En dépit d'un apparent statisme, c'est un film-brasier brûlé par le soleil ardent de l'Algérie et consumé par le choix du noir-et-blanc. Benjamin Voisin est à la hauteur de ce rôle très difficile de cet être quasi mort-vivant, habité par un nihilisme aux confins de la folie. On sort toutefois de la sidération quand ce personnage taiseux et insondable "se lâche" dans la scène en prison. Ce retournement casse un peu la magie grise qui émanait jusque là des différentes séquences. Mais sans doute est-ce dû à la fidélité au roman d'Albert Camus, que j'ai du coup envie de lire.
on s'ennuie, mais la photographie est sublime. Benjamin est sous-estimé, c'est juste à la dernière scène qu'il se réveille et Rebecca joue encore son énième rôle de petit ami romantique.
"je suis condamné parce que je n'ai pas pleuré à la mort de ma mère..." Il n'est pas bon d'être différent, de ne pas avoir de certitude. Finalement ce Meursault m'émeut étrangement...
Un film lent, assez contemplatif et fidèle au roman de Camus. Voisin donne du relief au personnage de Meursault, et le rend plus humain que je ne l’ai jamais imaginé.
Est ce parce que j'ai lu et relu le livre et que je ne reconnais pas Meursaut? Toujours est il que je suis très déçu. Meursaut a, dans le livre, une vie intérieure intense qu'il aurait peut-être été possible de traduire par plus de voix off. Certains rajouts par rapport au livre frisent le ridicule, tout comme certains personnages. Commencer le film par le titre de Cure alors que le début du roman est l'une des phrases les plus célèbres de la littérature (et qui donne tout de suite le ton du personnage) n'est pas la meilleure déviation par rapport au roman. J'ai en revanche bien aimé le procès
Le film m'a paru long, mais en me replongeant dans le livre et dans tout ce qu'il raconte implicitement j'ai compris tous les choix qui ont été fait. Je trouve cette adaptation magnifique et bouleversante, elle apporte un univers unique qui m'a charmée.
Un bon film le sujet est bien traité meme si la modernité de l'histoire de s'impose pas. Le monde de l'Algérie française est bien loin et le personnage principzl sans émotion est vraiment difficile a supporter
« Je m’attendais à rien mais je suis quand même déçu. » Cette phrase résume bien mon ressenti devant L’Étranger. L’intrigue n’est vraiment pas folle et l’aspect philosophique est poussé à l’extrême sans que cela apporte grand-chose au récit. On a parfois l’impression que le film force son propos au lieu de le laisser vivre, et au final l’histoire reste plate et peu engageante, comme déjà dans le livre dont elle s’inspire. Par contre, je reconnais que le film est très bien réalisé : la mise en scène est soignée, l’ambiance visuelle est réussie et les acteurs livrent de très bonnes performances — là-dessus, rien à redire, je félicite l’équipe. Dommage que la qualité technique ne soit pas portée par un scénario plus intéressant, car ça aurait pu être bien meilleur.
Tout l'art du cinéma ! comme dans le livre il ne se passe pas grand chose dans le film et pourtant François Ozon réussit à nous emporter, à nous faire ressentir ce que vit le personnage principal du film. Remarquable !
Tiré de l'œuvre culte d’Albert Camus (1942), L’étranger parvient à retranscrire la substantielle moelle d'un court roman pourtant considéré comme impossible à adapter. Dans un superbe noir & blanc, ce film nous plonge avec acuité dans la sourde violence de l’Algérie française des années 30, offrant par ailleurs de superbes rôles à ses comédiens : Benjamin Voisin évidemment, mais aussi Rebecca Marder, Pierre Lottin, Denis Lavant et Swann Arlaud. Redonnant (un peu) la parole aux personnages féminins et aux « indigènes » qui sont les grands fantômes du livre, ce film à la lenteur assumée n'offre pas de clé quant au personnage de Meursault, toujours aussi ambigu et mystérieux dans sa paralysie intérieure liée à ce qu'il ressent de l'absurdité du monde, et qui résonne, selon le cinéaste François Ozon, avec le malaise d'une certaine jeunesse contemporaine.
Commençons par un compliment, la photo et le tournage en NB est magnifique. Pour le reste… l’ennui, Un scénario tiré d’une histoire sans intérêt, un acteur principal terne, le reste de la troupe pas très brillant. Pour finir, au delà de transcrire l’œuvre originale, une presentation biaisée de l’Algerie Française, il paraît que c’est à la mode….
Du grand cinéma tout simplement. La qualité de la réalisation, l’esthétique de l’image, le talent des comédiens, l’adaptation fidèle du livre mais avec un parti pris assumé, une bande son bien choisie. Tout est réuni dans ce film d’une beauté enthousiasmante contrastant avec le sujet du film, la possible noirceur infinie de l’âme humaine lorsqu’elle est dénuée d’amour et d’empathie.
Un très beau film à l'esthétique impeccable. Chaque scène est polie avec soin dans un jeu de lumière en noir et blanc qui donne à l'histoire une dimension onirique et nostalgique que Camus n'aurait peut-être pas approuvée mais qui rend le film encore plus intéressant. L'adaptation d'un monument de la littérature, tel que l'Etranger, ne va pas sans risques mais, là aussi, il me semble que François Ozon a réussi son pari. Deux bémols cependant: le parti pris anticolonial du film (totalement absent du livre) et la "visibilité" accordée par le film au jeune arabe tué et à sa sœur. Albert Camus (à tort ou à raison) se réfère à la victime et à sa sœur anonymement et les occulte presque entièrement aussi bien dans la narration du crime que dans le déroulement du procès, tandis que François Ozon leur invente un prénom, filme la tombe de l'Arabe, introduit la sœur dans la salle d'audience et leur donne une présence que Camus n'avait pas jugée utile pour son roman. 4/5