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Stéphane Méaux
2 abonnés
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4,5
Publiée le 14 mars 2026
Quelle bonne surprise ce film. Quand on sort on a envie de lire le livre qu'écrit le protagoniste; cela parle de notre epoque. L`écrivain qui se met en condition precaire est une excuse pour faire un pas de cote et observer les hommes et les femmes, les uns qui poursuivent le confort, les autres qui essaient de s’en sortir. Entre les 2 tout de meme, luxe supreme, l’artiste qui cherche a perpetuer son art.
Que ça soit une histoire vraie ou pas ne change pas grand-chose. J'ai trouvé le film un peu long à démarrer. On en avait dit monts et merveilles, moi j'ai trouvé que c'était pas mal sans plus. Bouillon est assez sobre, comme l'écriture du gars qu'il incarne, je suppose.
Magnifique film, parfaitement maitrisé. Le scénario est troublant de sincérité, tant la quête du personnage est plus forte que tout. L’art au delà du raisonnable bourgeois. Les acteurs sont grands, le texte et mieux encore les silences… Bravo!
Le film de Valerie Donzelli, « A pied d’œuvre » raconte l’histoire de Paul, un photographe de mode reconnu qui abandonne son métier pour se consacrer à sa véritable passion, l’écriture …hélas malgré le succès critique de ses premiers romans, ses ventes restent faibles et il se retrouve financièrement précaire. Achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n’augure aucune fortune... C’est cela l’écriture !! Pour subvenir à ses besoins il s’inscrit sur une application de « jobbing » où les emplois proposés le sont aux enchères inversées…plus tu baisses ton prix, plus tu as des chances d’obtenir le travail…le plus souvent de petits boulots pénibles et mal rémunérés. Le film est une adaptation du roman autobiographique éponyme de Franck Courtés que j’ai lu et pas du tout aimé…ne comprenant pas ce choix de vie, ni l'intérêt d'en faire un roman…Je n’ai pas plus aimé ce film qui reste fidèle au roman…la mise en images du texte renforçant l’impression déplaisante que m’avait laissé le livre... Quand on voit le film, en observant la dépendance à l’application de recherche de petits boulots subie par Paul, en constatant sa transformation en domestique anonyme et interchangeable, on en arrive vite à se demander où est la liberté dont se réclame Paul … On se félicite toutefois que cela permette au film de Valérie Donzelli de montrer l’ubérisation de notre société et de réfléchir sur l’attirance du monde contemporain pour cet usage de noter sur les réseaux tout service rendu, à partir du moment où il est tarifé… En dehors de cela je m’y suis profondément ennuyé et je suis demandé ce qui avait justifié le prix du scénario reçu à la dernière Mostra de Venise…
Un film en grisaille qui n’inspire pas la joie de vivre. Le héros, focalisé, obsédé par sa passion pour l’écriture, progresse au long du film vers un effacement total., presque une descente aux enfers symbolisée par l’absence de lumière du film. il se coupe de tout, tendant même vers le mutisme et vivant avec le minimum. Cependant cette apparente morosité est l’etape nécessaire pour se réaliser. Et cette vie dure et exigeante au rythme incessant des petits boulots mal payés est initiatique . Elle est intéressante à un autre point de vue car elle permet de dénoncer une nouvelle forme d’esclavagisme souterrain . L’acteur principal joue très bien avec l’économie émotionnelle imposée à son personnage, c’est touchant et très convaincant. Un bon film.
Bastien Bouillon est bon, mais le scénario ne tient pas debout. Déjà, il existe en France le RSA, donc j'ai du mal à avoir de la peine pour un soi-disant "pauvre" qui n'a pas de loyer à payer. Et puis le personnage est volontairement "intello" et maigre, il n'est pas crédible qu'il se lance dans du bricolage - alors que l'auteur dont l'histoire du film est tirée n'a effectivement pas cette même allure. Et puis il est agaçant que ce personnage n'aie à aucun moment un peu de recul sur ses privilèges et les nombreux "filets de sécurité" dont il dispose en réalité...
parcours juste sincere et émouvant d'un artiste qui veut vivre de son oeuvre et accepte d'en assumer toutes les conséquences: travailler dur pour survivre et tenter d'écrire : mais finalement cest ce chemin semé d'embuche qui lui apportera l'inspiration. Cest touchant c'est realiste et c'est aussi drôle comme l'est l'existence parfois. un bijou ce film
En voulant faire un film social et réaliste, adapté de l’histoire vraie éditée en livre par un écrivain, Valérie Donzelli perd ici tout ce qui faisait la qualité indéniable de son Cinéma : de l’élan, de la fantaisie, de l’imaginaire et de la joie comme dans Notre-Dame ou La guerre est déclarée..On peine ici à s’enthousiasmer pour cet écrivain sans flamme et ce film sans surprise, gris et désenchanté..
Très beau film adapté du roman de Franck Courtès - autobiographique - qui choisi de devenir écrivain. Il s'enfonce alors dans une vie de galères aux dépens de sa vie privée pour réaliser son rêve et sa passion de l'écriture. Le film est beau et très émouvant. Bastien Bouillon exceptionnel.
Valérie Donzelli que l’on connait pour sa fantaisie décalée, son goût du conte et de la légèreté, trouve l’occasion d’exprimer une autre facette de son talent de cinéaste avec l’adaptation du roman de Franck Courtès. Sans toutefois abandonner les invariants qui font sa marque de fabrique, elle signe un film très politique et poignant sur la précarité de tous les artistes. A pied d’œuvre rappelle leur nécessaire contribution à l’éducation et à l’émancipation dans une société de plus en plus violente, de plus en plus clivante, de plus en plus cupide. Elle fait aussi le procès d’un monde du travail trop souvent aliéné et aliénant, sans valeur ni répère économique et social. Vibrant d’émotion, tout en évitant misérabilisme et angélisme, elle construit son récit sur un subtil tempo ponctué de parenthèses mélancoliques et enchantées avec des chansons de Serge Reggiani et Alain Souchon. Sa caméra toujours à la bonne distance saisit la banalité du quotidien avec d’élégants cadrages, qu’une très belle photo magnifie par des séquences avec un joli grain de super 8….. L’intelligence de son adaptation, tient à ce juste équilibre qu’elle entretient entre la déchéance matérielle qui frappe cet homme d’une part, et son entêtement à assouvir sa soif de création, sa volonté inébranlable de poursuivre un idéal malgré son lent effacement social d’autre part. Un très beau film tout en délicatesse.
Répétitif à souhait, on ne peut que saluer l'impeccable prestation de Bastien Bouillon dans un film particulierement tiede! On a du mal à croire à un photographe plutot bogosse qui abandonne tout pour se lancer dans l'écriture quitte à crever la dalle! Je suis désolé mais je ne connais personne qui éffectuera des travaux de plombier ou vide grenier pour 20 balles??? De plus, vu le physique plutot avenant de Bastien, on pourrait plutot croire qu'il va vivre de ses charmes! D'ailleurs on le pense quand il attérit dans le lit d'une inconnue ! Pas très crédible tout ca ! Entre nous, quand on veut survivre et vivre de sa passion, il y a des jobs dans les fast-food ou en centre d'appels! Ce qui sauve ce film médiocre mais la réalisatrice n'a jamais réalisé de films de grande valeur, c'est la prestation de Bastien qui se réinvente à chaque film! Pour le reste, si vous avez du temps à perdre!
Un film intéressant, tiré d'un livre : un photographe quitte son métier et la vie confortable qui était associée (bon salaire, logement dans un bel appartement parisien, vie de couple, éducation de ses enfants) pour devenir écrivain. Après quelques succès littéraires, il doit démarrer son quatrième livre et le film débute donc ainsi. Ce qui m'a plu c'est l'histoire, la face cachée du monde artistique, la difficulté réelle de vivre d'un talent d'écriture. L'acteur joue très bien son rôle et la mise en scène est réussie, le film est dynamique. J'ai apprécié aussi la façon de filmer les "petits métiers" sans jugement de valeur, montrant ainsi la difficulté de ces vies professionnelles fragmentées, en dehors du salariat. Le site "jobber" est un pastiche assez cynique de cette réalité du monde du travail, existante dans les grandes villes surtout. Pendant tout le film, on se demande, un peu à l'image du père du protagoniste : "mais pourquoi il ne cherche pas mieux ?" mais justement le film interroge de façon sensible la question du rapport à l'argent, à la notion de travail, en montrant que justement, il existe des marges, d'autres vies possibles. Ce qui m'a déplu ce sont certaines scènes, que je juge "trash" (notamment la scène avec le chevreuil) et qui n'apportent rien au film si ce n'est du sensationnel. Dans la réflexion globale du film, j'aurais préféré des scènes suggérées plutôt que montrées (et cela n'aurait pas fait la part belle aux chasseurs qui ont certainement fourni le chevreuil pour l'équipe du film). Donc un film original, qui montre l'envers du décors du monde de l'art, et notamment du travail de l'écrivain.