du castillan à la langue basque ; le film est majoritairement tourné en basque et cette langue n'est pas celle des moments heureux de notre héro. spoiler: Les rraltion père fille n'est jamais caricaturée comme cette répliques bien vue : "ttu m's transmis ta peur et ta honte" alors que le pére s'en est entre temps débarassé ....spoiler:
Heureusement, le comique de situations et un rythme de narration assez soutenu permettent de respirer et de ne pas nous entrainer vers le fond. Mais le constat est cynique et cruel : une certaine libération sexuelle ne serait réservée qu'à ceux qui peuvent se le permettre financièrement et physiquement.
"Maspalomas" est un drame délicat qui aborde avec beaucoup de pudeur les thèmes du vieillissement, de l'identité et de la liberté. Derrière son récit intimiste, le film parle surtout de la difficulté de continuer à être soi lorsque le corps, la famille ou la société semblent décider à votre place. Le récit s'ouvre sous le soleil des Canaries, en pleine Winter Pride de 2018. Vicente y mène depuis vingt-cinq ans une existence libre et épanouie. Mais un accident vient bouleverser cet équilibre. Rapatrié dans un EHPAD du nord de l'Espagne à l'initiative de sa fille, il retrouve un quotidien où le temps paraît suspendu, tandis que resurgissent les blessures et les renoncements d'une vie passée à dissimuler une partie de lui-même. José Ramón Soroiz livre une interprétation tout en retenue. Son visage raconte presque autant que les dialogues, faisant ressentir avec une grande justesse la nostalgie de cette vie perdue à Maspalomas. Le personnage de Xanti constitue également l'un des plus beaux atouts du film. Son amitié indéfectible avec Vicente apporte une chaleur bienvenue. On ressent constamment le manque de Maspalomas, non seulement comme un lieu, mais comme le symbole d'une liberté durement acquise. Maspalomas touche par sa sincérité.
Vincente, à la retraite, vit la vie hédoniste dont il a rêvée aux Canaries. Mais une hospitalisation va devoir le faire re-rentrer dans le placard dont il était sorti 25 ans auparavant. Une œuvre salvatrice qui n’a pas peur de filmer les corps flétris, quelque soit leur orientation sexuelle et qui parle aussi de ces vies gâchées par la société, par le regard de l’autre ou par la peur tout simplement. Un joli film plein de tendresse et émouvant.
Étrangement, je n'ai pas été touché par le portrait de cet homme. Le traitement est assez sage et les personnages secondaires mal exploités. Au final, quelles conclusions tirer de son long passage en maison de repos? Aucune. Dès lors, je me suis demandé ce que voulait dire ce film.
A 76 ans, Vicente a eu 3 vies différentes : pendant 50 ans la vie d'un homme qui cache son homosexualité, qui se marie, qui a une fille ; puis 25 ans de vie en couple avec Esteban ; quand on le rencontre, c'est en 2019 sur une plage de Maspalomas, haut lieu de rencontres LGBTQ au sud de l'île de la Grande Canarie : sa relation avec Esteban s'est terminée depuis peu et il s'apprête à commencer sa 3ème vie, celle d'un vieux gay sans attache sentimentale et donc libre de papillonner. Un épisode de sa vie qui ne va pas durer longtemps par la faute d'un AVC en pleine action. Pris en main par sa fille, Vicente va se retrouver interné dans un EHPAD du Pays Basque où il va devoir de nouveau cacher son homosexualité. C'est dans cet EHPAD que se déroule la plus grande partie du film : les rapports avec sa fille avec qui il avait rompu lorsqu'il avait quitté le foyer familial, avec les autres résident(e)s, en particulier avec son voisin de chambre, avec le personnel, les soins qui lui sont prodigués, l'arrivée de la pandémie de COVID. Tout cela est traité de façon un peu trop paresseuse, avec pas mal de longueurs et, finalement, le film passe à côté du sujet qu'on espérait voir traité : la sexualité des personnes âgées, qu'elle soit homo ou hétéro. On attendait mieux des réalisateurs de "Marco, l'énigme d'une vie" !
Grande simplicité de la narration, personnages qui existent vraiment, le film offre à comprendre ce qu'est l'invisibilité des gays vieillissants. Humaniste et émouvant.
Il est vrai qu’ils ne sont pas légion les films qui parlent de sexe, homosexuel et avec des hommes âgés. Le résultat est assez beau dans ce récit empreint de désir et d’amertume. Je n’ai pas du tout compris l’intérêt d’y rajouter le covid……. L’homme qui fait un malaise et qui doit être soigné trouve en fait sa chance en parlant de tout ce qu’il a occulté pendant sa vie. Sa fille, les cachotteries et ses amants. Et il apprend aussi quelques valeurs oubliées comme l’amitié. Instructif.
Pour une fois que le cinéma pense à la réalisation d'un film sur la sexualité du 3ème âge. L'entourage prend souvent des décisions à la place de leur aînés (parents). Peut-on laisser ces derniers vivre, ressentir leurs émotions !
Encore un film sur l’homosexualité cachée chez les personnes âgées. On y suit un homme vivant aux Canaries, placé dans une maison de retraite loin de son lieu de vie, contraint de dissimuler à nouveau son orientation. José Ramón Soroiz Ormazabal incarne avec une grande justesse cette existence pénible : l’arrivée en institution, cacher son orientation et affronter ses démons, notamment une famille qu’il a abandonnée depuis longtemps. Aitor Arregi et José Mari Goenaga traitent ce sujet avec délicatesse, dans la lignée des films de Ray Yeung (Tout ira bien, Un printemps à Hong Kong). Ils offrent une approche sensible de vies souvent éloignées de notre quotidien et nous invitent à mieux accepter les différences.
Vicente a soixante-seize ans. Vingt-cinq ans plus tôt, il a eu le courage de quitter sa femme et sa fille pour partir vivre avec Esteban, son amoureux. Depuis sa rupture avec son compagnon, il partage avec Roman, un vieil ami, un appartement à Maspalomas, la cité balnéaire gay des Canaries. Mais un AVC le foudroie. Vieilli de dix ans, hémiplégique, il est interné par sa fille dans une maison de retraite sinistre au Pays basque.
L'affiche du film et son premier quart d'heure rappellent "L'Inconnu du lac" de Garaudie ou "Jim Queen", l'hilarant film d'animation sorti le même jour que "Maspalomas" : ils sont joyeusement transgressifs, gay et gais. Brutale rupture de ton après l'apparition du titre : l'action se déplace dans le Nord, pluvieux et gris, de l'Espagne. Plus de gaîté, plus de gays, sinon l'aide-soignant séduisant de Vicente, Iñaki.
Quel est le thème principal de "Maspalomas" ? L'homosexualité au troisième âge ? C'était le sujet que sa bande (si j'ose dire) -annonce m'avait laissé augurer. Le sujet est passionnant. Peut-on être homosexuel à soixante-dix ans passés à Mykonos ou à Maspalomas, sur une plage nudiste, dans une marche des fiertés, dans un gang bang sous poppers ? Comment les plaisirs de la chair et les emballements du cœur se concilient-ils avec une chair de plus en plus flasque et un cœur de moins en moins solide ? À quel moment doit-on renoncer au sexe, s'il faut un jour y renoncer ? L'amour et la tendresse s'y substituent-ils ? Le renoncement est-il douloureux ?
Autant de questions que le sujet pose et que le film que j'imaginais aurait pu poser. Mais on ne voit pas toujours les films qu'on imaginait. Tant pis ou tant mieux. Faut-il leur en faire le reproche ?
Le sujet de "Maspalomas" n'est pas tant la fin de vie que l'éternel retour. Vicente, paralysé par une hémiplégie, a l'impression de faire un saut dans le temps, de revenir un quart de siècle en arrière et de se retrouver dans le placard dont il pensait avoir réussi à sortir. Il est en butte à l'hostilité de sa fille, qui n'a jamais accepté son départ du foyer familial. Il est pris au piège de la maison de retraite où elle l'a consigné, entouré de vieillards séniles et rétrogrades. Son voisin de chambre, Xanti, est par exemple un macho homophobe, même si au fil du temps il se révèlera moins buté qu'il n'en a l'air.
"Maspalomas" se déroule au moment où l'épidémie de Covid se déclenche. On se demande comment cet événement va impacter sur l'histoire. Mais le film dure déjà depuis près de deux heures et il est temps de le conclure, sans que toutes ses potentialités aient été épuisées. Dommage...
MASPALOMAS est un film bouleversant qui aborde avec une immense délicatesse des thèmes rarement évoqués au ciné vieillissement, la perte de liberté, le poids du regard des autres, mais aussi l'homosexualité des seniors et le droit de rester soi-même jusqu'au bout de sa vie. Au-delà de l'émotion, c'est une véritable ode à la dignité, à la tolérance et à la liberté d'être. Et pour moi amoureux de Gran Canaria, quel bonheur de retrouver les paysages lumineux de Maspalomas, qui incarnent ici un refuge, un symbole d'espoir et de liberté. Un film profondément humain,émouvant et sincère à voir actuellement au cinéma Les varietes à Marseille