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Chamar
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2,0
Publiée le 8 février 2026
Trop loin ou trop proche : le film de Valérie Donzeilli n'est jamais à la bonne distance. Trop loin, comme le personnage qu'elle y interprète et qui regarde tout ça en visio depuis le Canada où elle est partie avec ses enfants (sans qu'on comprenne vraiment bien pourquoi). Trop proche, comme cette façon de coller aux visages en les filmant de tout près, donnant une impression voyeuriste, impudique — gros plans qui, en dissolvant le visage, évacuent aussi la possibilité d'une rencontre. Trop loin, face à la réalité brutale de la précarisation invisible et quotidienne de l'auto-entreprise (qu'on était pourtant vraiment content de voir abordée dans un film), ici réduite souvent à l'anecdote ; trop proche, embarquée dans ses mirco-fictions plutôt plates, pour percevoir la violence généralisée et macro-sociale de l'individu interchangeable, monnayable, évaluable à l'infini. Le plâtrage scénaristique achève de boucher chaque possible faille entr'ouverte par la mise en scène. Et ce qui aurait pu être un cri de cinéma politique se fourvoie dans le fantasme de la réconciliation sociale, finalement plutôt cohérente avec la facture très conventionnelle de l’ensemble.
Film hyper intéressant pour les gens qui ont conscience d'avoir choisi leur vie. Autant ceux qui triment ou ont trimé (pour vivre ce qu'ils veulent ou voulaient vivre) que ceux qui refusent de trimer pour faire ce qu'il est facile de faire (afin de survivre, voire de très bien survivre). Le cas d'école de celui qui choisit de se sacrifier pour son art est sans doute Van Gogh (et le héros du film). Le cas d'école du contraire aujourd'hui semble être celui qui bosse dans la drogue (voire le gamin de la rue). Mais ces remarques ne font pas partie du film. Ce n'est pas un film politique (sur la pauvreté), bien qu'on puisse y croire un peu.
Ceux qui ne se sont jamais posé cette question du choix de vie, c'est-à-dire du "prix de la liberté" (la plupart du temps), passeront sûrement à côté du film - bien qu'ils soient peut-être les chanceux de notre société...
Les autres (ceux qui se sont posés la question), en sortiront très émus (quels que soient leurs choix de vie). Le film fait tout pour cela, sur le plan mise en scène, comme sur le plan acteurs (essentiellement Bastien Bouillon - une vraie découverte). Il n'y a aucune digression ; il n'y a aucune fantaisie ; c'est totalement réaliste. Tout participe au cœur de l'histoire du héros, les collègues, la famille, la partenaire sexuelle, et finalement une kyrielle d'autres - cette cohorte d'humains qui pour l'essentiel ne comprennent pas (mais qui fourniront la matière aux personnages du roman, tous "à pied d'œuvre").
Un morceau de la fin est incohérent, sur le plan scénario comme réalisation. On ne comprend pas comment cet excellent film a pu avoir cette faiblesse. Mais on n'en dira pas plus côté défaut, puisqu'il ne présente que celui-là.
spoiler: On ne voit pas en effet comment le roman a pu sortir avec plein de phrases bien construites, vu que l'auteur a juste fourni des carnets de notes à son éditrice, juste des notes télégraphiques, ayant perdu son ordinateur. Il manque cinq minutes de film.
Avec beaucoup de finesse et de délicatesse, Valérie Vonzelli nous livre le récit d’un écrivain amené à faire des petits boulots… sa nouvelle vie s’avère être à mi-chemin entre de l’esclavage moderne même si tout cela se fait malgré tout « au prix de sa liberté ». Bastien Bouillon est exceptionnel. La réalisation de Donzelli toujours aussi belle, simple, poétique, et bouleversante.
Belle interprétation de Bastien BOUILLON, délicat, authentique. L’histoire est profonde mais le ton n’est ni pompeux ni mélodramatique. J’ai beaucoup aimé.
Bien troussé, drôlement bien troussé , ce film totalement imprégné d’une écriture posée juste sur les sentiments dans lesquels un jeune idéaliste s’embrouille pour plus de vérité, plus de liberté. Une quête de sens dit ce photographe qui opte définitivement pour l’écriture sur laquelle sa maison d’édition s’emballe au début, puis ralentit les frais quand les mots n’ont plus de succès. Valérie Donzelli parait avoir une petite dent contre la profession qu’elle renvoie dans ses cordes sur l’insistance de son héros, cabré fièrement dans sa dignité. Il la place aussi bien sur sa page blanche que dans la réfection d’un lavabo . Il fait des petits boulots labellisés au plus bas prix d’une ubérisation contrainte. « Socialement, plus rien de précis » comme il dit . Son chemin est pavé de ce genre de répliques, de formules que Donzelli et Bouillon harmonisent au gré d’une caméra fouineuse et d’un personnage attachant . En vue de paupérisation, il ne se plaint jamais . C’est le choix de sa vie, il l’assume. Il faut alors le voir et l’entendre au final, surtout ne pas le raconter. Il est claquant !
Un film, une mise en scène et un jeu d’acteur d’une sobriété et d’une puissance incroyable. Bastien Bouillon dispose d’une palette creative unique. Il ne veut pas ralentir, il veut juste vivre
Film avec beaucoup d'émotion. Bastien Bouillon est sensible, touchant et touche à tout ! Des petits boulots mal payés, avec cette plateforme tordue. Ceux qui y font appel sont souvent détestables. Les rapports aux enfants sont aussi bien vus. Mais pourquoi cette galère ? Bon film intimiste
Une justesse et une finesse magnifiques dans ce qui est très certainement le meilleur film de Valérie Donzelli. Quant à Bastien Bouillon : une extraordinaire interprétation !
Très bon film sans pathos, sans explications inutiles, sans recherche du sensationnel, mais un film seulement humain. Juste une mise en avant de ce qui est visible au premier abord avec derrière la possibilité de deviner les secrets de l'âme d'un écrivain qui choisit de suivre sa voie. Gros plans et scénario mettant le spectateur dans la position d'inventeur. Tout n'est pas donné d'emblée.
Un brin déçu... L'acteur principal est séduisant à souhait, et joue bien l'intello un peu gauche sur les tâches manuelles... Mais j'aurais aimé savoir pourquoi il veut écrire... c'est dans son premier livre que l'on ne peut pas lire bien sûr , ce qui me laisse bien sur ma faim... Car la démarche reste énigmatique... Beaucoup l'aide (prêt de studio, et de voiture) pour une situation précaire qui, soit dit en passant, lui prend certainement plus de temps et d'énergie qu'un CDI ne pourrait lui offrir pour son écriture tant désirée Le film reste agréable avec quelques vieux tubes...
Quel ennui ce film ! Je me sus assoupie à 2 reprises., ce film résume l’art de rater sa vie……se couper de ses enfants ! On peut écrire tout en prenant des photos, me semble-t-il, sans être obligé de faire des petits boulots manuels réservés aux personnes sans qualification ! Le passage de l’accident avec le cerf est de trop,……à.part la dernière scène émouvante, ce film n’imprime me pas
"À pied d’œuvre raconte l’histoire vraie d’un homme qui renonce à son métier dont il ne comprend plus le sens pour se consacrer à sa véritable passion, l’écriture. Mais être publié ne veut pas dire gagner sa vie…"
Ce n’était clairement pas gagné d’avance : un film d'une réalisatrice dont je n’apprécie pas vraiment le cinéma (notamment le très grossier L’Amour et les Forêts), avec, dans le rôle principal, l'un des acteurs français que j'apprécie le moins et que l'on voit à peu près partout depuis un an. Autant dire que j’abordais le film avec pas mal de réserves.
Et pourtant, À pied d’œuvre est parvenu à désamorcer mes réticences. Plus fin et plus subtil qu’attendu, le film retrouve par instants la simplicité et la naïveté pleine de sincérité de La Reine des pommes, le tout premier long métrage de la réalisatrice. Ici, elle fait le pari audacieux de suivre un homme qui choisit volontairement le déclassement social et la précarité pour se consacrer entièrement à une seule chose : l’écriture. Un geste radical, presque à contre-courant, que le film observe avec une certaine douceur.
Récompensé par le Prix du scénario à la dernière Mostra de Venise, À pied d’œuvre se distingue par sa modestie. Malgré quelques piques pour dénoncer l’uberisation de notre société, le film évite soigneusement le discours politique trop appuyé. Il préfère rester à hauteur d’homme, dans une chronique discrète, mais globalement juste.
La surprise vient aussi de Bastien Bouillon, convaincant dans une interprétation sobre. Il incarne avec crédibilité cette obstination, sans jamais trop en faire.
On retrouve malgré tout la patte légère et légèrement décalée de la cinéaste, qui pourra agacer certains par son regard parfois un peu angélique, voire naïf, sur un monde de la précarité sans trop d'aspérités.
À pied d’œuvre n’est pas un grand film, mais il propose une réflexion touchante sur l’écriture comme acte de résistance, et sur le pouvoir de l’Art pour redonner du sens à des existences en marge. Une œuvre modeste, imparfaite, mais finalement assez touchante.
Enfin un film qui raconte la vraie vie Un écrivain qui Galère . un scénario bien écrit . et la langue française est mise à l'honneur . et pas de scene de sexe . La voie off . aussi J'ai appris et je me suis pas ennuyé voila pourquoi j'aime le cinéma