10 595 abonnés
11 630 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 27 octobre 2025
Tabatha a le cœur sur la main et n'est pas du genre à faire de différence quand elle a l'occasion d'aider. Dans son grand ranch, elle accueille à la fois des adolescents et des chevaux dont personne ne veut s'occuper. Elle leur donne un foyer et de l'amour pour les remettre sur pieds en quelque sorte. Avec ce docufiction, Kate Beecroft dresse le portrait d'une femme généreuse et désintéressée qui doit gérer de lourdes responsabilités, y compris cet héritage douloureux et coûteux à la suite du décès de son mari, dont elle n'a même pas pu faire le deuil. Un quotidien précaire raconté avec pas mal de clichés mélodramatiques sous la forme d'un drame familial finalement très artificiel. Un documentaire pur et simple aurait probablement été un meilleur choix. Il y a de très beaux décors naturels, une superbe photographie et une agréable ambiance mélancolique, mais le scénario est très peu consistant. Une absence de cohérence narrative qui m'a fait décrocher à plusieurs reprises. Au final, je n'ai pas trouvé le charme d'un indie américain que j'attendais.
Entre le documentaire et la fiction, The New West brouille les lignes, à dessein, ce qui dessert le film, dans un premier temps, mais lui donne finalement une authenticité respectable. Cap sur le Dakota du Sud, où se situe un grand ranch dont la propriétaire, qui accueille aussi bien chevaux et adolescents non domestiqués. Une majorité de personnages jouent leur propre rôle, à commencer par l'héroïne et sa fille, qui essaient de se sortir de la précarité en vendant leurs chevaux aux enchères ou même sur TikTok (!). Ce qui intéresse la réalisatrice, Kate Beecroft, est moins la progression de son intrigue ou un quelconque suspense que la description d'une communauté hétéroclite réunie autour d'une matriarche en plein deuil. Ce portrait de femme, avec ses fragilités, libre et indomptable, dynamise un récit qui laisse parfois la bride à des scènes contemplatives autour de cavalcades en pleine nature ou à une voix off un brin sentencieuse. Reste que le film est attachant dans cette évocation d'une Amérique profonde et marginale, dans le droit fil de moult oeuvres du cinéma indépendant, avec les mêmes qualités et défauts, dont une tendance légère, ici, au maniérisme. A l'ouest, rien de bien nouveau, en réalité, si ce n'est une résistance farouche au modèle capitaliste dominant, diluée dans une bonne dose d'amertume.
Situé dans les paysages majestueux du Dakota du Sud, "The New West" suit la propriétaire d'un ranch en difficulté qui accueille des adolescents rebelles pour leur enseigner le rodéo et leur offrir une seconde chance. Une proposition pleine de bonnes intentions, mais qui peine à trouver une véritable intensité dramatique. Les couchers de soleil, les séances de dressage et les compétitions de rodéo confèrent au film un parfum de western moderne assez séduisant. On sent l'envie de raconter une autre Amérique, plus rurale, plus solidaire, loin des clichés habituels. Le problème vient du scénario qui semble constamment hésiter à créer de véritables conflits. Cette absence de tension dramatique finit par donner l'impression d'un film qui ne tient pas toutes ses promesses. Les thèmes abordés restent souvent à l'état d'ébauches.
The New West est un assez sympathique film où les acteurs n'en sont pas (ils jouent leur propre rôle, à l'exception de Scott McNairy, seul pro de la bande), mettant à l'honneur les chevaux dans l'économie rurale américaine (ventes aux enchères de chevaux dressés, reproducteurs, formatés pour des rodéos...), mis en parallèle d'une famille "décomposée" mais heureuse, une bande d'ados sans parents qui gravitent autour de Tabatha, une femme forte et indépendante, "impossible à dresser" (dirons les fins analystes filmiques) qui a peur de s'affirmer dans l'arène des ventes... Si l'on comprend très bien la métaphore "chevaux libres" de cette famille un peu fofolle mais attachante (métaphore qui fait penser au film Mustang, à bien des égards), le discours final sur la nouvelle génération "Tik Tok" (avec moult vidéos hystéros gonflantes pour faire passer le message) est un peu ambigu : on voit qu'en s'affirmant enfin, Tabatha spoiler: arrive à décrocher la timbale aux enchères (une vente exceptionnelle, en restant juste calme, pro, sans avoir besoin de la folie de la jeunesse qui faisait jusque-là un peu trop de galipettes bruyantes pour convaincre les acheteurs "vieille Amérique"), ce qui pose la question de savoir si le problème jusque-là était les jeunes foufous (d'accord, leurs vidéos sont pénibles, mais n'existe-t-il vraiment pas de place pour eux, dans cette Amérique rurale ? Ne peuvent-ils pas garder leur folie douce et trouver comment l'exploiter en accord avec les valeurs traditionnelles - et traditionalistes - des américains de la campagne ?). Le film préfère conclure l'arc narratif de la matriarche, ce qui est louable, surtout que l'on apprend à l'aimer sincèrement au fur et à mesure qu'elle raconte les histoires des "chiens de la casse" (ou plutôt, "chevaux de la casse") qu'elle a récupéré, et rassure sur spoiler: sa capacité à gérer son ranch (déclinant l'offre du cow-boy joué par Scott McNairy - qui a fini d'écouter les arpèges de Timothée Chalamet, pour venir ici s'abreuver d'une autre musique : celle des sabots qui frappent le sol, des hennissements et soupirs propres à nos chers canassons). Aussi, le cœur du film reste bien sûr ses chevaux, si magnifiquement filmés, parfois presque comme de belles bagnoles dont les gros plans et ralentis nous défrisent (les courses au chrono sont des scènes absolument magnifiques), mais les amoureux des bêtes tiqueront quand même sur l'objectification de ces animaux, entre les ventes aux enchères qui les monétisent dans un show bruyant dont ils se passeraient bien, et les rodéos où ces pauvres bêtes sont rendues folles à coups de ceinturons (cf The Rider, si vous ne connaissez pas encore les méthodes de dressage...). Ce qui est regardé comme un ADN des États-Unis, à l'instar de cette morale qui regarde les jeunes comme des mouches un peu trop présentes, n'est pas franchement un message moderne et progressiste. A l'inverse, on se concentrera sur l'épanouissement de la patronne du ranch, et sur la famille rigolote, disparate, joyeusement bancale, qu'elle a réussi à former.
Scénario et personnages un peu brouillons, décousus peut être à l'image de la vraie vie. De très belles images de chevaux de galops et de rodéo. Un hommage à la liberté sans doute.
Vu au festival de Deauville en compétition, c’est le premier film de la réalisatrice Kate Beecroft. Elle y a passée 3 années dans ce ranch qui est une sorte de colonies de vacances pour des jeunes dresseurs de chevaux. Si l’ambiance du film est elle bien retransmise, c’est dans le montage du film qu’il pêche. Comme si il y avait plusieurs scènes manquantes qui permet de raccrocher les wagons plus facilement. Pourtant la réalisation est impeccable que ce soit pour les chorégraphies avec les animaux ou même avec les acteurs qui sont les vrais personnes qu’elle a côtoyer. On reste un peu sur notre faim ou il se passe très peu de choses sans grande saveur.
Tabatha vit dans son ranch au cœur des Badlands, les grandes plaines du Dakota du sud. Malgré des difficultés financières, elle accueille des adolescents rebelles et leur transmet sa passion pour les chevaux, qu’elle dresse avec eux, leur enseignant la magie et la grâce du rodéo. Ensemble, ils réinventent l’ouest américain.
Bien entendu tout ici rappelle tellement "The Rider" de Chloé Zhao qu'il n'est pas évident de voir autre chose que ce cousinage et donc un premier film qui se veut très authentique mais utilise des recettes qui ont fait leurs preuves quand il s'agit de draguer les festivals du monde entier. Mais il faut reconnaitre à la nouvelle venue Kate Beecroft un savoir-faire pour filmer ces Badlands, les personnages et bêtes qui les peuplent, comme les survivants d'un monde en train de disparaitre. Pas certain que les dits habitants de ces plaines du Dakota du Sud ne trouvent pas cette représentation complètement fake, mais sur un petit provincial français ça fonctionne. Et comme souvent dans ces films qui mettent en avant des "vrais gens", des locaux, on découvre de sacrées gu....., des personnalités qui nous accompagnent assez longtemps après la projection. Et c'est le cas ici avec la dénommée Tabatha Zimiga.
vu en avp au festival du film international de La Roche sur Yon 2025. un film dans la lignée de "the rider". Et c'est justement le problème : bien moins authentique et émouvant. Le melange d'amateurs et d'acteurs professionnels fait perdre l'authenticité du concept. Et cetaines scènes ne font pas naturelles. dommage
Dans le Dakota du Sud Tabatha élève à la fois des chevaux sauvages et des jeunes rebelles en rupture, et des fois les plus difficiles à dompter ne sont pas ceux qu’on croit. En regardant ce film on pense forcément à The Rider car comme Chloe Zhao la réalisatrice mélange allègrement fiction et documentaire mais ici sans qu’on sache trop pourquoi. Et les images de la beauté pure des Badlands sont souillées par des vidéos TikTok sans le moindre intérêt cinématographique.
Tabatha vit dans son ranch au cœur des Badlands, ces grandes plaines du Dakota du Sud où l’horizon semble sans fin. Le film s’ouvre sur une suite de clips saturés de musique, trop appuyés pour trouver d’emblée une justesse. Malgré la longueur de cette première partie, derrière cette façade tapageuse, un portrait s’impose peu à peu : celui d’une femme qui, malgré la précarité, accueille des adolescentes "cabossées" et leur transmet son amour pour les chevaux.
Cette relation fait glisser le film vers un réel âpre, presque documentaire. On y voit la rudesse d’une économie restreinte, les éclats de rébellion, les cicatrices d’un passé qui pèse sur chacune. Mais à travers le soin porté aux chevaux, un souffle commun se dessine, grâce à une passion partagée étant la seule forme possible de survie.
C’est dans la seconde partie que l’œuvre trouve sa véritable orientation. La fiction, jusque-là cantonnée aux marges, s’invite plus franchement et révèle ce que signifie “New West”. Lorsqu’un homme propose d’acheter le ranch, deux visions s’affrontent : pour lui, le lieu n’est qu’un bien immobilier, une valeur marchande ; pour Tabatha, il est le cœur battant de son existence. Vendre le ranch serait céder le présent lui-même. Le passé n’est que douleur, l’avenir reste incertain, et ne subsiste qu’un aujourd’hui ténu mais nécessaire. C’est ce présent qu’elle partage avec les jeunes, ce présent sans valeur comptable mais dont l’intensité devient l’unique horizon où habiter le monde.
Ce premier long métrage de cette réalisatrice britannique qui nous plonge dans l’univers des rodéos et des chevaux dans le grand ouest sauvage américain du Dakota est une belle réussite. Oscillant entre documentaire et fiction, ce film nous raconte le destin de cette jeune femme veuve qui gère avec courage et talent un ranch avec ses enfants et d’autres qu’elle a recueillis. Ce film, qui bénéficie des superbes décors extérieurs de l’ouest sauvage avec ses grands espaces, nous permet de découvrir le monde particulier des dresseurs de chevaux dans lequel évolue cette communauté familiale profondément attachée à leur ranch et à leur vie rude mais enthousiasmante. Les chevauchées et les scènes de rodéos sont magnifiquement filmées dans ce film, sorte de western moderne que l’on a plaisir à visionner.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 27/03/2026 au Club Marbeuf à PARIS)
La réalisatrice qui s'est immergée au coeur de son sujet pendant 3 années a pleinement raconté la vie de ses acteurs amateurs. Ces derniers ont probablement joué le rôle de leurs vies, au sens propre et figuré, avec sincérité bien évidemment mais également avec talent. Un air de liberté court sur ces vastes paysages au même rythme que les galops des chevaux avec leurs talentueux cavaliers, et si vous aimez les chevaux (mais pas que) alors ce film est pour vous. J'avais mis quatre étoiles, mais je vais rectifier pour ajouter une moitié d'étoile, peut-être l'une ce celles qui brillaient dans ce ciel du Dakota du sud.