Faire de la montagne à vélo et non pas du vélo de montagne, tel est le crédo d'Alexis Righetti depuis de nombreuses années. Cet explorateur dans l'âme, né trop tard pour pouvoir poser son nom sur de nouveaux territoires ou de nouveaux sommets où l'Homme n'aurait jamais mis les pieds avant lui, a trouvé un autre moyen d'être le premier à inscrire ses empreintes, ou plutôt ses traces de pneus aux endroits les plus improbables et extrêmes.
Depuis une dizaine d'années sur Youtube, il nous emmène sur les sommets les plus hauts et les plus techniques des Alpes et des Pyrénées, ainsi que dans des expéditions plus exotiques comme le Maroc ou les Canaries. Mais cette fois il est parti avec sa compagne Fanny et 3 de ses coéquipiers pour mener à bien un projet né il y a une quinzaine d'années dans son esprit : Rider les plus hauts sommets de la planète faisables en VTT.
Direction le Chili pour une aventure d'un mois durant laquelle les cinq amis vont en voir de toutes les couleurs et dans tous les sens du terme!
D'abord par la nature extraordinaire de ces grandes étendues désertiques qui s'étendent à perte de vue et qui ne comptent que peu d'âmes. Un ennui de santé ou un pépin technique peuvent vite virer au drame dans ces contrées reculées. Mais quel spectacle ! Le freerider pyrénéen nous prouve une fois de plus son talent pour l'image avec des plans au drone ou en caméra embarquée tous plus grandioses et impressionnants les uns que les autres.
Ensuite par l'engagement physique que ce challenge représentait. Piloter un VTT à plus de 6000 mètres d'altitude, ça veut aussi dire monter le vélo sur ses épaules pour atteindre le sommet. Pas d'équipe de tournage, de dépose en hélicoptère ou d'assistance ici, ce serait tricher! Chacun porte son barda et l'approche finale se fait toujours à pieds. Un réel défi physique et mental quand on sait que la quantité d'oxygène disponible est moitié moins grande qu'en plaine. Quand on est poussé dans ses derniers retranchements, les nerfs sont parfois mis à rude épreuve et la cohésion de groupe est testée régulièrement car face à l'altitude, tous les organismes ne réagissent pas pareil, quel que soit l'entraînement. Les plus à l'aise doivent choisir entre soutenir ceux dans la difficulté ou grimper à leur rythme quitte à se mettre les autres à dos. Choix cornélien !
Enfin l'accomplissement quand le premier 6000 est atteint. Tous les efforts consentis, la douleur physique, les nuits sans sommeil car sans air pour respirer correctement, la peur des orages dans cet endroit où il n'y a aucun abris à perte de vue. Tout cet engagement enfin récompensé dans un tonnerre d'émotions. Certes ces sommets sont loin d'êtres les plus techniques à rouler parmi la liste interminable de tout ceux qui ont déjà été ridés par Alexis et ses coéquipiers, mais la difficulté d'approche, la prise de risque pour la santé de chacun (risques d'œdèmes pulmonaires et cérébraux, sans parler des blessures en cas de chute), le fait qu'il n'y avait pas le droit à l'erreur car les premiers humains se trouvent à une journée de 4x4 minimum, l'énorme défi de rester soudés malgré les différends exacerbés par le manque de lucidité à ces altitudes, font de cette performance la plus grandiose et extraordinaire de toute la carrière sportive de ces amoureux de la montagne.
Je pourrais encore parler longtemps de ce que ce film apporte à tous les amoureux de montagne et de VTT tels que moi, mais le plus simple est de vivre ce spectacle en allant voir cette aventure humaine hors du commun et surtout bien réelle. Malgré le fait que ça passe au cinéma, c'est tout sauf du cinéma.
Alors merci Fanny, Pierre, Dimitri, Titouan et Alexis d'avoir pris le temps de nous partager cette tranche extraordinaire de votre vie.