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Bloomybloomy
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0,5
Publiée le 23 juillet 2026
Une tres grande incomprehension quant à l'obtention des droits pour faire ce film adapté du chef d'oeuvre d'Albert Camus. Pourquoi François Ozon a t-il imaginé ce projet ? Et après tout ça, pourquoi choisir un noir et blanc faible et froid ? Pourquoi avoir tourné au Maroc et non pas à Alger et Tipaza ? Pourquoi avoir choisi cet acteur, certes joli à regarder, incapable de jouer un personnage complexe comme Meurseault ? Choisir le morceau Killing an arab de The Cure n'est pas un heureux clin d'oeil. Si vous aimez Camus, si vous aimez L’étranger, évitez ce film qui n’est qu’un caprice de réalisateur et de producteur ? Relisez ce magnifique écrit et faites-vous votre propre film.
L'étranger de François Ozon adaptation cinématographique du roman éponyme est assez fidèle au roman d'Albert Camus.
Je ne suis pas un grand fan du livre, le personnage principal est selon moi très désagréable donc forcément je n'ai pas adoré ce film mais il faut avouer que la mise en scène, les acteurs et surtout les dialogues sont exceptionnels.
Le travail de Voisin autour de son personnage indifférent et étranger au monde qui l'entoure est exceptionnel.
Les acteurs sont très convaincants et la réalisation de François Ozon est soignée. Les personnages sont crédibles et la fin fonctionne plutôt bien. En revanche, je n'ai jamais réussi à entrer dans l'histoire. Le rythme est trop lent à mon goût et le film ne m'a pas particulièrement ému. Je reconnais ses qualités, mais je suis resté assez extérieur du début à la fin. Un film correct, sans être marquant.
Meursault, employé de bureau à Alger en 1938, va assister aux obsèques de sa mère. Adaptation du célèbre roman d'Albert Camus par François Ozon. C'est plutôt fidèle, très bien réalisé (superbe photographie en noir et blanc) et très bien incarné par des acteurs excellents. Néanmoins, on peut se demander si l'Étranger est transposable en images car il manque quand même la beauté du roman qui se trouve dans son style.
Un film solaire réussi à tous points de vue. L'adaptation est fidèle au roman de Camus, le noir et blanc sublime des images d’une beauté poétique avec l'omniprésence du soleil, et de la chaleur. La reconstitution de l'Algérie française par ses décors et costumes est bluffante de réalisme. Le jeu des acteurs, Benjamin Voisin lumineux et Rebecca Marder radieuse , est époustouflant. Un film magnifique.
« L’Etranger » d’Albert Camus est une des œuvres de la littérature française les plus connues et reconnues. Et étonnamment, il n’avait été adapté qu’une fois au cinéma. Pour cette deuxième adaptation, François Ozon, réalisateur très prolifique propose une perspective différente. Le film est en noir et blanc et raconte son histoire à la troisième personne. Ce choix de noir et blanc est pertinent sur deux points : il permet de retranscrire l’ambiance des années 1930, période où le cinéma en couleur n’existait, bien sur, pas et surtout de produire une esthétique visuelle très marquée et très réussie. La magnifique photographie permet de retranscrire viscéralement l’ambiance pesante et l’atmosphère étouffante du soleil. Tout respire la canicule dans ce film et cela reflète en image les mots d’Albert Camus. La scène du meurtre de l’Arabe avec le reflet du soleil sur le couteau est très bien reproduite et magnifiée par l’hyperluminosité de la photographie permise par ce choix esthétique du noir et blanc. Le choix de narration est aussi différent mais ne s’éloigne pas non plus du roman. On retrouve les monologues introspectifs à la première personne du personnage de Meursault tiré des écrits d’Albert Camus avec une reprise au mot près. Benjamin Voisin, très convaincant dans le rôle, incarne ce personnage taciturne de Meursault à merveille et retranscrit son caractère insondable avec brio. On pourrait cependant reprocher au film sa relative lenteur et son léger manque de rythme sans que cela ne soit rédhibitoire, étant donné que le film se conforme à la psychologie de son personnage principal. « L’Etranger » version 2025 est une réussite esthétique indéniable et une adaptation moderne et de qualité d’une œuvre majeure de la littérature française. Note : 14/20
Ozon livre un film particulier et magnifique tant à la mise en scène qu'au jeu des acteurs. Ambiguïté pasolinienne évidemment qui relance le livre de Camus. Bel ouvrage.
Pour autant que je me souvienne, j'avais trouvé le bouquin étrange et ennuyeux. Bon, j'étais au collège ! Cette adaptation, fidèle au roman éponyme, est avant tout un exercice de style. Une réalisation très propre, un noir et blanc très classe, une interprétation formidable. Mais tout cela est très froid, inhabité et long...
Excellent ! J’ai lu le livre récemment et j’ai trouvé que le film présentait bien l’atmosphère un peu malaisante qu’on ressent à sa lecture. Très beaux plans.
Ce film est l'adaptation d'un triomphe littéraire ( 10 millions de bouquins vendus ) d'Albert Camus ! Bon, pour ma défense je ne l'ai pas lu. Ma critique porte donc uniquement sur l'adaptation cinématographique : quelle perte de temps pour illustrer la vie d'un type, sur lequel la vie coule comme la pluie sur un canard. Rien ne le touche, rien ne l'émeut. Bref il mène une vie de radis...creux. Et on guette anxieusement chaque mot, chaque phrase qui sort de sa bouche. A la fréquence d'une tous les quarts d'heure. Le seul truc bien c'est les images d'Alger en N&B des années 30. C'est tout.
N'ayant jamais lu le roman, je partais en terre inconnue et en totale découverte. Mais mon problème est que, dès qu'un film traite de l'ennui ou du vide, je m'ennuie beaucoup à mon tour. J'ai donc surtout apprécié la qualité et le soin portés aux images et à la photographie, j'ai beaucoup aimé le jeu, excellent, de Benjamin Voisin, et, dans un tout autre registre, celui de Pierre Lottin, mais, et j'en suis désolé pour le réalisateur, je n'ai pas accroché à l'histoire. Le personnage de Meursault est trop rempli de vide pour m'intéresser. Heureusement qu'il finit par s'animer dans la très bonne séquence avec le curé. A noter que j'ai vu ce film en compagnie d'une prof de lettres, qui a bien aimé cette adaptation du grand classique de Camus, pour le respect apporté au livre et la bonne retranscription. Elle regrette juste quelques ajouts inutiles.
Qu'as tu fais pour être en prison, Meursault ? J'ai tué un arabe. Une phrase toute aussi simple, banale, anodine et courante en ces temps de la colonisation française de l'Algérie. Cela se confirme car ce Meursault va être jugé plus pour son comportement lors de l'enterrement de sa mère que d'avoir tué un homme. Un indigène comme on les appelait à l'époque. La sœur de la victime maltraitée par la domination mâle blanche en la personne de Raymond Sintès, petit proxénète notoire, s'avouera vaincue avant même la fin du procès, parce que son frère, tout le monde s'en fout, c'est un arabe. Notre meurtrier dans son box d'accusé pour son geste éprouve plutôt de l'ennui que du regret. C'est à cause du hasard, du soleil qu'il a, à cinq reprises, tiré sur la victime. Contre toute attente Meursault est reconnu coupable et aura la tête tranchée sur la place publique. Contre toute attente il n'attend rien de sa défense, il se contente d'attendre désabusé et fataliste. Il trouve son jugement mérité et attend sa mort. Il se permet d'envoyer au diable le curé et ses absolutions dont il n'a rien à foutre, il veut qu'on le laisse tranquille profiter de ses souvenirs. Ma note sera de 2,91 sur 5. Parce que, c'est long et sans relief. C'est là que saute aux yeux toute la différence entre l'écriture du romancier et celle du scénariste. Par contre les acteurs, eux sont très bien.
Très prenant. Cette adaptation du roman mondialement connu d’Albert Camus m’a paru réussie. Le portrait de ce jeune homme insensible et étranger à tout (d’où sans doute le titre) nous emmène dans l’Algérie coloniale (tourné au Maroc, on devine pourquoi), laquelle est décrite avec beaucoup de justesse. Brillante prestation de Benjamin Voisin dans le rôle titre, ainsi que de tous les comédiens qui l’entourent. Indéniablement un très bon scénario, comme c’est très souvent le cas lorsqu’il est tiré d’un roman. François Ozon nous démontre à nouveau son savoir faire, bravo. Belle image en N&B et bande sonore au diapason.
# L’Étranger de François Ozon : L’Absurde dissous dans le réalisme sensoriel
Adapter *L’Étranger* d’Albert Camus au cinéma est un exercice presque paradoxal. Comment filmer « l’écriture blanche » ? Comment donner corps à Meursault, ce personnage qui subit le monde par ses sensations physiques tout en refusant de traduire son existence selon les codes moraux de la société ? Dans sa version, François Ozon livre une œuvre plastique d'une grande beauté, mais il se heurte à une limite structurelle : en choisissant le prisme du réalisme et de la sensualité, il transforme un vertige métaphysique en un drame historique et charnel.
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## 1. Le piège de la grille clinique : Un Meursault alexithymique mais trop incarné
L'une des grandes réussites de surface du film est sa restitution textuelle du comportement de Meursault (incarné par Benjamin Voisin). Le spectateur contemporain y décèle immédiatement un profil clinique d’**alexithymie** : une incapacité chronique à nommer ses émotions (*« cela ne voulait rien dire »* lorsqu'on lui parle d'amour), un surinvestissement des stimuli physiques (la chaleur, l'éclat du soleil, le désir brut pour Marie) et une pensée opératoire, purement pragmatique.
Cependant, le cinéma d'Ozon – cinéaste du corps, du trouble et du désir – commet un contresens philosophique en esthétisant cette pathologie. Chez Camus, ce détachement est le véhicule de l'**Absurde** (la confrontation entre l'homme en quête de sens et le silence du monde). Chez Ozon, la beauté solaire des images et la complicité charnelle avec Marie (Rebecca Marder) réinjectent du romanesque là où il faudrait de la vacuité. Meursault passe alors pour un jeune homme nonchalant et sensuel, plutôt que pour l’incarnation de l’honnêteté radicale et du vide existentiel.
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## 2. Le procès : Un Absurde prisonnier du naturalisme
Le pivot du film réside dans la scène du procès, ce moment théâtral où la société bascule dans le grotesque en jugeant Meursault non pas pour le meurtre de l'Arabe, mais pour « avoir enterré sa mère avec un cœur de criminel » (le grief suprême étant d'avoir bu un café au lait et fumé une cigarette devant le cercueil).
Ozon capte l'ironie et l'absurdité de ces répliques, mais la mise en scène reste impuissante à en faire un choc philosophique. Pourquoi ? Parce que le cinéaste s'est enfermé dans un cadre réaliste et naturaliste durant la première heure du film. Pousser l'absurdité du procès à son paroxysme métaphysique aurait exigé des distorsions visuelles majeures. Or, le faire au milieu d'un film si formellement classique aurait paru totalement **décalé et artificiel**. Ozon fait le choix de préserver la cohérence réaliste de son œuvre, mais ce choix se fait au détriment du souffle camusien : l’Absurde y est traité comme une simple bizarrerie judiciaire, un dysfonctionnement de l'époque, et non comme une condition humaine universelle.
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## 3. Le contre-exemple d'Orson Welles : L'Absurde par la structure
Pour comprendre ce qui manque cruellement au film d'Ozon, il faut le confronter à l'adaptation du *Procès* de Kafka par Orson Welles en 1962. Welles a compris une vérité fondamentale : on ne peut pas filmer l'existentialisme ou l'absurde avec une grammaire visuelle réaliste. Si l'on déploie linéairement les forces en présence, le contraste entre les deux cinéastes devient saisissant sur trois niveaux majeurs.
### Le pacte de lecture initial
Tout se joue dès les premières minutes du film. Orson Welles ouvre *Le Procès* par la parabole « Devant la Loi », mise en scène à travers une saynète d'animation surréalisante et hypnotique. Ce choix fort avertit immédiatement le spectateur qu'il n'entre pas dans un film policier traditionnel, mais dans un conte philosophique et allégorique. À l'inverse, François Ozon ouvre *L'Étranger* sur une reconstitution historique extrêmement soignée de l'Alger de 1938. Le pacte scellé avec le spectateur est d'emblée celui d'un drame d'époque réaliste, ce qui va lourdement hypothéquer la suite.
### La grammaire visuelle et spatiale
Cette divergence de départ se prolonge dans l'utilisation même de la caméra et de l'espace. Chez Welles, l'absurde est sécrété directement par l'image : il filme des décors cyclopéens, des plafonds écrasants et utilise des angles de caméra déformants pour transcrire visuellement la paranoïa bureaucratique. Chez Ozon, la mise en scène reste d'un grand classicisme. Malgré une très belle esthétique et l'usage du noir et blanc, la lumière reste chaleureuse et les cadres très sages. L'absurde n'est alors jamais généré par la mise en scène ; il est uniquement dit par le texte et les répliques des acteurs.
### Le geste de cinéma global
Finalement, c'est la philosophie même de l'adaptation qui sépare les deux œuvres. Orson Welles fait le choix de trahir la lettre du texte de Kafka pour mieux en sauver l'esprit métaphysique par une réinvention visuelle totale. François Ozon, au contraire, respecte scrupuleusement la lettre et le déroulement du roman de Camus, mais il en dissout le souffle et le vertige dans un confort visuel et un naturalisme trop rigides pour bousculer le spectateur.
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## Conclusion : Un fait divers tragique plutôt qu'un mythe existentiel
En définitive, le film de François Ozon est une œuvre élégante, portée par des acteurs impeccables, mais qui illustre le texte sans jamais le transcencer. En refusant de rompre avec le naturalisme, Ozon condamne l'Absurde à n'être que thématique, là où Welles prouvait qu'il devait être structurel.
En voulant rendre Meursault plus humain, plus proche de son contexte historique et de ses pulsions physiques, le film rate la marche de la métaphysique. Il nous reste un très beau film sur l'incompréhension sociale et le destin tragique d'un homme indifférent, mais le grand film sur le vertige de l'Absurde camusien, lui, reste encore à faire.