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Emana
2 critiques
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2,0
Publiée le 31 mai 2026
Je me suis senti dupé par ce film, non dénué de qualités formelles mais pénible.
En effet, ce genre de pseudo biopic finit par être un exercice profondément malhonnête : à force de tirer le fil du romanesque en jouant de l’ambiguïté avec la réalité historique (très faible, voire nulle, si ce n’est que Vivaldi a bien existé et été prêtre), il se présente comme un propos finalement très militant « woke » :
Tous les hommes sont des salauds (lâches, violents, décadents, concupiscents). L’institution catholique, pourtant charitable, devient une prison degueulasse où l’on marque les bébés au fer rouge sous le crucifix (plan cadré pour que le spectateur comprenne bien). Vivaldi regrette - forcément - d’avoir été « vendu » à l’église par sa mère. La croix c’est l’oppression ok on a compris !
Tout est orienté idéologiquement, mais tout ou presque est faux historiquement :
- Le marquage au fer rouge des petites orphelines à la Pietà n’est pas une réalité historique.
- Il n’existe aucune source historique connue où Antonio Vivaldi exprimerait un regret d’avoir été ordonné prêtre.
- Il est parfaitement établi que Vivaldi connaissait très bien les capacités de plusieurs musiciennes et écrivait souvent sur mesure pour elles (le cas le plus célèbre est celui d’Anna Maria della Pietà, une violoniste extraordinaire). En revanche aucune source ne mentionne une élève particulière correspondant au personnage de Cecilia du film, encore moins avec cette connotation sentimentale ; les archives de la Pietà témoignent surtout de rapports pédagogiques et professionnels.
Retour sur le compositeur Vivaldi ( début du XVIII eme siècle) autour d'un scénario qui aborde parallèlement la nécessité de connaître ses origines pour trouver un ancrage dans son existence.
On ne peut aller quelque part que lorsqu'on sait d'ou l'on vient.
Étonnamment les partitions de Vivaldi, compositeur oublié pendant deux siècles, ne furent retrouvées par hasard que dans les années 1920.
" Vivaldi et moi " se déploie peu à peu et propose son meilleur profil dans sa seconde moitié. C'est intéressant, joli à voir, mais il manque un grand cinéaste derrière la caméra, afin de donner à voir un très grand film !
Excellentissime ! Pas seulement pour les moments musicaux, aussi pour ceux en clair-obscur (lueurs de bougies). Presque 2h mais pas vu passer le temps, beau mélange de moments allegro ma non troppo o piano o presto. Et ce qu'on découvre de cette période à Venise est très... prenant.
Bon film musical, avec des morceaux de musique, particulièrement brillants, c’est bien amené bons acteurs et cela parle surtout de la condition féminine dans les années 1700 à Venise, un film assez politique en fait 
Gros coup de coeur pour ce drame historique italien de 헗헮헺헶헮헻헼 헠헶헰헵헶헲헹헲혁혁헼 !
Le combat, inventé mais cruellement réaliste, d'une talentueuse violoniste élevée à Venise dans l'orphelinat de la Pieta au début du XVIIIème siècle...
Le personnage principal, Cecilia (interprétée avec fougue par Tecla Insolia), est remarquée par un Vivaldi en pleine ascension, mais doit échapper à un mariage forcé avec un riche officier car ça l'empêcherait de continuer à jouer... C'est une magnifique histoire d'émancipation féminine par la musique, qui m'a touché profondément et ému aux larmes, illuminée de plus par les sublimes créations sonores de Vivaldi.
Un pur chef-d'oeuvre et le meilleur film que j'ai vu cette année pour l'instant, dépêchez-vous d'aller le voir car il n'est probablement plus à l'affiche pour longtemps, j'ai ramé pour trouver un cinéma dans mon coin qui le passait encore...
Je suis ressorti bouleversé de ce film pour ces trois raisons:
1/ L'injustice du sort fait aux femmes depuis des siècles qui est continuellement sous-jacente dans le film et extrèmement perceptible. Des milliers de jeunes filles orphelines ou abandonnées par leurs familles sont passés par le Pio Hospedale della Pietà de Venise pendant plusieurs siècles. On se pose forcément la question de quel avenir était résérvé à ces jeunes filles devenues adultes : mariage forcé, abandon obligé à la sortie du couvent d'un métier souvent aimé: musiciennes, chanteuses d'oratorios, vie monacale non choisie, prostitution... Ici, seuls les hommes décident du sort des femmes. Sans appuyer ce registre, le réalisateur nous le fait bien comprendre adroitement. 2/ Le sort à payer pour vivre sa passion. Vivaldi (Michele Riondino) comme la jeune violoniste (Tecla Insolia) sont broyés par un pouvoir mesquin qui ne voit en la musique qu'un divertissement, et ses compsiteurs et interprêtes, des marionnettes qui doivent rester dociles et peu exigeantes. La musique et l'art ne sont jamais considérés comme les reflets de l'âme, l'endroit où les femmes et les hommes peuvent se transcender et donner le meilleur d'eux-même: créer. Pourtant que serions nous sans l'art, l'écriture et la musique? Trois siècles après, et retrouvées par miracle, les sublimes partitions de la musique de Vivaldi continuent à nous rendre la vie plus belle, vive et intéressante. Le film cependant ne montre jamais de désespoir car la musique et la passion dominent toujours chez les deux protagonistes. 3/ Le réalisateur, (Damiano Michielitto, specialiste reconnu de mises en scènes d'opéra) réussit un film qui dépasse les genres : reconstitution historique, film musical et comédie dramatique par un savant dosage parfaitement maitrisé. L'interprétation de la jeune (22 ans) Tecla Insolia est inoubliable. Son intelligence de jeu, les multiples sentiments qu'elle parvient à nous faire éprouver par une interprétation (et un rôle) minimaliste m'ont fait plusieurs fois penser à Renée Falconetti dans la Jeanne d'Arc de Dreyer, c'est tout dire!
Découvert par hasard, ce film est extraordinaire et nous fait découvrir la réalité d'un orphelinat à Venise au début du XVIII ème et un morceau de vie du génial Vivaldi.
Si vous aimez les films en costumes, la musique classique et le XVIIIème siècle, le film vous plaira malgré la tristesse et la mélancolie du destin de l'héroïne .
La Primavera offre une plongée dans l’ancienne Venise des doges, limitée néanmoins car l’essentiel de l’intrigue se produit dans le huis clos de l’orphelinat où a grandi l’héroïne. Cette jeune femme, en recherche d’elle même et de la liberté de s’exprimer, trouve en Vivaldi quelqu’un qui lui ressemble par sa passion pour la musique, par sa pensée affranchie des conventions et par ses propres limites pour jouir de la vie, en raison de sa condition de malade. Tout cela fait une belle histoire, néanmoins des moments clefs du scénario vers la fin du film m’ont paru parfaitement incohérents, ce qui a gâché une partie de leur charme romanesque. Un assez bon film, une belle histoire, pas plus. C’est déjà plutôt bien.
Quel beau voyage, en musique, à Venise, dans le temps, dans l'histoire. Ne pas penser que l'on va voir un film sur l'inspiratrice des 4 saisons (un petit clin d'œil sur des motifs introductif reproduisant la nature, mais c'est tout). On ne se complaît pas dans l'anachronie. Le propos féministe est très bien pensé. Un merveilleux moment pendant lequel vous pouvez vous laisser bercer quelques instants par un magnifique Cum dederit
Au coeur d’un orphelinat religieux, les jeunes filles jouent de la musique et chantent lors de messes, pour récolter des fonds. Lorsque l’une d’elle est choisie par un homme pour se marier, elles ne peuvent plus faire de musique. Cecilia, excellente violoniste attend depuis toujours le retour de sa mère et préfère donc rester à l’orphelinat. Sa rencontre avec Vivaldi va changer son destin pour le meilleur et le pire. La réalisation est convenue, les maquillages un peu lourd, la direction d’acteur assez mauvaise, mais la musique est belle. On trouve le temps un peu long, mais le scénario tient la route.
Si comme moi vous vous attendez à entendre beaucoup de musique comme dans Amadeus vous serez un peu déçu. Ce film n’a pas pour objet d'évoquer la puissance créatrice du prêtre roux. De fait on nous épargne la fameuse musique de répondeur.....jusqu'au générique final! À peine, et subtilement évoquée lors de la découverte du "monde de dehors" par Cecilia. Non, l’objet du film est plutôt la vie de ces orphelines ou filles abandonnées confiées aux " bons soins" des soeurs d’ un couvent où elles sont formées à devenir musiciennes pour distraire les nobles à l'église le dimanche (histoire vraie). Et c’est plutôt bien fait: la complicité et la rivalité entre les filles, la dure vie en dehors des répétitions et des concerts et au final le pauvre devenir de ces filles mal nées. L'ignominie et la cruauté de ces gens de pouvoir et d'argent, chose qui n’a pas bien changée depuis. Une belle image, des dialogues intéressants, des acteurs très naturels, bien que j'aurais aimé un peu plus de profondeur sur les seconds rôles. Vivaldi n'a pas une très bonne image entre lacheté et soif de reconnaissance, mais finalement un brave gars envers sa protégée ! La version VOST est indispensable, l’italien est une si belle langue! Bon il y a un peu de Vivaldi quand même et heureusement, la seconde partie est un peu mollassone . Quant à l'épilogue ça laisse interrogatif : quel devenir pour une jeune femme innocente du monde extérieur, sans famille, sans amis, sans argent au début du 18ème siècle?...Au pire violentée et tuée au détour d’un chemin, au mieux boniche/esclave chez des nobliaux, mais on ne croit pas à un avenir dans un orchestre réputé!