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4,5
Publiée le 14 avril 2026
UN JOUR AVEC MON PÈRE - Akinola Davies | ⭐ 9/10
Mention spéciale à la Caméra d’Or au dernier Festival de Cannes, ce premier film aurait sans doute mérité de repartir avec la récompense principale. Il coche en effet toutes les cases : émotion, audace formelle, intelligence du regard, et surtout une histoire intime qui s’inscrit dans un contexte politique plus large.
La mise en scène impressionne par sa maturité. Chaque plan est une proposition visuelle à part entière, époustouflant de poésie. Le film avance comme un souvenir qui se recompose, avec cette sensation troublante de naviguer entre mémoire et imagination. La caméra, constamment à hauteur d’enfant, capte avec justesse ce mélange de douceur et d’inquiétude propre aux souvenirs d’enfance, lorsque l’on observait et ressentait les choses sans toujours les comprendre.
Au centre, la relation entre le père et ses enfants apporte une vraie chaleur. Elle agit comme un refuge face à la violence sociale et politique qui entoure les personnages. Le film parvient ainsi à être à la fois réconfortant et révoltant. D’un côté, la tendresse familiale ; de l’autre, les injustices qui surgissent progressivement.
Certains pourront regretter que le contexte politique du Nigeria ne soit pas davantage expliqué. Mais le film choisit la subtilité : spoiler: une page de journal lue dans un bus, un reportage diffusé à la télévision en arrière-plan dans un bar..., quelques détails qui suffisent à comprendre ce qui se joue.
Hypnotisant, parfois presque onirique, le film ressemble à un long rêve éveillé. Cette manière de brouiller les repères n’est pas sans rappeler le cinéma de David Lynch : une douceur apparente, presque irréelle, progressivement traversée par des fissures venues du réel. L'enfance est vue comme un refuge, un espace fragile, entre douceur et inquiétude, menacé par un monde que l’on comprend encore mal.
Une œuvre à la fois personnelle et politique, sensible et audacieuse, qui impose de véritables choix esthétiques sans jamais sacrifier la clarté et la puissance de son propos, et dont la richesse et la beauté invitent à de multiples revisionnages.
Lagos, 1993. Deux gamins embarqués dans le sillage d'un père qu'ils connaissent à peine, à travers une mégalopole sous tension. Comme dans "Moonlight" ou "Aftersun", Akinola Davies Jr. construit son récit dans les interstices, là où l'enfance perçoit sans encore nommer. Le film ne raconte pas tant une journée qu'il ne la restitue par fragments, comme la mémoire les livre : lacunaires, intenses, faussement nets. Les deux frères captent les silhouettes des adultes, déchiffrent les échanges à demi-mots, lisent la rue sans la comprendre. De leur point de vue, la grande ville et la grande histoire s'infiltrent en sourdine. C'est là toute la réussite du film : tenir ce regard d'enfant jusqu'au bout, entre candeur et pressentiment sourd. La mise en scène mêle intime et politique sans forcer la lisibilité, et c'est autant une qualité qu'une limite. Mais la frontière entre souvenir réel et souvenir reconstruit reste universelle et poignante.
Une grande claque ! Akinola Davies raconte une journée passée entre un père et ses deux garçons. L’histoire se déroule au Nigeria, en 1993, alors en pleine crise politique. Le père emmène ses fils à la ville, dans l’espoir d’être enfin payé, alors que le pays attend avec impatience les résultats électoraux qui pourraient tout changer. Ce qui est beau, pure, bouleversant, c’est la relation du père avec ses enfants (les comédiens sont excellent) : ils l’admirent malgré son absence qu’ils lui reprochent. La photographie est sublime, et ce voyage au coeur de Lagos offre un bel aperçu de la ville, entre simplicité, humanité, brutalité, et précarité.
Caméra d'Or au festival de Cannes 2025. Pourquoi Caméra d'Or? Comment ce film a-t-il pu ne pas avoir la Palme d'Or? Mystère. Il se déroule au Nigéria, en 1993, mais il est universel: un père, des enfants, dans un monde si beau, mais si malade. Qui pourrait rester étranger à cette histoire? Terrassant de beauté, tant humaine que cinématographique.
"«Un père et ses 2 fils» Voici un Road Movie nigérian qui nous fait suivre ce père allant à Lagos pour toucher sa paye (impayée depuis des mois). Il emmène ses 2 garçons qui le voient peu et sont trop contents de voyager avec leur Daddy. En parallèle, nous sommes en 1993, des élections sont organisées par la junte et l’espoir de démocratie prend le pays, dont ce père qui espère tant un changement pour son pays. La déception ne tardera pas. Les vues de Lagos, de la « fourmilière » nigériane, de la débrouille et de l’embrouille sont bien restituées et les enfants vraiment touchants. Primé à Cannes"
Beau film un peu lent, kaléidoscope de contraires : poétique, onirique et réaliste ; intime et politique, pédagogique et dépaysant à mes yeux d'européenne, passionnant et émouvant Les acteurs, adultes (y compris les seconds rôles) et enfants sont très bien C'est aussi très bien filmé, alternance de gros plans et de plans larges, belle image Un film que je recommande, tellement loin du cinéma formaté !
une belle réalisation très bien filmée que cet itinéraire de deux enfants avec leur père qui traversent une ville où la tension engendrée par des élections truquées est perceptible et le drame sous jacent. ce père qui est plutôt une ombre ( comme le titre original ) car le récit manque de lisibilité sur son destin... malgré de belles qualités visuelles et une grande poésie ce film n'échappe pas à certaines longueurs...
7/10 voilà une réalisation remarquable, il y a un peu de Terrence Malick chez Akinola Davies Jr, on suit le point de vu des enfants, beaucoup de choses sont dites par les images, les regards et les silences, on aime la poésie, on regrette manque de profondeur quand même
Un peu déçu par ce film qui semblait avoir eu beaucoup de succès, il fait un peu vieux par les images et le contexte, même si on sait qu'en cas d'élections l'ambiance peut être chaude et dangereuse
Fort de ses 230 millions d'habitants, le Nigeria est le film qui, après l'Inde, au niveau mondial, produit le plus de films par an. Et pourtant, il parait que "Un jour avec mon père" est le premier film nigérian à faire partie d'une sélection au Festival de Cannes. Présenté l'an dernier dans la section Un Certain Regard, il a obtenu une mention spéciale à la Caméra d'Or. Une mention spéciale très méritée car le film a de nombreuses qualités. L'histoire racontée, d'abord, qui nous ramène en 1993 le jour où les résultats de l'élection présidentielle du 12 juin 1993 doivent être annoncés. Persuadé qu'il va enfin pouvoir toucher son salaire, Folarin a emmèné ses 2 fils à Lagos. Les choses ne vont pas se passer comme il l'espérait mais le film va nous donner une très intéressante peinture de ce qu'est la vie à Lagos, une ville de 15 millions d'habitants, alors qu'elle vit sous la coupe d'un gouvernement militaire et dans l'espoir d'un grand changement politique. En parallèle, le film propose une autre peinture, très belle, celle des rapports entre un père et ses 2 fils, âgés de 11 et 8 ans. C'est d'ailleurs la perte de leur père alors qu'ils étaient très jeunes qui a incité les frères Akinola Davies et Wale Davies à écrire le scénario de "Un jour avec mon père" et, pour le premier, à le réaliser. L'image de ce film, tourné sur pellicule 35 mm, est magnifique. Ce sont 2 véritables frères qui interprètent les fils de Folarin et ils sont d'une grande crédibilité dans leur façon de découvrir l'agitation d'une grande ville africaine et des facettes de leur père qui, jusque là, leur étaient inconnues.
Une très originale idée de suivre la journée de ce père souvent absent qui prend ses deux enfants avec lui pour aller à la capitale (Lagos) et leur montrer, par fragments, son histoire personnelle, celle de leur mère, mais surtout la réalité d’un pays (en 1993) désorganisé, livré à l’armée, omniprésente dans chaque décor sonore ou visuel de ce film très soigné, où les inconnus surgissent en gros plan avec une grande variété de mélodies traditionnelles jouées à la guitare électrique pour mieux nous montrer cette multitude de visages singuliers et attachants… mais tous perdus et noyés dans ce pays qui apparaît sans avenir. Et beaucoup de détails sur des mains ou des regards qui se croisent pour rappeler que l’amour est le vrai ciment de la société…
L Afrique , Lagos, ses couleurs , son monde grouillant , 1993, l élection présidentielle, les militaires , et puis et surtout un père , magnifique de transmission et de tendresse , deux jeunes garçons avides de voir et d essayer de comprendre .... ,