Le Temps des moissons
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FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 juin 2026
L'histoire de « Shengxi zhidì » se déroule en 1991, mais on pourrait se croire des décennies plus tôt, tant le cadre de ce village rural chinois est primitif. Si l'industrialisation ne s'est pas développée dans tout le pays, y compris aujourd'hui, cela montre aussi la transformation du pays en peu de temps. Si l'on ne voit pas la Chine contemporaine, on assiste quand même aux changements socio-économiques et à leur impact sur les plus isolés et les plus démunis. Le petit Chuang en fait partie, avec ce déracinement vécu lorsque ses parents partent travailler en ville. On suit le quotidien de ces gens avec leurs habitudes et traditions comme s'il s'agissait d'un documentaire. Il y a des choses intéressantes et des scènes touchantes, mais l'ensemble est quand même très linéaire et trop contemplatif. Je peux également ajouter les scènes de cruauté dont on aurait pu se passer. C'est joliment réalisé et jamais ennuyeux, même si le temps m'a parfois paru long, mais je ne me suis jamais passionné pour cette histoire. Ce n'était tout simplement pas pour moi.
miketbrijou
miketbrijou

2 abonnés 124 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2026
Touchante chronique du passage à la mécanisation des campagnes chinoises au début des années 90 à travers la famille et le petit village du réalisateur. À la fois documentaire et film épique dont le scénario a été récompensé à Berlin mais aussi censuré en Chine. Très beau mais un peu long parfois.
jean loup zamboni
jean loup zamboni

23 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 février 2026
Une magnifique chronique des temps pas si lointains. La vie dans les campagnes chinoises avant la mécanisation. Solidarité, mainmise du parti, traditions séculaires. On ne voit pas le temps passer, et on ressort ébloui. Une merveille de délicatesse.
Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 601 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 janvier 2026
Faux docu pour vraie réalité

Le 1er film du chinois Huo Meng est salué de concert par la critique et les spectateurs. Un fait suffisamment rare pour être souligné. Chuang doit passer l’année de ses dix ans à la campagne, en famille mais sans ses parents, partis en ville chercher du travail. Le cycle des saisons, des mariages et des funérailles, le poids des traditions et l’attrait du progrès, rien n’échappe à l’enfant, notamment les silences de sa tante, une jeune femme qui aspire à une vie plus libre. 135 minutes plus tard, je joins mes applaudissements à cette belle unanimité. Aussi beau, émouvant qu’instructif. Huo Meng a remporté l’Ours d’Argent de la meilleure mise en scène lors de la dernière édition de la Berlinale.
Quand la Chine revisite son passé proche… Le Retour des hirondelles de Li Ruijun, en 2022, ou encore le formidable Black Dog de l’an dernier, abordaient déjà ce thème de la mutation violente du pays vers les temps nouveaux. Le plus difficile ici est de penser que tout cela se passe il y a moins de 30 ans… Et donc de concevoir l’incroyable progrès technique qui a submergé ce pays en si peu de temps. 1991, reste donc une date importante dans l’histoire du pays puisque c’est à cette époque qu’a pris fin le collectivisme après plus de trois mille ans d’existence. Alors que le pays reposait autrefois sur un système social agricole collectiviste dans lequel les paysans généraient une grande partie de leurs revenus, le nouveau mode de fonctionnement était radicalement différent. Tout est ici observé à hauteur de regard d’un garçonnet de 10 ans – l’ensemble est bien sûr totalement autobiographique -, moissons faites à la serpe, adultes illettrés, pas de voitures, si peu de confort et de place dans l’habitat qu’on vit dehors, mariages arrangés, et surtout politique très répressive de l’enfant unique menant à cacher les grossesses ou à éclater les familles, rôles rendus flous par les fraudes sur cette politique, une tante étant déclarée comme la mère de son neveu, lui-même vivant avec ses grands parents tandis que son père et sa mère sont allés chercher du travail à la ville… l’État, quant à lui, dynamite progressivement le fragile équilibre des traditions, réduit les individus à des lignes sur leurs carnets d’identité et troue littéralement les champs à l’explosif pour y chercher du pétrole. Le cinéaste s’est toutefois bien gardé d’idéaliser ce monde sur le point de disparaître. Pour nous, il en résulte un propos d’un pessimisme généralisé compensé par la l’incroyable beauté des images,- variations de la lumière rendues possibles par le passage du temps sur la nature, et les cadrage offrant des tableaux où toute la famille trouve sa place, dans un regard statique qui s’anime par moments dans des plans-séquence où la vie fourmille, que ce soit dans l’arrière-plan ou l’atmosphère sonore qui fait la part belle au hors champ. Tout simplement magnifique.
Le petit Shang Wang crève l’écran. Tous les autres, - tous aussi inconnus pour nous les uns que les autres -, Chuwen Zhang, Zhang Yanrong, Zhang Caixia… s’en tirent parfaitement. Il n’y a évidemment pas vraiment de scénario dans cette fresque où il n’est pas question de nostalgie pour un âge d’or des travaux et des jours, mais bien de compassion envers les laissés-pour-compte de l’Histoire, à travers un monument de l’ethnographie et du cinéma réunis. Le succès de ce film à l’étranger le disqualifie de fait dans son propre pays où il n’a toujours pas reçu d’autorisation de distribution. Si Huo Meng voulait préserver les souvenirs d’une Chine qui n’existe plus, il est clair que le PCC est bien décidé à éradiquer ces souvenirs.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2026
Arrivé de nulle part, primé sans prévenir à Berlin, ce long métrage est dédié au village d'enfance de son auteur, et la sincérité de son propos ressort à chaque minute.
Qui ne veut pas dire obligatoirement véracité, car Huo Meng avait sept ans à l'époque, néanmoins ce portrait de la société rurale chinoise de l'époque est présentée au travers des yeux d'un enfant de cet âge, Chuan.
Avec une photographie classique mais irréprochable pour rendre le cycle des saisons, la mise en scène est d'une maitrise surprenante, alternant les scènes collectives, les poursuites d'une personne en caméra portée et les plans rapprochés dans une fluidité sans faille. Le rythme est dense, les liens familiaux pas toujours évidents à repérer - surtout avec les différents noms chinois- mais qu'importe l'essentiel ressort avec force dans ce panorama socio-historique d'un monde rural en train de basculer.
Dans ce kaléidoscope foisonnant, les grands moments de la vie communautaire sont passés en revue: la vie famille élargie pour s'entraider, récolter, survivre; les naissances contrôlées par le parti, l'alphabétisation à marche forcée, le départ des adultes vers les emplois ouvriers citadins, les rites matrimoniaux et funéraires ancestraux.
Mais l'intérêt majeur est aussi le caractère universel de cette fresque. La transition sans retour de la charrue au tracteur, l'exode rural, le culte des ancêtres, l'asservissement des plus démunis à une classe dominante, on retrouve toutes ces notions dans beaucoup d'autres pays, y compris en Europe, avec simplement un décalage de temporalité.
La Chine interdit paraît-il la projection de ce film, alors qu'il n'est pas à proprement dit critique envers le régime, mais plutôt le témoin d'une période clé de son histoire récente. Ici les membres du parti sont présents, mais jamais présentés en petits chefs imbus de pouvoir.
Meng nous fait revivre un mode de vie disparu sans tomber dans angélisme, ni édulcorer sa dureté.
Sans atteindre l'ampleur historique du Vivre de Zhang Yimou, ce film reste exceptionnel de cohérence et d'empathie envers ces paysans durs au mal.
Cinéma - janvier 26
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 janvier 2026
Analyse d'un monde paysan en profondeur mutation dans une Chine elle aussi dont l'évolution est déconcertante
eliacam
eliacam

24 abonnés 231 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 janvier 2026
Celà tient plus du documentaire que du film
C’est le récit de la vie et des traditions dans la Chine rurale des années 1990, un monde où le mot bonheur n’avait pas encore té inventé
Assez déprimant
C’est long, ça dure 2h15, ça aurait pu durer 3h comme 1h30
1h45 aurait vraisemblablement été la bonne durée
Vergnus
Vergnus

12 abonnés 149 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 janvier 2026
Au delà du simple regard nostalgique et bienveillant sur les personnages de son enfance, presque documentaire… on pourrait voir ici une critique brutale de l’échec du communisme dans les campagnes chinoises , car nous sommes en 1991, plus de 40 ans après la révolution. Et les paysans chinois pauvres déjà exploités par le système comme on l’aperçoit dans le film veulent s’enfuir à Shenzen ou ailleurs pour y denier des ouvriers qui sont tout aussi exploités aujourd’hui…
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 janvier 2026
Ours d’argent à Berlin
Huo Meng, pour son deuxième long métrage, livre un film auto biographique aux forts accents sociologiques quant aux conséquences de la réforme agraire sur la vie rurale dans les campagnes de son enfance. Au travers de 4 saisons et le regard de 4 générations dont l’épicentre est le jeune garçon, c’est bien la transformation des modes de vie ancestraux et des relations humaines qui nous est montré, sans nostalgie mais sans angélisme non plus. Sans nostalgie, car la vie est dure et le sort des femmes n’est pas enviable ; sans angélisme, car le modernisme est tout autant déstructurant. Avec les réformes agraires, c’est l’abandon du collectivisme, la modernisation de la production. La communauté doit s’adapter, abandonner son mode de vie avec en arrière-plan le contrôle des naissances et le départ des forces vives pour la ville. Mais la vie d’ouvrier est-elle plus enviable que l’âpreté de la vie paysanne dans des micro sociétés solidaires ? Cette question est posée tout au long du film et fait écho au monde dans lequel nous vivons et qui est devenu le modèle mondial. Ce film condamne aussi le pouvoir autoritaire chinois, raison pour laquelle il a été accueilli froidement par le régime. Les paysans soumis aux conditions climatiques, aux coutumes d’un autre temps alors que nous sommes dans les 90’s, aux injonctions d’un pouvoir autoritaire, doivent intégrer les changements opérés par la force comme les campagnes de prospection pétrolières que les autorités opèrent sans égard pour les paysages et surtout les hommes qui y vivent depuis des siècles. Le petit garçon regarde tout cela avec beaucoup de sérénité, apaisé par la force des liens familiaux ; les liens l’unissant à sa jeune tante sont décrit avec beaucoup de douceur pour livrer un joli récit d’attachement et de complicité. Malgré toutes ces qualités auxquelles il convient d’ajouter celles lui ayant permis d’obtenir l’Our d’Argent, une photographie superbe et une mise en scène de talent ; ce film est contemplatif et long et peut être bien abscond pour nos yeux d’occidentaux. Dans cette chronique de plus de deux heures (oui c’est très long parfois !!!), le réalisateur peine parfois à nous intéresser aux enjeux locaux et passés ; il faut vraiment s’impliquer lors de la projection pour y trouver de l’intérêt. Dans la même forme naturaliste mais tellement plus incarné du monde rural, « Vermiglio » sorti en début d’année était bien plus captivant.
Pour les initiés à cette forme cinématographique et pour les passionnés de sociologie.
Un film qui comptera en revanche pour les chinois car c’est un beau témoignage.
Sophie G
Sophie G

2 abonnés 24 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 janvier 2026
Déçue... Pas trop d'émotion qui se dégage de ce film, des personnages juste factuels, à la manière d'un documentaire, et des images ternes enchaînées à la suite sans trame. Jf me suis beaucoup ennuyée. Bof !
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 janvier 2026
Contrairement à son titre français, le second film de Huo Meng s'étend sur un temps plus long que celui des moissons et aurait pu s’appeler au fil des saisons. Il se passe dans la province chinoise du Henan au début des années 1990, une période qui marque un véritable basculement dans la Chine rurale, avec notamment la fin de la collectivisation, l’arrivée imminente de la mécanisation, bien que l’on y travaille encore à la charrue attelée... Les besoins en bras deviennent moins importants dans les campagnes, d'où le départ de nombreux villageois vers les villes et vers les usines qui se montent un peu partout dans le pays...Chang, 10 ans , a été mis au vert dans sa famille villageoise,, faute pour lui d’avoir été déclaré pas ses parents citadins en raison de la politique de l’enfant unique...Au fil des saisons, il observe la vie campagnarde, le sort fait à l’un de ses oncles, simple d’esprit, ou à la jeune tante qui lui sert de mère...de son coté, le spectateur est confronté à un très grand nombre de personnages avec des liens de parenté très compliqués et on a beaucoup de mal à savoir qui est qui...d’autant que le film est souvent très bruyant... Au cours de ce film on aura assisté à 2 enterrements, le premier toujours ancré dans la tradition, le second déjà touché par la modernité au travers d’une crémation. On aura assisté à un mariage auquel la jeune mariée a fini par consentir pour que sa famille bénéficie de l'appui de sa belle-famille... qu'il y a des gens dont on dit qu'ils sont riches et d'autres qui ne le sont pas sans vraiment savoir ce qui constitue leur richesse...reste un film somptueusement composé, aux accents lyriques, ode nostalgique à la civilisation rurale de la chine, à la photo admirable... Cette Chine nouvelle qui prend forme correspond manifestement à une ère de rupture, à la fois source de nostalgie et de progrès. Ce film a été qualifié de passéiste par la presse officielle une fois qu’il a reporté à Berlin, l’Ours d’argent de la meilleure mise en scène...et sa sortie est depuis bloquée...Il y a du vrai dans ce reproche pour autant que l’on se réfère à l’état de nos campagnes qui sont entrées dans la modernité quelques dizaines d’années plus tôt…De là à dire que c'était mieux avant, il faudrait être Chinois pour pouvoir l'affirmer, ou non, mais différent, cela c'est une certitude...
khesanh76
khesanh76

36 abonnés 343 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 janvier 2026
Ce film est destiné aux étudiants en ethnologie et en Histoire. Pour voir comment les petits paysans, dans le Nord de la Chine, vivaient et gardaient leurs petits enfants, pendant que leurs parents allaient travailler dans les zones Franches comme Shen-Zen.
C'est une plongée dans un monde brut, sans grande préparation, par ce que les coutumes du monde paysan ne sont pas expliquées, par une voix "off".
Puis on voit ce petit monde renfermé sur lui même, découvrir la Télé puis le tracteur agricole...Un monde désormais disparu.
Elisabeth Ygorra
Elisabeth Ygorra

2 abonnés 16 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 janvier 2026
Je ne comprends pas la note de 3,8. Déjà le son du film est horrible (les spectateurs ont demandé à l'exploitant de baisser le volume car c'était insupportable pour tout le monde). Cela ressemble plus à un documentaire sur la vie paysanne, la condition féminine avec ses mariages forcées, la main mise de l'état sur la gestion de la vie quotidienne (politique de l'enfant unique heureusement adoucie par le "représentant de l'état" ). De plus c'est beaucoup trop long j'ai failli partir avant la fin. Heureusement que les acteurs sont excellents surtout le petit garçon, la mamie et "l'idiot du village".
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 janvier 2026
Introduit par une bande-annonce très élégante, Le Temps des moissons déçoit plutôt. Le cinéaste a en effet fait le choix très spécifique de la chronique, donc un segment temporel sans réelles actions ou rebondissements où l'on découvre une certaine situation relationnelle ou sociale. En l'occurrence, il témoigne d'une Chine antérieure à son exceptionnel développement économique des années 2000, une Chine rurale où les traditions dominent.
Le film se distingue assurément par sa mise en scène, et notamment sa photographie. La lumière et les couleurs sont superbes. Le cinéaste se lance parfois dans des amorces de plans séquences qui évoquent un peu Bi Gan. spoiler: Le dernier plan est d'ailleurs exceptionnel et rappelle Andrei Tarkovski par exemple.

Cependant, le format chronique, avec un film aussi long (2h15), en devient contreproductif. Très vite, on comprend qu'il n'y aura pas de récit vraiment construit, de personnages vraiment incarnés. Et donc on passe d'une scène à l'autre, sans dynamique, allant d'un enterrement aux moissons, en passant par des contrôles de santé, un mariage, les aléas causés par un enfant handicapé, etc. Le tout, sans que jamais rien ne soit vraiment dit sur cette Chine passée ou sa transition avec le monde actuel.
Dans un registre similaire, on se souvient du Retour des hirondelles, film infiniment plus fort, qui reste vraiment dans les mémoires, et qui disait quelque chose d'un monde premier où l'être humain luttait contre la nature pour survivre au quotidien, ce qui devenait, en creux, l'annonce d'un monde post-apocalyptique où il nous faudrait revenir à cette âpreté.
Peter Pantaugas
Peter Pantaugas

1 abonné 18 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 6 janvier 2026
2h15 pour nous décrire en un documentaire-fiction l'existence de pauvres paysans chinois, abrutis de coutumes et de main-mise d'un pouvoir impitoyable.
Et franchement, question images, il y a (beaucoup) mieux.
Et quelle mauvaise idée que de nous faire entendre tous ces gens et animaux qui s'expriment en même temps, au même niveau sonore !
Nous sommes ressortis avec les oreilles qui sifflaient !
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