Seuls les rebelles
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Seuls les rebelles" et de son tournage !

Une métaphore de la lutte

Si Seuls les rebelles est une histoire d’amour, c’est aussi une réponse à « notre époque particulièrement inquiétante… que ce soit en Orient et maintenant en Occident », explique la réalisatrice. En mettant en scène deux individus qui tombent amoureux et vont à l’encontre des conventions, elle utilise cette métaphore pour parler de lutte : « Tous mes films, documentaires ou fictions [...] sont marqués par une sorte de révolte et de scandale. Je me garde bien de théoriser ou de revendiquer un quelconque statut, mais je ne cesse de travailler la question de la confrontation à l’ordre établi ».

Un tournage bouleversé par la situation géopolitique

Au moment de tourner, Beyrouth était bombardée par Israël. La production a proposé à la réalisatrice de transposer le Liban à Marseille ou dans une autre ville française mais elle a refusé. Elle tenait à documenter une ville menacée de disparition : « J’ai pensé qu’on allait assister à la fin du Liban. Mon film est devenu une fenêtre cinématographique sur mon pays d’origine, à ce moment-là. J’ai eu tellement peur que Beyrouth ne se transforme en un tas de ruines sous les bombardements israéliens, que j’ai décidé de sauver chaque décor de cette histoire, de la filmer rue par rue afin de prouver qu’elle a existé. »

Filmer Beyrouth à distance

Si la réalisatrice tenait absolument à filmer Beyrouth, elle n’y a pourtant pas mis les pieds. Elle supervisait depuis Paris une équipe de tournage à Beyrouth, alors que la capitale libanaise était en urgence absolue.

Un procédé visuel utilisé de façon quasi inédite

Les images tournées par l’équipe libanaise ont été rétroprojetées au studio de la Montjoie, en banlieue parisienne. Danielle Arbid développe le procédé : « La transparence est un procédé mêlant dans un plan une projection de film à une prise de vues. Dans les vieux films, il a été très utilisé pour des scènes montrant des personnages situés dans des avions, trains ou voitures… Certains cinéastes comme Ken Russell, Kubrick, Ruiz, Von Trier ou Mandico plus récemment, etc. l’ont aussi utilisé en le détournant, mais aucun long-métrage à ma connaissance n’a été entièrement réalisé de cette manière. »

Dans le sillage de Sirk et Fassbinder

En mettant en scène un couple que tout oppose, Seuls les rebelles peut s’apparenter à Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk et Tous les autres s’appellent Ali de Rainer Werner Fassbinder. La réalisatrice évoque également Bad Luck Banging or Loony Porn de Radu Jude : « [Mon film] résonne avec tout un pan du cinéma qui se fonde sur le principe des antithèses qui raconte la quête d’un même idéal, la recherche entêtée d’une justice sociale et d’un monde empathique. »

Une longue collaboration

Hiam Abbas a joué dans le premier court-métrage de Danielle Arbid, Raddem, en 1998. Depuis, une grande amitié lie les deux femmes. La réalisatrice ne tarit pas d’éloges au sujet de l'actrice : « Au fil des ans, j’ai vu Hiam évoluer professionnellement, avec intelligence et sans opportunisme. Son talent, sa beauté et surtout sa liberté de choix sont rares et précieux dans le paysage cinématographique. Le travail avec Hiam est une pure partie de plaisir. C’est une partenaire idéale. »

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