Ce film c'est l'électricité sans le courant
Présenté hors-compétition en ouverture de Cannes 2026, La Vénus électrique de Pierre Salvadori avait tout pour séduire. Le résultat laisse franchement à désirer. Cette comédie romantique en costumes, portée par un quatuor de noms solides, peine à justifier sa présence sur la Croisette. Salvadori tente de faire à la fois rire et pleurer, d'être léger et profond. Il finit par ne faire ni l'un ni l'autre.
Le premier problème, et le plus gênant, c'est le scénario. Il est trop écrit, trop construit, et ça se voit. Pour une comédie qui devrait aller vite et rebondir, le film traîne et décroche l'attention très rapidement. Deux heures deux minutes pour cette histoire, c'est tout simplement trop long. Une heure quarante aurait largement suffi.
Le jeu des acteurs, ensuite. C'est excessif, souvent caricatural. Pio Marmaï cabotine beaucoup, avec une constance qui finit par fatiguer. Gilles Lellouche, d'habitude bien plus juste, surprend ici de la mauvaise façon : son personnage frôle la parodie. On a l'impression que tout le monde joue trop fort, comme si les décors chargés et les couleurs saturées avaient contaminé les interprètes.
La mise en scène ne rattrape rien. Elle recycle des idées vues mille fois sans jamais imposer quelque chose de vraiment personnel. La reconstitution du Paris des années folles est correcte, propre, mais sans caractère. On est plus proche du téléfilm soigné que du grand cinéma. La photographie, surtout, est franchement décevante.
La structure en double chronologie, passé et présent qui s'alternent, aurait pu être un atout. Elle devient vite une source de confusion puis de lassitude. Les rebondissements se répètent, les quiproquos tournent en rond, et on finit par regarder l'heure. La première partie est laborieuse, la fin carrément ratée.
Ce qui manque par-dessus tout, c'est l'émotion. L'histoire d'amour au coeur du film ne provoque rien. On regarde les personnages s'agiter sans jamais vraiment s'y attacher. Pour un film qui parle de deuil, de désir et de renaissance, c'est quand même un problème sérieux.
*La Vénus électrique* n'est pas un désastre. C'est pire que ça : c'est un film qui avait tout ce qu'il fallait pour réussir et qui n'y arrive pas. Salvadori connaît sa recette par coeur, mais cette fois-ci elle ne prend pas. On sort de la salle sans avoir été touché, sans avoir vraiment ri. Juste un peu fatigué.